Simon

Biographie


Caporal, sans doute à la 4e compagnie du 3e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, il était présent, le 28 juillet, quand Mennecier se retira, en agitant son mouchoir blanc après les parlementaires avec les militaires. A peine Mennecier avait-il fait cinquante ou soixante pas que les militaires firent un feu de peloton sur lui et sa compagnie, qui éprouva une perte de quatre hommes tués au premier rang et de six blessés, dont le caporal Simon, qui reçut un coup de feu au bras gauche. On trouve dans un certificat signé, le 3 octobre 1830, en faveur de Mennecier, Georges, des indications sur les circonstances dans lequelles il fut blessé. Ce certificat était ainsi rédigé : « Détails de la journée du 28 juillet 1830 pour s’emparer du poste du Château-d’eau. A 10 heures et demie, le nommé Chaillard, Pierre, Alexis (voir ce nom), ayant servi huit années en qualité de tambour au 58e régiment de ligne, passé au 2e régiment, 2e bataillon, 4e compagnie de la vieille garde impériale et depuis 1816 n’a cessé d’exercer les fonctions de tambour dans la 3e compagnie du 3e bataillon de la VIe légion de la garde nationale jusqu’à son licenciement par l’ex-roi Charles X. Lors des troubles du 28 juillet, qui s’effectuaient rue Saint-Martin, ledit Chaillard, de son plein gré et dévouement à la patrie, sans aucun commandement, se présenta à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Aussitôt, il se saisit d’une caisse, que le hasard lui fait trouver et qu’il s’attache au col avec une corde. Il bat le rappel. Les dignes gardes nationaux dudit quartier, entendant le son du tambour, se sont empressés, tant en uniforme qu’en bourgeois, en armes de se réunir et se trouvèrent au nombre de dix. Peu à peu la compagnie se grossit. L’état-major arrive et donne l’ordre à ces braves de se rendre cour Batave et de se mettre sous les armes ; là, une centaine d’hommes, en uniformes, était appuyée de deux cent cinquante environ, armés de sabres, de pistolets, et là l’on attendait des ordres supérieurs ; quand tout à coup il s’est présenté plusieurs inconnus, qui ont délivré des cartouches, dont on fit le partage. A l’instant arrive un officier supérieur, qui donne l’ordre de se rendre rue Saint-Martin pour se saisir du poste du (ancien) VIe arrondissement, où montaient les pompiers, ainsi que celui du Château d’eau, poste très important. De suite, ces braves se rendirent à la mairie pour s’emparer dudit poste, qui fut rendu sur-le-champ par les pompiers qui y faisaient le service et accueillirent parfaitement ces gardes nationaux, en leur serrant la main, en criant Vive la garde nationale ! Après y avoir laissé les hommes nécessaires pour le garder, le tambour Chaillard conduisit le reste de sa compagnie, tambour battant, sur le boulevard en face le théâtre de la porte Saint-Martin et l’on se mit en ordre de bataille. Le capitaine dit à ses soldats qu’il y avait une centaine d’hommes du 53e régiment de ligne appuyée par un fort piquet du 1er régiment de cuirassiers et qu’il fallait aviser du moyen d’épargner le sang des braves, tant pour la garde nationale que pour ces militaires. Aussitôt il demande un homme de bonne volonté pour marcher à eux en parlementaire. Bientôt une voix sort des rangs et dit que c’est au caporal Mennecier à y aller comme le plus ancien de la compagnie. Ledit caporal se présente à l’instant même à son chef, qui lui enjoint de remettre son fusil à son camarade et lui demande s’il n’a pas un mouchoir blanc. Le brave caporal répond que oui. Eh bien ! dit le capitaine, allez trouver le commandant du poste et dites-lui que nous avons l’ordre supérieur de nous en emparer pour le repos et la tranquillité publique et que comme nous désirons autant que possible épargner le sang français, qu’il veuille bien acquiescer à notre demande. Après avoir reçu ces instructions, le caporal Mennecier partit en faisant flotter son mouchoir, en signe parlementaire, et parvint à la gauche du peloton de ligne. Le capitaine lui demanda ce qu’il désirait ? Il répondit qu’il avait ordre de parler au colonel. Ce premier le fit passer à droite et il parvint jusqu’à lui. Il lui dit qu’il était envoyé par ses chefs pour le prier de céder le poste qu’ils occupaient, pour le bien et la sûreté publiques. Le colonel répondit au parlementaire Si nous avions la faiblesse de nous rendre, quand vous serez maîtres du poste qui me répondra que vous ne ferez pas comme vous avez fait aux gendarmes ? Vous les avez désarmés et vous leur avez foutu des coups ! (propres expressions du colonel du 1er régiment de cuirassiers). Le parlementaire dit et jura sur l’honneur de la garde nationale que l’on ne les désarmerait pas et que ce noble garant devait lui suffire. Lorsque le colonel répliqua qu’il ne connaissait plus la garde nationale, qu’elle était licenciée, le brave caporal [répondit] Oui, Colonel, elle a été licenciée injustement mais jamais elle n’a été déshonorée... A ces mots énergiques, le colonel parla à ses officiers et se tournant vers le parlementaire, lui dit J’y consens, allez chercher deux de vos officiers supérieurs et de suite nous vous rendons le poste (il devait être 1 heure et demie). Aussitôt le parlementaire se retira en faisant flotter son mouchoir et longeant vers la gauche du boulevard pour retourner vers les siens. A peine avait-il fait cinquante ou soixante pas qu’ils firent un feu de peloton sur lui et sur sa compagnie, dont ils eurent quatre hommes tués au premier rang et six de blessés, y compris le caporal Simon, ancien militaire, qui reçut un coup de feu au bras gauche. Sitôt et sans attendre la réponse de son parlementaire, le capitaine fit battre en retraite toute sa compagnie jusqu’à la porte Saint-Denis. Là, on se mit en bataille et l’on chargea en avant sur ledit post du Château d’eau. Les cuirassiers s’apercevant d’une marche aussi précipitée firent une charge sur eux, le pistolet au poing. Voyant qu’ils pourraient enfoncer les rangs, les gardes nationaux se débandèrent et s’emparèrent chacun d’un arbre, pour se battre en tirailleurs, ce qu’ils exécutèrent avec beaucoup de succès car les cuirassiers, voyant qu’il n’y avait plus moyen de leur résister, firent volte-face et se sauvèrent par la rue du Temple, en laissant une dizaine des leurs hors de combat. Dès lors, l’on se réunit de nouveau pour marcher en avant sur le peloton du 53e, qui était encore maître du poste. Mais, se voyant abandonner par les cuirassiers, ils firent signe de cesser la fusillade et qu’ils allaient se rendre à discrétion. Ce que nous avons fait sur-le-champ. Ces militaires nous ont remis leurs armes et nous sommes restés maîtres du poste et du champ de bataille. Nous pouvons évaluer notre perte à une vingtaine de tués et autant de blessés. » Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Mennecier, Georges ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mennecier, Georges. C’est lequel, il est sans doute du (ancien) VIe arrondissement... Simon, Auguste, Paul habite la rue de Sèvres...

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