Soret, Jean-Baptiste, Germain
Biographie
Né le 22 mai 1788 à Poissy (Seine-et-Oise), fils de Soret, Pierre et de Guillemet, Marie, Geneviève. Ancien militaire, devenu compagnon serrurier. Il combattit longtemps, le 29 juillet, contre des détachements de la garde royale, avant d’être blessé d’un coup de feu à la cuisse et de plusieurs coups de crosse de fusil à la poitrine et sur les bras. Il fut soigné jusqu’au 22 août à l’Hôtel-Dieu pour deux épanchements sanguins, l’un à la fesse droite et l’autre au bras droit. Marié et père de deux (dix, mais par erreur sur les listes du Constitutionnel) enfants, il reçut deux secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « Le jury n’a pas pu statuer sur M. Soret, qui était complètement ivre. » Sachant lire et écrire correctement mais avançant avoir oublié son état de serrurier durant son service militaire, il sollicita une place de portier dans une des maisons nationales ou royales et de garde forestier. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Entré à l’Hôtel-Dieu , le 6 janvier 1831, il mourut d’une pneumonie du côté droit, le 29 janvier suivant. La Commission des récompenses nationales rejeta toute demande de pension, la mort de Soret n’étant pas due aux blessures qu’il avait reçues en juillet 1830 mais, selon son appréciation, « d’une pneumonie au côté droit ». Le 25 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, étaient comparus : Coudouin, Jean, maçon, demeurant 9, rue de la Sonnerie ; Dufour, Louis, coiffeur, demeurant 20, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Lamel, Jacques (voir ce nom), cordonnier, demeurant 6, rue de la Sonnerie. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Soret, Jean-Baptiste, Germain « et savoir que ce dernier, après s’être battu assez longtemps le jeudi 29 juillet dernier contre des détachements de l’ex-garde royale, reçut un coup de feu dans la cuisse et plusieurs coups de crosses de fusil sur la poitrine et sur les bras ; que dans cet état il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est mort, le 29 janvier dernier, des suites de ses blessures ». Il laissait une veuve, Clerambour, Marie, Victoire, née le 18 décembre 1781 (bien le 18 décembre 1781 dans son acte de mariage ; mais le 25 décembre 1780 sur le livre des indigents in Archives nationales F/9/1156) à Poissy (attention il y a une veuve Soret, Marie, Victoire un peu plus loin qui reçut une indemnité définitive mais comme blessée de 1re classe...), qu’il avait épousée le 5 décembre 1812 à Poissy ; sur l’acte de mariage, Soret, Jean-Baptiste, Germain est indiqué comme fils de feu Soret, Pierre, décédé le 29 nivôse an III, et de Guillemet, Marie, Geneviève, couturière, sa veuve, demeurant 293, place de l’Eglise à Poissy ; Clerambour, Marie, Victoire est indiquée comme étant la fille de Clerambour, Henry, Charles, Lazare, ancien cordonnier, demeurant 314, rue au Pain à Poissy, et de feue Lenoir, Marie-Louise, Cécile, dédédée le 10 janvier 1789, comme étant fruitière et comme demeurant 314, rue au Pain à Poissy. Il laissait deux enfants, Germain, Henry, né le 7 septembre 1813 à Poissy, et Charles, François, né le 22 novembre 1824 à Poissy. La veuve (sous le nom de Clerambourg) reçut, après la révolution, trois cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. La médaille et le brevet de Soret furent délivrés à sa veuve, le 17 septembre 1831. En 1835, la veuve Soret, portière au 73, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, aux gages de quatre-vingt-dix francs par an, et tenant en même temps un petit commerce de vieille ferraille, reçut un secours de cinquante francs ; les renseignements de police précisaient sur son compte : « A deux enfants à sa charge et n’a pour moyen d’existence que le peu qu’elle gagne en vendant de la ferraille sur pont au Change. […] Elle est dans une position extrêmement gênée. Sa conduite est exempte de reproche. » Ajoutant : « On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Elle reçut un nouveau secours de cinquante francs en 1836, puis de soixante francs en août 1838, avant de mourir à la fin de l’année. En décembre 1839, Germain sollicita un secours : il était père de famille et élevait son jeune frère ; le secours lui fut refusé, rien n’étant prévu pour les enfants de décorés. Il sollicita de nouveau un secours en 1846 ; il était alors marié, père d’un enfant, bien famé sous tous les rapports, selon la police, qui ajoutait sur son compte : « Il est malheureux et digne d’intérêt. » Le secours fut encore refusé. Soret, Jean-Baptiste, Germain avait un frère : Pierre, né vers 1774, instituteur. Soret demeurait 260, place de l’Abre-du-Bourg à Poissy en 1813-1824 ; 9, rue de la Sonnerie en 1830-1831 ; la veuve, 73, rue Saint-Germain-l’Auxerrois de 1836 à 1838 ; Germain Soret, 5, rue des Orfèvres en 1839 ; 73, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1846. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156.