Siscot ou Sisco, Edouard
Biographie
Né (sous le nom de Sisco, Edouard dans son acte de naissance) le 18 germinal an II (7 avril 1794 par exemple dans son acte de mariage ; mais le 8 avril 1793 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/82) à Paris, fils de Sisco, Vincent, Marie, limonadier, et de Maury, Anne, Susanne (mariés en 1786 à l’église Saint-Sulpice). Engagé volontaire dans la marine impériale à l’âge de quatorze ans, il fut fait prisonnier à la prise de la Guadeloupe en 1810 et resta quatre ans et demi en captivité dans les pontons anglais. Il reprit du service dans le 1er régiment de chasseurs à cheval en 1814 et fut congédié après la bataille de Waterloo ; il était alors maréchal des logis. Maître menuisier, il s’établit en 1824. Il participa, en habits de garde national, à l’attaque de la caserne de Babylone, le 29 juillet, et fut blessé d’un coup de feu reçu au côté gauche. Il fut relevé et transporté par Coade, Philippe, François à l’abri dans la vacherie du 8, rue Traverse. Le Constitutionnel du 12 août 1830 relatait ainsi sa participation aux combats : « M. Edouard Sisco […], blessé au côté gauche à la caserne de Babylone, n’en continua pas moins de tirer jusqu’à ce que ses forces l’eussent complètement abandonné. Pendant ce temps, sa femme et sa belle-fille, malgré le feu de l’ennemi, distribuaient aux braves tout ce dont ils pouvaient avoir besoin. » Il apostilla (Sisco ou Siscot, la signature est confuse), le 30 juin 1831 et en tant que « blessé à l’affaire de Babylone, près de la pièce de canon où était M. Carbon », la lettre suivante de Carbon, Louis, dans lequel nous reproduisons les passages intéressant Sisco : « […] Le 29, il [Carbon] se rendit à l’atelier de Saint-Thomas-d’Aquin partie du manuscrit brûlée une petite pièce de canon démontée et même enclouée, il donna l’idée à ses camarades de la forer et de la monter sur un affût. Aussitôt l’opération terminée, ils se transportèrent tous à la caserne Babylone. Ses compagnons voulurent charger la pièce comme un simple fusil, l’exposant, en qualité d’ancien officier d’artillerie, leur fit quelques observations. Alors, il est entré chez le sieur Mousset partie du manuscrit brûlée de traverse à côté où la pièce était placée et il se mit à faire partie du manuscrit brûlée aidé par le sieur Coade, ancien artilleur. Ils chargèrent la pièce et firent pendant trois fois un feu soutenu sur la caserne ; leurs compagnons d’armes furent tués ou blessés à leurs côtés. Cette conduite énergique et courageuse, au milieu d’un partie du manuscrit brûlée pressant fut vivement appréciée par ses compatriotes. Cette action décida la victoire et les Suisses s’enfuirent […]. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 30 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Matis, Jean, Sébastien (voir ce nom), pensionné du gouvernement, demeurant 9, rue Traverse-Saint-Germain ; Delapierre, Jean-Baptiste, propriétaire, demeurant 101, rue de Sèvres ; Clerc, Josette, Augustine, épouse Andriot (voir Andriot, Jean, François), demeurant 42, rue de Verneuil. Ils attestèrent savoir que Sisco, Edouard avait « reçu au côté gauche une balle, en combattant le 29 juillet 1830 à la prise de la caserne de Babylone ». Le 31 avril le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Matis, Jean, Sébastien (voir ce nom), pensionné du gouvernement, demeurant 9, rue Traverse-Saint-Germain ; Delapierre, Jean-Baptiste, propriétaire, demeurant 101, rue de Sèvres. Sur leur attestation, le maire certifia que Sisco, Edouard avait « été par suite de sa blessure reçue le 29 juillet dans l’impossibilité de travailler pendant six semaines et que cette suspension de travaux lui a fait perdre ses pratiques, ce qui le réduit à une position nécessiteuse ». Il sollicita, infructueusement, un bureau à la direction des Postes, bureau des Entrées et Sorties. