Sthurler, Jean, Henry
Biographie
Né le 5 juillet 1803 à Sedan (Ardennes). Tailleur d’habits (mais garçon limonadier en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39), ancien adjudant des Arts et métiers de Châlons-sur-Marne. Il reçut (sous le nom de Sthurler, Henri) un secours de cinquante francs, le 29 novembre 1830, un secours, définitif, de cinquante francs, le 15 janvier 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Collet, Fortuné (voir ce nom) dans l’exposé qu’il faisait de sa propre participation aux combats, avançait le nom de Sthurler, comme un de ceux qui pouvaient témoigner de sa conduite. Il sollicita un emploi de sergent de ville et est indiqué comme bon pour inspecteur sur l’état de candidats présentés par la Commission des récompenses nationales pour l’emploi de sergent de ville tenu par la préfecture de police. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet (pourtant il n’est pas dans Crapelet…). A une date non précisée (mais sans doute en 1835), il fit parvenir la lettre suivante au maire du (ancien) VIe arrondissement : « Sthurler, Henry, décoré et blessé de Juillet, a l’honneur de vous exposer que dans le temps où les gratifications se donnaient aux décorés, il était absent de la capitale comme convalescent pour sa blessure ; il n’a pu se présenter devant vous pour participer aux mêmes dons que ses collègues. Il ose donc se présenter de nouveau devant vous pour vous demander un conseil et, en même temps, un service ; ayant envie de contracter un lien de mariage, il vous prierait de vouloir le mettre sur les rangs des dotations faites à l’anniversaire de Juillet [il s’agissait des couples qui voulaient se marier et que la Ville de Paris, à raison d’un couple par arrondissement, dotait de trois mille francs, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, N.D.A.]. […] Sa conduite digne d’exemple vous mettra à même d’être satisfait de faire deux heureux de plus. Dans cette attente, etc. » Il était garçon de salle et demeurait 2, bd des Italiens. Il reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1849, comme il sollicitait des secours, la police donna sur son compte comme renseignements qu’il était ouvrier teinturier et ajoutait : « Sans ouvrage depuis longtemps, il se trouve dans une position malheureuse. On le représente comme ayant une conduite régulière. » Il reçut, pour 1849, un secours de cinquante francs, à titre de médaillé de Juillet. En 1854, il fut arrêté et soupçonné par le procureur de Sedan, de porter illégalement la décoration de Juillet. Il reçut pourtant pour cette année-là un secours de cinquante francs. En 1855, le préfet de la Marne rapportait à son sujet : « « […] Homme d’antécédents de mœurs et d’habitudes peu recommandables. Il est marié et a depuis longtemps abandonné sa femme. Sans domicile fixe, il est actuellement attaché à l’hôtel-Dieu [de Reims, N.D.A.] en qualité d’infirmier. Les religieuses sont assez satisfaites de ses services. Ses gages s’élèvent à deux cents francs par an, indépendamment de la nourriture, du blanchissage et des autres avantages inhérents à l’habitation d’un établissement hospitalier. » En 1859, le maire de la ville de Reims le recommandait à la bienveillance du ministre, précisant que la situation de Sthurler était tout à fait digne d’intérêt. En 1862, la police rapportait sur son compte : « Resté veuf avec un fils aujourd’hui sergent-major dans un bataillon de chasseurs à pied, […] ne peut, en raison d’un affaiblissement des organes de la vue, se livrer à une occupation lucrative et se trouve réduit, pour vivre, à implorer l’assistance de ses amis. La conduite du sieur Sthurler ne donne lieu à aucune remarque défavorable. » Il reçut, pour cette année-là, un secours de quarante francs. En 1863, il fut condamné à huit jours de prison pour mendicité et incarcéré au dépôt de Saint-Denis. Il lui fut accordé trente francs de secours pour sortir du dépôt et retourner à Sedan, son pays natal, puis un autre secours de trente francs. En 1864, le maire de la ville de Reims le décrivit comme « réduit à la plus profonde misère et à la charge du bureau de bienfaisance » ; lui-même se plaignait d’avoir « la vue presque éteinte » et sans pouvoir attendre de secours de ses deux enfants, le fils servant dans l’armée, et la fille « qui n’habite pas Sedan et dont les gains de travail suffisent à peine à ses propres besoins ». Il reçut, pour cette année-là, un secours de trente francs. En 1866, le préfet du Rhône appuya, dans ces termes, sa demande de secours : « Demeure depuis sept mois environ à Lyon, […]. Il est dans le plus grand dénuement et atteint de cécité presque complète, ce qui le met dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail ; à part quelques commissions qu’il fait pour son logeur, il n’a d’autres ressources que l’assistance publique. Le pétitionnaire […] n’a pu donner aucun motif sérieux pour justifier son départ de Sedan ; il prétend n’y avoir pas plus de ressources qu’à Lyon et être venu dans cette ville sans but réel. Il a un fils sergent-major au 3e régiment de turcos, qui ne peut lui venir en aide, et une fille âgée de vingt-huit ans qui habite Paris et avec laquelle il ne peut, dit-il, se résoudre à vivre, à cause de son inconduite. Le sieur Sthurler se trouvant dans une position digne d’intérêt et d’autre part sa conduite depuis qu’il est à Lyon n’ayant été l’objet d’aucune remarque défavorable je suis d’avis qu’il y a lieu de prendre sa demande en considération. » A la fin de l’année 1866, il était de retour à Sedan, et le maire de la ville rapportait sur son compte : « Ne possède absolument rien et […] est réduit à la plus profonde misère ; actuellement en traitement à l’hôpital de cette ville, dénué de toutes ressources et sans moyen d’existence, il a le plus grand besoin du secours qu’il sollicite. » Il reçut, pour l’année 1866, un secours de quarante francs et un autre de trente francs. En 1867, il était attaché au 10e cuirassiers, stationné à Beauvais à raison d’un franc par jour et la soupe ; il reçut deux secours de trente francs, deux secours identiques en 1868, en 1869 et en 1870. Il demeurait 33, bd Saint-Martin (mais 5, rue Montmartre in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1830-1831 ; 16, rue des Vinaigriers et rue du Faubourg-du-Temple en 1849 ; à Sedan en 1854 ; 21, rue Montoison à Reims en 1859 ; 72, avenue de Saint-Ouen aux Batignolles, à la maison Batut, une location de trente centimes par jour, en 1862 ; 2, rue Sainte-Elisabeth aux Batignolles en 1862-1863 ; au dépôt de Saint-Denis en 1863 ; rue des Voyards à Sedan en 1863-1864 ; 30, Grande-Rue Saint-Clair à Lyon (Rhône) en avril 1866 ; de nouveau à Sedan en novembre 1866 ; à Beauvais, quartier Saint-Jean, en 1867 ; 52, Grand-Rue aux Batignolles, chez M. Malassigné, en 1867 ; de nouveau à Sedan à la fin de l’année 1867 ; rue Blancpain, chez M. Crausse ou Grauss, doreur, à Sedan en 1868 ; à Rozoy-sur-Serre (Aisne) chez M. Gosset Leblanc en 1869 ; à l’hospice de Sedan en mars et à l’hôpital de Reims en juillet-octobre 1869 ; à l’hospice de Sedan en 1870. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Collet, Fortuné ; Archives nationales F/1dIII/33 nominations à des emplois civils (1831) et état de candidats présentés par la Commission des récompenses nationales pour l’emploi de sergent de ville ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74.