Sorba, Jean, Baptiste

Biographie


Né vers 1805 à Bastia (Corse). Ouvrier tailleur, concubin de Michel Elisabeth, née vers 1807 à Metz (Moselle), marchande de mode. Il était sans doute, selon la déposition suivante de Colombani, Horace, Vincent, combattant de Juillet. « En 1830, je servais dans le 15e léger qui donna dans les affaires de Paris. Nous quittâmes le 2 août le régiment et revînmes à Paris. En passant par Sèvres, nous trouvâmes un détachement de Parisiens à la tête duquel se trouvait le nommé Sorba qui nous cria Qui vive ! Comme cet individu et moi sommes Corses, nous fîmes bientôt connaissance et depuis nous avons continué à nous aborder quand nous nous rencontrons. » En 1832, il fut inculpé d’injures envers les agents de la force publique mais bénéficia sans doute d’un non-lieu. Il fut impliqué dans deux procès : « En 1833, il fit partie des coalitions des tailleurs ; il fut arrêté et poursuivi pour ce délit mais non condamné et en mai 1835, il fut de nouveau recherché pour délit politique ». Il avait fait la connaissance de Fieschi, en 1831, dans la partie du jardin du Palais-Royal, où se réunissaient habituellement les Corses. En 1835, il travaillait aux ateliers de Barde (et n’était donc pas travailleur en chambre) et renoua avec Fieschi : « Je ne l’avais pas vu depuis trois ans. Ayant appris que j’avais été arrêté pour délit politique, il est venu me demander ce qui m’était arrivé [...] Le 24 juin [1835], j’ai été appelé par M. le juge d’instruction pour savoir si je reconnaîtrai quelques personnes de mon état de tailleur qui étaient arrêtées au sujet des coalitions d’ouvriers. Après les explications que j’eus avec le juge d’instruction, il fit faire une visite domiciliaire chez moi. J’étais mécontent de cette chose-là, parce que j’étais innocent et je le disais aux personnes que je rencontrais. » Sorba fut inquiété dans l’affaire Fieschi. Celui-ci s’était adressé à lui, quelques jours avant le 28 juillet 1835, pour faire employer la demoiselle Marguerite Daurat et, le jour même de l’attentat, il était venu le trouver pour lui demander de lui servir de témoin dans un duel. Une perquisition faite à son domicile confirma, par la saisie de pièces de peu d’importance, son hostilité au gouvernement : un reçu, délivré par Armand Marrast, le 6 décembre 1831, de la somme de 132 francs et 30 centimes, collectée en faveur des ouvriers lyonnais ; une chanson intitulée la Poire et une autre commençant par ces mots Je suis Français, ô république reviens, reviens dans nos cités ; une souscription en faveur de la presse patriote portant la signature de Sorba, 79, rue de Richelieu. Fieschi s’expliqua sur le duel et révéla ainsi la grande confiance qu’il avait fait à Sorba Il ne lui avait proposé le duel que pour lui donner connaissance de l’attentat ; mais l’ayant vu hésiter à la proposition du duel, il le traita de peureux et renonça à l’informer des préparatifs : « – Ainsi vous lui avez proposé de vous servir de témoin dans un duel. – Oui, monsieur. – Avec qui ce duel devait-il avoir lieu ? – Je n’ose pas aller en avant avec personne, c’est une idée qui m’a pris comme cela. J’ai toujours évité les duels [parce que sûr de les gagner N.D.A.] autant que possible et surtout celui-là parce qu’il n’y en avait pas. A dire vrai, j’avais quelque envie de lui confier mon affaire, peut-être pour m’en détourner. Sa figure trop jeune m’en a empêché et puis, je ne le connaissais pas à fond. Il y avait deux ans que je ne l’avais vu, quand il est venu demeurer rue Meslay, et je l’ai rencontré que par hasard. Auparavant je ne l’avais vu que sept ou huit fois [...]. J’explique cela parce que Sorba était mon compatriote. » Interrogé, et comme il était sorti avec Fieschi, le matin de l’attentat, de six heures à dix heures, la justice lui demanda ce qu’ils avaient fait ensemble tout ce temps. Sorba répondit : « Dieu veuille qu’il m’eût confié cette chose-là, j’aurais rendu un grand service à l’humanité et j’aurai fait mon bonheur ! J’ai trop de raison pour écouter une semblable proposition. » Il dit qu’ils avaient juste bu ensemble, Fieschi un canon et lui un sou de cassis, au marchand de vin au coin de la rue Charlot. Il fut remis en liberté. Il demeurait 12, rue des Colonnes en 1831 ; 22, rue Meslay (quatre pièces au rez-de-chaussée) en 1835. Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs, volume 1, Paris, 1836, p. 313 et 314, volume 2, interrogatoire Daurat p. 224 à 228, interrogatoire Fieschi du 21 août 1835 ; Procès de Fieschi et de ses complices, chez A. E. Bourdin, Paris 1836, dont volume 2 page 76 ; Archives nationales CC 679 dossier Sorba, CC 697 pièce 24.

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