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 26 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la partie inférieure de la poitrine du côté gauche, à travers les chairs seulement ; guérie avec un peu de difficultés dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut (sous le nom de Sisco sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 1er août 1831 et son brevet le 1er septembre de la même année. Il fit partie de la Commission des réclamants et signa plusieurs lettres au nom de cette Commission afin de tenter de faire valoir les droits qui avaient été négligés de certains des combattants de Juillet (voir Benard de Courtigis). Il signa (Sisco ou Siscot, la signature est confuse), le 13 juin 1831 et comme « blessé en garde national à l’affaire de Babylone », le certificat suivant en faveur de Coade, Philippe, François : « Je certifie que le sieur Philippe, François Coade s’est trouvé à la prise de la caserne Babylone et qu’il était un de ceux qui servait la pièce de canon qui était braquée rue Traverse n° 8 et qu’il s’est comporté digne d’un brave homme, dévoué à la cause constitutionnelle et qui plus c’est lui lorsque je fus blessé qui me ramassa et me fit entrer dans la susdite maison n) 8 (vacherie), où l’on m’a porté les premiers secours. Je lui ai délivré le présent certificat pour constater sa présence à ladite affaire. » Il signa, le 26 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Hubert, Martin, Pierre, Claude et de Jean-François, Michel, Marie Lebouc, quand ces derniers tentèrent de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie, d’après les renseignements qui m’ont été donnés par plusieurs voisins, notamment par les personnes habitant la maison n° 7 rue Traverse, que les sieurs Martin, Pierre, Claude Hubert et Jean-François, Michel, Marie Lebouc se sont comportés d’une manière digne de bons patriotes dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, et qu’ils méritent tous deux les marques d’honneur de tous bons Français. Ces deux braves ont déposé des certificats à l’ancienne commission, qui ont été égarés, ne pouvant les reproduire à celle-ci pour pouvoir obtenir ce que leur dévouement leur ont incontestablement mérités ; ils étaient armés tous les deux et ont été blessés. » Il signa, le 21 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Delarue, Louis, Alphonse, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions que le nommé Louis, Alphonse de Larue (sic), dans les journées du 27, 28 et 29 juillet, s’est armé d’un fusil qu’il a pris à un soldat du 15e de ligne et qu’il était du détachement qui s’est porté à la place de l’Odéon le 28 juillet (sic) pour prendre la caserne Babylone ; en outre, qu’il a fait partie des braves qui sont allés à Rambouillet et qu’il a été un des premiers à monter la garde à la caserne Babylone lorsqu’il est revenu de Rambouillet. » Il ajouta à ce certificat l’apostille suivante : « Je certifie avoir vu Delarue armé d’un fusil et qu’il s’en est servi comme un brave à la caserne Babylone. » Il signa, le 25 juin 1831 et comme « blessé à l’affaire, lieutenant en premier à la 3e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale », le certificat suivant en faveur de Petit, Jacques, Marc, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens patentés, certifions que le sieur Jacques, Marc Petit est un combattant de Juillet, que nous l’avons vu armé le 29 de ce mois à la prise de la caserne de Babylone, que de retour de cette affaire il est rentré chez lui, blessé d’un coup de feu à la jambe gauche, d’une balle qui l’a atteint. Nous certifions en outre que les mœurs et la probité du sieur Petit nous sont parfaitement connus et qu’il est exempt de reproches. » Il signa, le 25 juin 1831 et comme « lieutenant en premier à la 3e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale », le certificat suivant en faveur de Lacour, Louis, Jacques, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens patentés, attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Louis, Jacques Lacour a fait partie de la garde mobile et dont il est enregistré à sa mairie sous le numéro 262. Nous certifions en outre qu’étant armé il ne peut que s’être conduit vaillamment à la cause de la liberté et de la patrie dans les journées mémorables de Juillet. » Il signa, le 21 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Rozier, François, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, tous habitants du quartier de Saint-Thomas-d’Aquin, certifions à quiconque il appartiendra que le nommé François Rozier, âgé de quarante-neuf ans, demeurant rue de Sèvres n° 20 bis, à Vaugirard, faisant partie de la garde nationale de cette commune, s’est distingué d’une manière toute