Simonet, Charles, Louis

Biographie


Né à Servon (Marne) vers 1774. Ancien militaire, ayant seize années de service, il avait participé aux campagnes de Hollande, de Prusse et d’Autriche sous les ordres des généraux Moreau, Laboissière, Pichegru et Brune, et fut congédié à Vérone par suite de blessures graves. Charpentier en 1830. Il fut violemment contusionné sur les lombes et le ventre pendant les combats. Il s’ensuivit une fièvre continue pendant quinze jours, une grande faiblesse dans les lombes et des douleurs sourdes et permanentes dans la région des reins et de la vessie. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut un total de cent francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Avec Guillon, François, Louis (voir ce nom) et Guillaume, Jean (voir ce nom), il fit parvenir la lettre suivante au préfet de la Seine : « […] Ont l’honneur de vous exposer bien respectueusement qu’ils sont des braves des mémorables journées de Juillet, grièvement blessés et non guéris, n’espérant pas même obtenir guérison de leurs blessures, qui les mettent hors d’état de se livrer à aucune espèce de travail. Joint à la pénurie qu’ils sont tous trois pères de famille et qu’ils sont étonnés, d’après toutes les promesses qu’on leur a faites et vous-même M. le préfet, notamment le premier jour de l’an de ne pas les oublier et de leur rendre justice ces promesses n’aient eu aucun effet ni en secours ni en habit ; tandis que des jeunes gens et presque tous ceux qui étaient à Saint-Cloud ont reçu des secours de toute nature. Pourquoi donc cette préférence ? Vous ne pouvez, monsieur le préfet, révoquer la légitimité de la demande des soussignés, qui, en attendant vainement les récompenses promises, ont été obligés pour exister et faire exister leurs familles de vendre le peu qu’ils avaient ; qu’aujourd’hui, dénués de tout, sans ressources, sans nul crédit et menacés de coucher dehors faute de paiement de leurs loyers, ils vous déclarent hautement que si vous ne faites droit à leur demande dans le plus court délai possible, ils se trouvent forcés de se livrer au plus affreux désespoir pour ne pas survivre au sort malheureux dont leurs familles sont assurées prochainement. » En janvier 1831, son capitaine de la garde nationale attesta qu’il faisait très exactement son service et qu’il s’était « en toutes circonstances distingué par son zèle pour le maintien de l’ordre et le respect aux personnes et aux propriétés ». Il fit partie des Réclamants de Juillet, ses droits à une pension n’ayant pas été reconnus ; le dossier qu’il avait déposé chez O’Reilly fut saisi par la police avec tous les autres dossiers. En 1836, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Une hernie l’empêche depuis longtemps d’exercer sa profession de menuisier. Sa femme tient un petit commerce de fruiterie. Leur position est extrêmement gênée. Ils n’ont plus d’enfant à leur charge. On fait l’éloge de leur conduite. » Il était père de six enfants. En 1837, garde national à la 2e compagnie de la IIe légion de la banlieue, un certificat signé des officiers et sous-officiers attestait que Simonet « fait partie de ladite compagnie depuis sa formation, qu’il a toujours montré la plus grande activité dans son service et n’a cessé de faire partie de ladite compagnie que par son grand âge et ses infirmités ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1837, de la même somme en 1838. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut un secours de vingt francs en 1839, de trente puis de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, son épouse, âgée de soixante-treize ans, accablée d’infirmités, et « tous deux réduits à la position la plus nécessiteuse », il sollicita des secours. Les renseignements de police précisaient qu’il tenait une boutique de fruitier, barrière Rochechouart (7, rue Royale), qui pouvait à peine suffire à ses besoins et qu’il avait une « très bonne réputation sous tous les rapports ». Il reçut vingt-cinq puis quarante francs de secours en 1841, vingt-cinq francs en 1842, quarante francs en 1843, et la même somme en 1844. En 1845, « vieux, malheureux et persécuté », sa femme, octogénaire et « accablée d’infirmités », ils ne vivaient « tous deux que de la bienfaisance d’autrui, ne possédant pas autre chose », en butte « aux angoisses de la faim et livré à la plus affreuse misère », il sollicita des secours et obtint quarante francs. En 1846, « depuis longtemps livré aux horreurs de la misère », il sollicita son admission dans un hospice de Paris. Il reçut un secours de quarante francs en 1846, de vingt-cinq francs en 1847 mais ne se présenta pas pour les toucher, et de quarante francs en 1848. En 1849, selon les mêmes sources administratives, il avait laissé sa boutique du 7, Grande-Rue Nationale à son successeur, Colman ; « il est, ajoutait le rapport, […] père d’une demoiselle mariée habitant l’Algérie. Abandonné par son gendre et tombé dans une profonde misère, il a été placé ainsi que sa femme à l’hospice des vieillards de Villers-Cotterêts » le 11 juillet 1847. Il reçut quarante francs de secours en 1849, un secours de quarante ou de cinquante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1851 et en 1852, à titre de blessé de Juillet. Il demeurait 7, rue Royale à Montmartre en 1830 ; 14, rue Royale en 1832 ; 7, rue grande-rue Royale à Montmartre de 1836 à 1845 ; 109, rue du Faubourg-Poissonnière, chez Mme Breton, fruitière, en 1846 ; de nouveau 7, rue Royale en 1847, chez M. Colman, marchand de vins, avant de partir pour l’hospice de Villers-Cotterêts ; chez M. Colmann, 7, grand-rue Nationale à la barrière Poissonnière en 1849-1850 ; 7, passage du Grand-Cerf, chez ses enfants en 1851-1853. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 1re classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Guillaume, Jean ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives nationales AB/XIX/15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Simonet, Charles), idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 (sous le nom de Simonet, Charles) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Simonet, Charles), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Simonet, Charles), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Simonet, Charles). Noter qu’il signe toujours Simonnet avec deux n.

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