Spiquel
Biographie
Portier au 9, rue Traverse dans le faubourg Saint-Germain près de la caserne des Suisses de la rue de Babylone. Le 23 novembre 1830, il adressa la lettre suivante au préfet de police : « Ma femme et moi nous avons fait tous nos efforts en toute circonstance pour mériter l’estime, la confiance et la bienveillance des personnes recommandables. C’est sous ces rapports que nous nous permettons de nous recommander à vos bontés pour une place dans les éclairages. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs apostilles et signatures. La première apostille, ainsi rédigée : « Personne plus que M. et Mme Spiquel méritent d’obtenir des récompenses ; ils se sont exposés plus que d’autres pour retirer d’embarras les braves blessés qui se sont sacrifiés pour la bonne cause ; je ne pourrai jamais assez les recommander aux bontés et à la bienveillance de M. le préfet. » Signé : Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), « pensionné du gouvernement et frère du général Matis commandant le département du Pas-de-Calais », demeurant 9, rue Traverse dans le faubourg Saint-Germain ; puis cette autre apostille du même : « Pour rendre hommage à la vérité, il est intéressant de dire que Mme Spiquel a eu le courage, au péril de sa vie, d’ouvrir la porte cochère du n° 9 de la rue Traverse pour tirer d’embarras près de deux cents braves qui se trouvaient sous le feu des Suisses et que son mari avec mon fils sont arrivés de suite avec des échelles pour faire passer ces braves dans la rue des Broderies et les retirer du danger éminent où ils se trouvaient. » Suivaient les signatures de : Poinsard (voir Poinsard, Charles), maître menuisier, « blessé à la rue Traverse, étant impotent par suite de ses blessures », demeurant 29, rue de Bourgogne ; Daubin (voir Daubin, Jean-Baptiste), marbrier, demeurant 36, rue de Varennes ; Bonnard, demeurant rue Traverse ; Luchaire, H., fils, demeurant 9, rue Traverse ; de Marande (voir Muller, Marie, Marguerite, veuve de Marande), « pensionnaire du gouvernement », demeurant 9, rue Traverse. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « J’atteste que le portier de Mme de Marrande (sic) a donné tous ses soins aux blessés le 29 juillet. » Signé : Jaubert, Ferdinand (voir Jaubert, Pierre, Maurice, Ferdinand), élève de l’Ecole polytechnique, élève de l’Ecole polytechnique. Spiquel signa, le 10 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Servot, Edme, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Servot, sapeur-pompier, demeurant rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, s’est conduit d’une manière distinguée à la prise de la caserne de Babylone. Il a aidé à servir la pièce de canon qui était commandée par M. Joubert (voir Jaubert, Pierre, Maurice, Ferdinand), élève de l’Ecole polytechnique. M. Servot a failli être tué, il a reçu une balle à son casque, il mérite une récompense nationale. » Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Inérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » En 1832, il était garde national à la Xe légion. Il demeurait 9, rue Traverse en 1831 (in Archives de la préfecture de police AA 414, et in Archives de la préfecture de police AA 414 dossier Servot, Edme) ; 10, rue Traverse en 1832. Archives nationales F/1dIII/82, lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis ; Archives de la préfecture de police AA 414, idem in dossier Servot, Edme.