particulière dans les trois mémorables journées de juillet 1830, en s’armant et même dirigeant nombre d’individus partout où le salut de la patrie paraissait en danger, notamment à l’attaque de la caserne de Babylone s’étant embusqué dans les étages des maisons de la rue Plumet, où lui et les siens firent un feu terrible contre les Suisses et il parvint par son hardiesse à faire cesser le feu de ceux qui tiraient sur le peuple. Ce fut encore le susdit Rozier qui, ne pouvant faire prisonnier le gros major des Suisses qui cherchait à se faire jour au travers du peuple, armé de deux pistolets, le tua d’un coup de son fusil. Il s’empara de sa montre, qu’il conservait à titre de trophée mais que plus tard il remit à son neveu, ancien officier à l’ex-8e régiment de la garde royale. Nous attestons en outre qu’à la prise de ladite caserne, il a sauvé d’une mort presque certaine plusieurs Suisses faits prisonniers et que ce n’est pas sans avoir couru plusieurs périls pour lui qu’il est parvenu à mettre en lieu de sûreté les malheureux prisonniers qui aujourd’hui lui doivent la vie. » Il signa, le 10 juin 1831 et comme « blessé à l’affaire et à côté de lui j’étais en tenue de garde national, lieutenant en premier de la garde nationale, Xe légion, 2e bataillon, 3e compagnie », le certificat suivant en faveur de Servot, Edme, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Servot, sapeur-pompier, demeurant rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, s’est conduit d’une manière distinguée à la prise de la caserne de Babylone. Il a aidé à servir la pièce de canon qui était commandée par M. Joubert (voir Jaubert, Pierre, Maurice, Ferdinand), élève de l’Ecole polytechnique. M. Servot a failli être tué, il a reçu une balle à son casque, il mérite une récompense nationale. » On trouve dans son dossier la lettre suivante, rédigée en 1832 par Matis, frère du général Matis, et adressée à Montalivet, ministre de l’Intérieur, qui éclaire sur les réclamations que formulèrent les décorés de Juillet :
« Monsieur le comte,
Ayant été à même de juger plus que personne les erreurs et omissions de Commission des récompenses nationales, c’est ce motif, monsieur le ministre, qui m’a engagé à accepter la place de commissaire aux réclamations, afin de faire connaître à Votre Excellence tous les oublis qui ont eu lieu. La Chambre entière des députés les a reconnus comme nous, et c’est par ce motif qu’elle a adressé notre pétition à monsieur le ministre de l’Intérieur, votre prédécesseur. En nous rendant justice, monsieur le ministre, nous contenterons cinquante mille individus de toutes les classes de la société qui ont signé les titres et vous en ferez des amis du gouvernement. J’aurais l’honneur de comparer seulement pour le moment madame de Marande avec madame Sisco ; cette première dame, d’après mon rapport, a obtenu la médaille et un débit de tabac et madame Sisco n’a rien obtenu ; cette dernière dame a reçu des balles des Suisses jusque dans ses jupons, en soignant et en retirant les blessés du danger où ils se trouvaient et, au péril de sa vie, elle a eu même le courage d’allumer la mèche de la pièce de canon. M. Sisco n’a pas été plus heureux. Ayant été blessé près de moi ainsi que M. Prevost dans la même affaire, ce dernier a obtenu la croix et l’autre la médaille. Je ne pourrais jamais assez recommander à vos bontés et à votre bienveillance M. et Mme Sisco ; ils ont éprouvé de grands malheurs par suite des circonstances et malgré cette position affligeante, M. Sisco, comme lieutenant de la garde nationale, s’est constamment porté sur les points difficiles pour soutenir nos institutions et coopérer à empêcher de troubler l’ordre public. Il a l’estime de tous les gens de bien qui ont l’avantage de le connaître. Beaucoup d’autres erreurs et oublis ont eu lieu. Il suffira de les signaler à M. le ministre pour les réparer, j’en suis convaincu d’avance. Mon amour pour le roi élu par la Nation m’a fait contracter l’obligation de chercher à lui faire le plus d’amis possible. Les décorés de Juillet, connaissant ma manière de penser, m’ont prié d’accepter la mission dont ils ont bien voulu m’investir. Comme j’ai goûté parfaitement leur idée, je me joins à eux de cœur et d’affection pour supplier Sa Majesté de vouloir bien daigner accepter la