Sirat, Pierre, François

Biographie


Né le 16 germinal an X (6 avril 1802) à Nantes, fils de Sirat, Pierre, Benoît et de Mostel, Marie (dans l’acte de naissance ; Mosset dans son acte de mariage). Ouvrier tourneur en faïence. Il fut blessé dans les combats contre le 10e léger, place Louis-XVI, dans la région lombaire et laissé « estropié d’une blessure au travers des hanches et hors d’état de travailler à son état de tourneur ». Il était signalé comme étant dans l’indigence depuis qu’il avait reçu sa blessure. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il fut proposé pour une pension de mille francs par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Le préfet demandait pour lui le maximum de la pension. Il signa, le 6 août 1831, avec Hyrvoix (voir ce nom), décoré de Juillet, Catheaugrue (voir Catheaugrue aîné), Ginselo (voir Ginselo, François), décoré de Juillet, Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Poubeau (voir Poubeau, Henri), Minié (voir Minié, Auguste) et Legorgeux le certificat suivant en faveur de Dugas, Toussaint, quand ce dernier tenta avec retard de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Nantes, décorés de Juillet, certifions que le sieur Dugas, Toussaint, demeurant chaussée de la Magdeleine n° 6, s’est comporté avec un courage digne d’admiration à l’affaire du cours, le 30 juillet 1830 entre la troupe de ligne et les habitants. C’est pourquoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, le 10 septembre 1830 et avec Petit, Léon, Gustave (voir ce nom), et Vallée (voir Vallée, Henry, René ?), le certificat suivante en faveur de Catheaugrue, Frédéric, Julien : « Les soussignés certifient qu’il est à leur connaissance que M. Catheaugrue aîné, blessé en cette ville le 30 juillet dernier, a soudain procuré à divers de nous des armes, tant des siennes que celles dont divers habitants ne faisaient pas usage et que par la grande confiance dans l’usage qu’ils en voulaient faire il les leur a confiées. Qu’à ce moyen et celui des cartouches faites inopinément par lui et chez lui, nous avons été à même de seconder les efforts faits pour reconquérir la liberté de la France, devenue la nôtre. » Il fut un des très nombreux (deux pages de nom, voir la liste à Catheaugrue, Frédéric, Julien) qui, en mai 1832, apostillèrent la lettre que Catheaugrue fit parvenir à son député, afin d’obtenir, en raison des blessures qu’il avait reçues, une pension du gouvernement : « Lorsque le peuple parisien détruisait en quelques heures une insupportable tyrannie, de généreux citoyens, s’associant à ces périls, luttaient au même instant contre un pouvoir exécré qui ne fut trop longtemps que l’opprobre de notre belle patrie. Partout en France comme à l’étranger, des souscriptions furent ouvertes pour venir au secours des hommes que leurs blessures mettaient hors d’état de pourvoir aux besoins de leurs familles, et des veuves de ceux qui étaient restés sur le champ de bataille. Le roi, que nos vœux appelaient au trône et que nos bras y avaient placé, créa pour nous une décoration spéciale et mit à la disposition de ses ministres un fonds destiné aux pensions qui furent accordées depuis. De tous les blessés de Nantes, je suis, par une étrange fatalité, resté seul dans l’oubli pour la pension annuelle. Ce qui m’a convaincu de la chose c’est que j’ai vu mes frères d’armes du 30 juillet toucher tout récemment leur trimestre, et, sans vanité, Monsieur, je peux me compter au nombre de ces braves défenseurs de nos libertés. Retenu longtemps par mes graves blessures et qui se sont rouvertes le 24 septembre dernier, je fus, pendant ce temps, obligé de confier à des ouvriers la direction de mon établissement, qui a depuis beaucoup perdu de sa valeur : aussi je me demande pourquoi je n’ai pas eu part à la munificence du gouvernement. Est-ce pour avoir distribué des armes à plusieurs de mes concitoyens et qui ont combattu avec moi ? je ne le pense pas. Mon dévouement a été trop louable. Cependant, par mes blessures, je me vois sur le point de réduire ma famille à la plus affreuse misère, à laquelle j’ai, pour ma patrie, volontairement contribué. Je vous prie donc, Monsieur, de prendre en considération l’exposé sincère de ces faits. C’est avec toute la franchise d’un bon patriote que j’ai l’honneur de vous adresser ma demande. J’ai l’honneur, etc. » Il était marié à Ragaud, Victoire (fille de Ragaud, Jean et de Godard, Jacquine), qu’il avait épousée 11 juillet 1825 à Nantes, et père de deux enfants en 1830. Vu la gravité et l’évolution des blessures de Sirat, ses enfants furent assimilés aux orphelins et pensionnés : Victoire, Louise était née le 14 juillet 1826, et Zélie, née le 20 mars 1828. Zélie reçut trois cents francs en 1833, et sept cents francs pour ses frais de pension en 1835 ; elle mourut le 18 ou 28 (deux sources pour le 28 avril) avril 1836 à Nantes selon la préfecture de Loire-Atlantique, et pourtant elle fut pensionnée jusqu’en 1849. Victoire, Louise fut pensionnée jusqu’en 1844, reçut une éducation très soignée, selon l’estimation du ministre de l’Intérieur en 1848, et était tailleuse pour dames. En 1832, il lui fut accordé un secours afin de pouvoir se rendre à Barèges, pour y prendre les eaux et soigner ainsi les séquelles que lui avait laissées sa blessure. En 1848, Sirat était aubergiste à Nart (Loire-Atlantique). Il demeurait 39, chaussée Magdeleine ou sur le pont vis-à-vis la faïencerie à Nantes en 1830-1835 ; à Nart en 1848. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (par erreur sous le nom de Sirac, Pierre, François) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1832) ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Aubry ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/78 classé par erreur à Virat ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet.

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