Smagge, Jean, Victor

Biographie


Né le 7 septembre 1801 à Paris. Cordonnier. Il fut légèrement blessé par un coup de sabre, reçu au bras droit, sur les Champs-Elysées. Il reçut un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, rue Jean-de-Lépine, en tirailleur pendant trois ou quatre heures. A passé la nuit ; vers 2 heures du matin, la troupe a évacué l’Hôtel de ville. A 7 heures du matin au Louvre jusqu’à la prise, a traversé le Louvre pour aller à la rue Saint-Honoré, où il a rencontré le général Dubourg. A suivi la rue Saint-Honoré jusqu’à la Madeleine, a passé près la rue de Rohan lorsque le combat était fini. Fut blessé d’un coup de sabre au bras droit par un officier aux Champs-Elysées. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille, une voix pour une mention et une voix pour rien. Il reçut la médaille de Juillet auprès de cet arrondissement (sous le nom de Sinnagge, Jean, Victor, sur les listes du Bulletin des lois). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, ajourna sa demande d’être reconnu comme blessé et donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu une blessure par arme blanche (coup de sabre) à la partie supérieure et externe de l’avant-bras droit, blessure qui n’a laissé après elle aucune trace et ne saurait donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il apostilla la demande faite, le 3 septembre 1831 auprès du roi, par Gros, Louis d’obtenir la Croix de Juillet, en récompense de sa participation aux combats de Juillet. En 1836, indigent, sans travail et malade, il sollicita des secours. Dans sa demande, il affirmait avoir, dans les journées des 5 et 6 juin 1832, arraché des mains de furieux un jeune tambour âgé de quinze ans, Froment ou Fromont, du 25e régiment de ligne et lui avoir sans doute sauvé la vie. Cette année-là, la police rapportait sur son compte qu’il était marié, sans enfant, qu’il était ouvrier en chaussures de lisière, qu’il manquait souvent d’ouvrage et qu’il tenait une conduite régulière. Il reçut un secours de cinquante francs en 1837 et deux secours de vingt francs en 1839. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). En 1840, « dans la plus grande détresse, […] sa misère [étant] telle actuellement qu’après avoir tout épuisé, il a été contraint d’abandonner ses meubles pour des loyers qu’il ne pouvait acquitter », il sollicita un secours. Il reçut, cette année-là un secours de vingt-cinq francs. En 1841, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Renvoyé depuis six mois de son domicile, rue de la Harpe, n° 18 pour inconduite et n’avoir pas payé son loyer. On ignore ce qu’est devenu cet individu qui, du reste, est regardé comme un fort mauvais sujet. » Et la même année : « Le manque d’ouvrage l’obligea, l’année dernière, à vendre ses meubles. Son état est souvent voisin de la misère. Il jouit d’ailleurs d’une bonne réputation et ne s’occupe pas de politique. » Il reçut un secours de quarante francs en 1841. En 1842, « dans le dénuement le plus absolu, sans travaux depuis fort longtemps et du reste malade depuis plusieurs mois, sans ressources à l’entrée de la saison rigoureuse », il sollicita un nouveau secours et obtint vingt-cinq francs, puis quarante francs en 1843. Il demeurait 5, rue Saint-Victor en 1830-1831 ; 13, rue de Tixéranderie en 1836 ; 15, rue du Paon-Saint-Victor vers 1838 ; 18, rue de la Harpe en 1840 ; 1, rue Aumaire en 1842 ; 18, rue Guérin-Boisseau en 1841. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 janvier 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales AB/XIX/15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Gros, Louis.

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