décoration de Juillet. Nous désirerions nous réunir par arrondissement, avoir monsieur le maire et un commissaire du gouvernement à notre tête, pour apprécier les services que nous avons rendus. Comme nous avons tous l’intention de soutenir le trône constitutionnel nous serions en toutes circonstances les premières sentinelles pour son maintien et nous prierions dans ce cas monsieur le maire et monsieur le commissaire de vouloir bien faire un rapport à Votre Excellence, afin qu’à l’avenir monsieur le ministre ne soit pas accablé par une quantité de demandes partielles, dont une grande partie ne sont pas recevables ou peu recommandables et par là rendre justice à qui de droit. » Sisco signa aussi la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Inérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » De la même manière, il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « A l’Abbaye, rue Bourbon, Pont-Neuf, caserne Babylone et autres endroits. Une blessure. Demande la Croix de Juillet en échange de la médaillet et un emploi administratif ou militaire. Mérite l’attention du gouvernement par sa moralité, ses anciens services et sa conduite dans les trois journées, où il a fait tous ses efforts pour maintenir le bon ordre. » De la même manière, par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans une société de réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». Après la révolution, l’établissement de Sisco périclita, la clientèle aristocratique s’éloignant de son établissement. En 1833, il était inspecteur dans la salubrité et lieutenant en premier dans la 3e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Veuf en premières noces de Hourdeaux, Elisabeth, Emilie, décédée le 13 avril 1827 à Paris (ancien) Xe arrondissement, il avait épousé, le 27 novembre 1828 à mairie du (ancien) Xe arrondissement de Paris, Petit, Elisabeth, Julie, née le 24 juin 1785 à Coulommiers (Seine-et-Marne) ; sur l’acte de mariage, Petit, Elisabeth, Julie est indiquée comme la fille de feu Petit, Henri, Elisabeth et de feue Gueuvin, Julie, Elisabeth, son épouse, comme la veuve de Esnouf, Guillaume, Antoine, Augustin, décédé le 30 ventôse an XIII à Paris (ancien) IIe arrondissement. En 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize jeunes filles (une par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), filles de combattants soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotées de trois mille francs pour pouvoir se marier. La belle-fille de Sisco, Petit, Célanire,Augustine, née vers 1810 à Paris ou à Coulommiers les sources divergent, ouvrière en mode, fut l’une des candidates choisies par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, mais ne fut pas celle finalement élue. Elle devait épouser Barbier, Anatole, Pascal (voir ce nom), né vers 1810 à Coulommiers, et donc pays, nommé sergent au 19e régiment de ligne, en garnison à Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques), sur proposition de la Commission des récompenses nationales, dont le père était décédé et la mère débitante de tabac, 94, rue Saint-Antoine. A cette occasion la mairie donnait sur Sisco les renseignements suivants : « […] S’est extrêmement distingué dans les affaires de Juillet, il a eu le corps traversé d’une balle et a mérité la décoration de la médaille ; M. Sisco est un ancien militaire et a été officier de la Xe légion ; il occupe en ce moment une modeste place dans la salubrité. MM. Pascal, commandant, Dequevauvillers, lieutenant-colonel, Hunont, capitaine, recommandent Mlle Petit et s’intéressent vivement à son établissement. » Siscot, lui-même, fit parvenir la lettre suivante au préfet de la Seine afin que sa belle-fille fût retenue : « Mlle Célanire, Augustine Petit, ma belle-fille, demeurant chez moi, comme son seul et unique appui, avait reçu, l’année dernière, la proposition par l’autorité municipale d’être mariée et dotée à l’occasion de l’anniversaire des fêtes de Juillet. Comme elle n’avait point alors un prétendant qui lui convînt, elle se trouva dans l’impossibilité de profiter du bienfait du gouvernement. Aujourd’hui, monsieur le préfet, ma belle-fille est recherché en mariage par un cousin jeune homme qui lui convient sous tous les rapports. […] Le jeune Barbier est rempli de zèle et de dévouement