Steinmetz, André

Biographie


Né le 23 mars 1785 à Haguenau (Bas-Rhin). Tisserand. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 10 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, au quai de la Cité, a transporté des blessés. Le 29, au désarmement de Lourcine eut un fusil, à Babylone. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 10 février 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Steinnetz, André), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En juillet 1848, n’ayant jamais participé aux distributions de secours ou de gratifications, ayant même ignoré qu’il y en avait, son travail ayant jusque-là toujours suffi à pourvoir aux besoins de sa famille, mais aujourd’hui sans occupation, réduit à la plus grande nécessité, il sollicita un secours. L’administration donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier gazier, né à Strasbourg (Bas-Rhin), âgé de soixante-trois ans, marié, ayant un enfant à sa charge, demeure depuis dix-huit mois rue de Gentilly n° 9, où il jouit d’une bonne réputation. Son âge avancé et le manque de travail l’ont mis dans une position voisine de la misère. » Il reçut, à titre de médaillé de Juillet, un secours de cinquante francs en 1849, en 1850, en 1851, en 1852, en 1853, en 1854, un secours de quarante francs en 1855. En 1856, « ancien sous-officier pendant quinze ans dans la XIIe légion de la garde nationale, élu par mes voisins quoique simple ouvrier, décoré de Juillet comme ayant contribué à maintenir l’ordre, mais depuis plusieurs années atteint d’une double hernie inguinale, jointe aux flux d’urine », ne pouvant plus travailler, il sollicitait un secours. Le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier gazier, marié, père de cinq enfants dont trois restent à sa charge, demeure et travaille depuis dix ans chez M. Sangouard, fabricant de châles, rue de Gentilly-Saint-Marcel, n° 9, où il gagne deux francs cinquante par jour. Il jouit d’une bonne réputation morale et paraît rester étranger à la politique. Atteint d’infirmités qui le mettent dans l’impossibilité de travailler, il se trouve souvent sans ressources et sa position est digne d’intérêt. Le sieur Steinmetz est médaillé de juillet 1830. Il n’a pas d’antécédents judiciaires. » Il reçut un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859 et mourut cette année-là. En juin 1860, la préfecture de police donnait les renseignements suivants sur la veuve : « La dame Steinmetz, âgée de soixante-six ans, […] est veuve depuis huit mois et incapable , à cause de son âge, de se livrer à une occupation lucrative. Elle est à la charge d’une de ses filles, ouvrière en couture, laquelle prend également soin d’une de ses petites-filles, âgée de deux ans et restée orpheline. La dame Steinmetz jouit d’une excellente réputation et paraît digne d’intérêt. Son mari, qui était décoré de Juillet, recevait, dit-elle, depuis à peu près dix ans, un secours annuel de cinquante francs. » Elle reçut un secours de trente francs en 1860. En 1861, elle sollicitait un nouveau secours : « […] Depuis dix-huit mois que j’ai perdu mon mari, j’ai eu tant de peines. J’ai perdu aussi une de mes filles, que j’avais gardée dix mois malade et qui m’a laissé sa petite fille à ma charge […]. » Elle reçut un secours de trente francs en 1861. En 1862, elle sollicitait un nouveau secours, expliquant de nouveaux malheurs : « « […] Je suis toujours malade. Je suis à la charge de ma fille, dont le travail n’est pas très lucratif et puis nous élevons un enfant, sa mère, qui était ma fille, nous l’avons gardée dix mois malade de la poitrine ; à peine le bon dieu l’avait-il appelée à lui qu’une autre de mes filles, atteinte de la même maladie, nous a resté sur nos bras pendant un an ; il y a huit jours, nous l’avons perdue […]. » Elle reçut un secours de trente francs en 1862, un secours de trente francs en 1863, un secours de trente francs en 1864. Il demeurait 27, rue des Bourguignons en 1831 ; 1, rue de Gentilly en 1848-1849 ; 9, petite-rue de Gentilly-Saint-Marcel en 1849-1859 ; sa veuve, 9, rue de Gentilly aux Gobelins en 1860-1862 ; 294, rue Mouffetard en 1863 ; 72, rue des Fossés-Saint-Marcel en face des Gobelins en 1864. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 10 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 10 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/3796-3797 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, minute 26 et suivantes, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.

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