Soligny, Louis, Alphonse
Biographie
Né en 1805 à Saint-Aubin-d’Ecrosville (Eure). Cordonnier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette dans les reins ou au coccyx. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 64 et le nom de Soligny, Alphonse) dans la liste des demandes de secours et (sous le numéro 865 et le même nom de Soligny, Alphonse) dans les pièces sans adresse ou n’appartenant pas à l’arrondissement, posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 21 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le mercredi, n’a rien fait. Le 29, Louvre, Tuileries, rue de Rohan. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 21 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, six voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de baïonnette) à la partie supérieure du sacrum du côté gauche blessure guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1837, depuis dix-huit mois sans ouvrage parce qu’empêché de travailler par une blessure au pied, il sollicita des secours. Le ministère de l’Intérieur rapportait à son sujet ; « Le position du pétitionnaire est des plus nécessiteuses ; une maladie grave, qui depuis deux ans retient sa femme au lit, a épuisé le peu de ressources qu’il devait à son travail et l’oblige chaque jour à de nouveaux sacrifices. Le sieur Soligny est un ouvrier sage et laborieux. Garde national dévoué [à la 4e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion, N.D.A.], il a toujours fait son service avec zèle et exactitude. Tout se réunit pour établir qu’il mérite que l’administration lui vienne en aide. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1838, deux secours de vingt francs en 1839, un secours de trente francs et un autre de soixante francs en 1840. En 1841, il était marié, sans enfant, concierge 4, rue de Taranne, avec de très faibles gages, dans une position nécessiteuse et « représenté sous de très bons rapports et comme partisan du gouvernement ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, de quarante francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843, de la même somme en 1844, en 1845 et en 1846. En 1847, dans une « position précaire, par suite de la maladie continuelle qui tient sa femme et qui ne fait que s’aggraver chaque jour », il sollicita un secours et obtint vingt-cinq francs, puis quarante francs en 1849. En 1850, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Cet individu est très bien représenté sous le rapport de la conduite et de la moralité. Ses opinions politiques sont nulles. On ne lui connaît pas d’autres ressources que son travail, qui est peu lucratif. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, deux secours de soixante francs en 1851. En 1853, il était marchand de café ambulant, gagnait deux francs cinquante par jour, et présenté, toujours selon la police, « comme un homme sobre, de bonne conduite et ayant de bonnes opinions politiques ». En 1856, les mêmes sources précisaient : « Soligny est marchand de café ; il gagne trois francs par jour au moins ; il exerçait autrefois la profession de cordonnier. Depuis trois ans, il a acheté un morceau de terre sur lequel il a fait bâtir une maison d’un étage, qui lui rapporte actuellement deux cents francs par an, plus son logement et qui lorsqu’elle sera entièrement terminée pourra lui rapporter six cents francs. Il est âgé de cinquante et un ans, marié, n’a pas d’enfant. Il est blessé et médaillé de juillet 1830. Il a reçu un coup de baïonnette au bas des reins. Cette blessure ne l’empêche pas de travailler de son état de cordonnier, qu’il a quitté depuis quatre ans seulement, pour se mettre marchand et propriétaire. Sa femme s’occupe du ménage ; elle est souvent malade. L’intérieur est propre et annonce l’aisance. Tout dénote qu’il n’est pas malheureux. Les renseignements recueillis sur sa conduite et sa moralité sont en sa faveur. Il passe aux yeux de ses voisins pour être dans l’aisance. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1853, au titre de médaillé de Juilelt. Il demeurait 11, rue Saint-Jean-de-l’Epine en 1830-1831 ; 107, rue Saint-Jacques en 1830-1831 ; à Saint-Aubin-d’Ecrosville en 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 559 n° 1, in Archives de Paris VK3 18 et in Archives de Paris VK3 19 ; 25, rue de Seine-Saint-Germain puis 40, rue de la Mégisserie en 1837 ; 39, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1838-1840 ; 4, rue de Taranne en 1841 ; 114, rue de la Pépinière en 1847 ; 14, rue de Chartres à La Chapelle, un loyer de cent quarante francs par an, de 1848 à 1851 ; 27 ou 37, rue des Couronnes en 1853 ; 13, avenue de Saint-Ouen hors des fortifications, la 2e maison à gauche en 1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 (sous le nom de Salegny, Louis, Alphonse) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, liste des demandes de secours posées auprès de la mairie, pièces sans adresse ou n’appartenant pas à l’arrondissement ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 31 mars 1831 (sous le nom de Soligny, Alphonse) ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale (sous le nom de Soligny, Alphonse, Louis) ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 21 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 21 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 46 (couverture du dossier Juneau) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement (sous le nom de Soligny, Alphonse) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe (sous le nom de Saligny, Louis, Alphonse) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Saligny, Louis, Alphonse), idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 (sous le nom de Saligny, Louis, Alphonse). Voir sans doute Salegny, Louis, Alphonse ?