pour notre gouvernement et nos institutions ; il a de l’éducation, des mœurs, de l’ordre et de la conduite. Quant à moi, monsieur le préfet, je suis décoré de Juillet par suite d’un coup de feu qui m’a frappé lorsque je combattais pour la prise de la caserne de Babylone. J’ai presque perdu ma fortune à la révolution de Juillet. Mes concitoyens, qui connaissaient mon opinion et l’amour que je porte au gouvernement m’ont appelé par leurs votes au grade de lieutenant en premier dans la 3e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion. C’est toujours avec une empressement nouveau que j’en remplis les honorables devoirs. […] J’ose espérer […] que vous voudrez bien contribuer ainsi, monsieur le préfet, au bonheur d’une famille tout entière et plus particulièrement de deux jeunes gens qui s’aiment et qui se conviennent parfaitement par l’âge, la sympathie du caractère et d’inclination. » Le couple avait été choisi mais, finalement, Barbier rompit les fiançailles et ce fut un autre couple qui fut choisi. En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné. En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. Son nom est sur une liste de décorés (trois devaient être choisis, en plus de trois orphelins, pour chacun des quatorze arrondissements) choisis pour participer à la cérémonie funèbre à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le 28 juillet 1840, à l’occasion de la translation des corps des victimes dans le caveau de la colonne de Juillet, place de la Bastille. En 1848, sachant lire et écrire, il sollicita de la nouvelle Commission des récompenses nationales un secours et un emploi, appuyant ainsi sa demande : « Dans les glorieux jours qui viennent de rendre la liberté à la France, j’ai coopéré au maintien de l’ordre et j’ai donné des preuves de mon patriotisme et de mon courage. » Il était un des délégués de la Commission des décorés de Juillet. En 1849, la police donna sur le compte de Sisco les renseignements suivants : « Marié, père de famille, il jouit d’une bonne réputation. Sans travail à Paris, il est parti pour la Suisse, où il restera pendant un an. » Il avait une fille, Hortense, Suzanne, Aimée, née le 10 février 1824 à Paris, fille de sa première femme, Hourdeaux, Elisabeth, Emilie. En 1832, il était premier lieutenant dans la 3e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Il reçut quarante francs de secours le 20 juin 1848. Sisco, Edouard avait au moins deux frères : Louis, Hercule, né vers 1788, graveur en taille douce, demeurant 1, rue Childebert en 1828 ; Félix, Théophile, né vers 1802, menuisier, demeurant 11, rue de la Sorbonne. Il demeurait 12 bis, rue Traverse de 1828 à 1834 (mais 24, rue de la Chaise en 1830 in Archives de Paris VD6 545 n° 3 et in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; mais bien 12 bis, rue Traverse sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives nationales F/1dIII/36, in Archives nationales F/1dIII/38 A, in Archives de Paris VD6 559 n° 1 et in Archives nationales F/1dIII/82) ; 86, rue du Cherche-Midi en 1835 ; 178, rue Saint-Dominique en 1840 ; 34, rue des Dames aux Batignolles en 1848 ; 11, rue de Sèvres en 1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833, idem année 1834, année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, 1840, 10e anniversaire, exhumation des victimes de Juillet et service funèbre ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine et Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 couverture du dossier de Martin, Pierre ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Sisco, Edouard, faire le changement ?) ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Coade ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations et aussi lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Sisco) ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carbon, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delarue, Louis, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hubert, Martin, Pierre, Claude ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lacour, Louis, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Petit, Jacques, Marc ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rozier, François ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Servot, Edme.