Springer, Georges, Jean

Biographie


Né le 17 mars 1797 à Rosenfeld (Wurtemberg). Cordonnier en chambre ou ouvrier bottier. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Je certifie que le jeudi 29 juillet 1830 j’ai vu le nommé Springer […] se diriger vers le Louvre, armé d’un fusil et que je l’ai vu déployer un courage et un dévouement digne d’éloges. » Signé, le 6 décembre 1830 : Stais, bottier, demeurant 37, rue Saint-German-l’Auxerrois. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, […] déclarons et attestons qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Jean, Georges Springer, […], a été l’un de ceux qui par son zèle et son dévouement a coopéré au succès des journées des 27, 28 et 29 juillet, ayant pris les armes pour faire face aux ennemis de la charte constitutionnelle. Que le 28 il s’est trouvé au nombre des défenseurs qui, sur la place des Victoires, ont eu a soutenir le feu très vif et très meurtrier des cuirassiers, gendarmes d’élite et lanciers commandés par le duc de Raguse, qui environnaient la Banque de France avec la troupe de ligne, qu’il a été l’un des soixante-dix hommes forcés de se retirer et bloqués dans l’intérieur de cet hôtel, qu’il y est resté environ cinq heures dans le plus grand péril et en est sorti pour aller se mettre en tirailleur. Que le 29 au matin, étant dans la rue de Richelieu, trois gardes royaux non armés se sont jetés sur lui pour le désarmer, l’un desquels l’a saisi par la redingote pour donner facilité aux autres, que ne pouvant leur résister seul, il s’est décidé à briser et mettre son fusil en pièces plutôt que de le leur donner, qu’ayant terrassé celui qui le tenait, les deux autres ont déchiré sa redingote en morceaux, que plusieurs bourgeois étant venus à son secours, ils ont pris la fuite ; que, de là, il a été successivement contribuer à la prise du Louvre et du Palais-Royal ainsi que des Tuileries et a été ensuite à la place de Grève, à la Bourse, faisant partie d’un détachement dont le capitaine était envoyé pour le commander par le général Lafayette ; qu’enfin il s’est trouvé en rang parmi les gardes nationaux qui ont fait le voyage de Rambouillet. » Signé, le 2 septembre 1830 : Warmont illisible, demeurant rue Bertin-Poirée ; Bourdonnay illisible, demeurant 55, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois ; Plessy ; Galienne, Louis, demeurant 3, rue de la Haumerie ; Bergunion, demeurant 12, rue Jean-Lépine ; Langlois, demeurant rue des Coquilles. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin, et son brevet le 13 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1834, suite à une demande de secours qu’il fit, la police rapportait sur son compte : « Le produit de son travail pourrait suffire à ses besoins, mais il passe pour paresseux et adonné à l’ivrognerie. Sa position malheureuse paraît être le résultat de son inconduite. Il doit une année de loyer. » En 1835, il sollicitait, dans ces termes : « Sans ouvrage depuis longtemps, ayant des difficultés pour me livrer au travail attendu la faiblesse de ma santé, je n’ai qu’à gémir sur ma pénible existence, privé souvent des premiers besoins, tous mes effets engagés au mont-de-piété et redevable de loyers. » La préfecture de police renseigna sur son compte : « […] Sans enfant, […] cordonnier. Sa femme est cuisinière ; l’un et l’autre ne manquent point d’ouvrage et on pense que ce qu’ils gagnent doit suffire à leurs besoins. Leur réputation est bonne. » En 1836, il sollicita de nouveau des secours : « Ma position depuis longtemps est bien critique et ce qui vient de mettre le comble à mes peines c’est une maladie que je viens d’éprouver et de laquelle je ne suis point encore rétabli. […] J’ai des connaissances dans ma partie, qui me mettraient à même de ne pas craindre sur mon avenir, si j’avais en ce moment quelques fonds. Chaque jour mon habileté se passe, ma vue faiblit et mon travail par moi-même se réduit au point que j’ai peine à exister ; trois ou quatre jours sans ouvrage je me trouve réduit de suite à une extrémité pénible. Quoique marié maintenant, si des circonstances malheureuses troublaient le bon ordre, je me rangerais encore au nombre de ceux qui combattraient pour le rétablir. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1837, la police donna sur son compte comme renseignements qu’il tenait une bonne conduite et manquait souvent d’ouvrage. Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. En 1839, toujours sans ouvrage, il sollicita de nouveau un secours et reçut vingt francs. Il demeurait 2, rue Bertin-Poirée en 1830-1831 ; 20, rue des Mauvaises-Paroles depuis de nombreuses années en 1834 ; 35, rue des Vieux-Augustins en 1835-1836 ; 5, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1837 ; 4, rue Choiseul en 1839. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Hebert ; Archives nationales F/1dIII/76.

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