Stéphan, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 4 juin 1784 à Berg-Kaupten (duché de Bade), naturalisé français par ordonnance en date du 7 août 1816. Ancien militaire, détenu politique en 1815, chasseur de la garde nationale en 1815, dont il faisait le service avec « zèle et exactitude » selon un certificat délivré par son capitaine, devenu marchand d’habits et brocanteur en 1830. Il fut blessé d’un coup de crosse de fusil reçu au thorax, qui lui provoqua une forte contusion, qui l’obligea à rester, selon un certificat médical délivré le 28 octobre 1830 par l’Hôtel-Dieu, en soins dans cet hôpital, du mois d’août au mois d’octobre, et dont il sortit le 28 octobre, non encore entièrement guéri. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants du (ancien) Ve arrondissement de Paris, faisant partie de la garde nationale, certifions et déclarons qu’il est à notre connaissance que le sieur Jean-Baptiste Stéphan, marchand d’habits, brocanteur patenté, père de trois enfants, fusilier à la 2e compagnie du 4e bataillon et demeurant à Paris, rue de Bondy n° 82, a donné dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier les marques du plus grand dévouement pour la cause de la liberté et que notamment la journée du 28, se trouvant comme combattant à la porte Saint-Martin, au moment où les bourgeois armés étaient aux prises avec la garde royale, il reçut un coup de crosse dans la poitrine, dont les suites ont nécessité un séjour d’un mois à l’Hôtel-Dieu à Paris, où malgré les soins qui lui ont été prodigués il est resté quatre mois sans travailler. » Signé, le 12 décembre 1830 : Bossu ; Benoit ; Cotigny ; Baudry ; Peignard ; Lavy ; Vallée ; Degand ; Chabun ; Foulbœuf ; Poullet. Le 18 décembre 1830, il adressait la lettre suivant au maire du (ancien) Ve arrondissement : « Jean-Baptiste Stephan, marchand d’habits brocanteur, demeurant à Paris, rue de Bondy n° 82, de la 2e compagnie de chasseurs 4e bataillon, a l’honneur de vous exposer qu’au premier signal des événements qui se sont passés les 27, 28 et 29 juillet dernier, il a été un des premiers à se réunir aux anciens gardes nationaux de l’arrondissement pour concourir à la défense de nos libertés et au maintien de l’ordre public. Accompagné de son fils, il s’est porté jour et nuit partout où son devoir l’appelait, bravant les plus grands dangers, sans quitter son service ; ce zèle ne s’est même pas démenti lorsque dans la journée du 28 au moment où la bourgeoisie était aux prises avec la garde royale, il reçut dans la précipitation de l’action au milieu de la poitrine un coup de crosse de fusil, qui lui fit perdre connaissance. Revenu à lui et quoique très souffrant, il n’en a pas moins été sous les armes les quatre jours suivants. Cependant le 2 août le sieur Stéphan ne put supporter plus longtemps le mal qu’il éprouvait dans la poitrine ; il s’alita et fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est resté jusqu’au mois d’octobre. Revenu chez lui, quoique n’étant pas encore guéri, sa positon lui a occasionné une interruption de travail jusqu’à ce jour. Dans cet état de choses, M. le maire, le sieur Stéphan, père de trois enfants à sa charge, vient réclamer de votre justice une indemnité qui puisse le dédommager d’un temps qu’il a sacrifié et qui lui était si nécessaire pour faire subsister sa nombreuse famille. S’il n’a pas fait plus tôt cette réclamation c’est que sa maladie ayant été longue, il est resté étranger aux démarches prescrites par des avertissements antérieurs. Vous êtes, M. le maire, l’organe du gouvernement, par votre justice M. Stephan n’en partagera pas moins sa sollicitude envers ceux qui se sont dévoués à sa cause. » En 1832, sur l’attestation de Benoit, épicier, demeurant 74, rue de Bondy, et celle de Bossu, Charles, Marie, demeurant 82, rue de Bondy, il était indiqué comme exerçant l’état de brocanteur et que « par suite de circonstances fâcheuses, aggravées de l’état maladif de sa femme, il se trouve dans un état de gêne voisin de la misère ». Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 21 mars 1848, il adressait la lettre suivante à la Commission : « […] Une longue et douloureuse maladie (de neuf mois), provenant d’un coup de crosse de fusil de garde royal, que je reçus en combattant pour la liberté (dont je souffre toujours) ne me permit pas de pouvoir faire valoir mes droits en temps utile devant la Commission des récompenses nationales de 1830. Néanmoins, je dois dire qu’une pétition fut rédigée en ma faveur par un de mes camarades (dont j’ignore le nom), qui me la fit signer sur mon lit de douleurs ; elle fut déposée à la marie du (ancien- 5e arrondissement mais comme mon opinion républicaine était connue du maire, il ne fut donné aucune suite à ma demande. Quoiqu’il en soit je crois devoir en joindre ici copie parce qu’elle est revêtue de l’apostille du capitaine de ma compagnie. J’ose espérer, citoyen président, qu’après avoir examiné les six pièces ci-incluses que vous me jugerez digne d’avoir bien mérité une récompense honorifique. Je dois aussi signaler à votre sollicitude que dans la journée du 24 février 1848, je n’ai cessé d’encourager les citoyens en les aidant à faire les barricades, les assurant que la victoire était certaine et que la république était le vrai bonheur de la patrie […]. » Suivait l’apostille suivante d’O’Reilly (voir O’Reilly, Pierre, Jacques, Romain), demeurant 32, rue de Montholon : « Les sentiments patriotiques du citoyen Stephan me sont parfaitement connus. Je le recommande à la bienveillance du citoyen président de la Commission des récompenses nationales. » Il était recommandé par O’Reilly (voir O’Reilly, Pierre, Jacques, Romain), secrétaire général à la préfecture de police, qui par une lettre en date du 10 juin 1848, lui faisait savoir les faits suivants : « Je regrette autant que vous d’être privé du plaisir de vous voir mais j’ai trop de tourments et d’ennuis pour donner, même à un ami, le temps nécessaire pour m’entretenir de leurs affaires personnelles. Vos pièces sont à la Commission des récompenses nationales, siégeant aujourd’hui à l’Hôtel de ville et le citoyen E. Biètre est chargé de les examiner. Je suis donc tout à fait en dehors et je ne puis que vous exprimer le regret de ne pas avoir une action assez influente pour faire prévaloir des droits aussi légitimes que les vôtres. » Signé : O’Reilly. Stephan Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de gardien dans une des propriétés de la république. En 1848, il était indiqué comme rentier et était marié et père de trois enfants : son épouse née vers 1785 ; son fils né vers 1811 ; sa première fille née vers 1816 et la seconde née vers 1819. Il demeurait 82, rue de Bondy en 1830-1832 ; 55, chaussée Clignancourt (depuis le 1er octobre 1845, selon un certificat de notoriété établi par Frémont, propriétaire, demeurant 55, chaussée Clignancourt et de Pagnest, Jean-Marie, propriétaire, demeurant 21, rue de la Nation) en 1845-1848. Archives de la préfecture de police AA 414.

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