Stocklin, Clément
Biographie
Né le 20 janvier 1795. Il fut blessé au pied ou d’une balle à la cuisse droite, alors qu’il combattait à la caserne de Babylone, le 29 juillet, sous le commandement de Lafitte, de Toulouse, élève de l’Ecole polytechnique. Il ne fut, selon lui, ni secouru ni pensionné ni décoré et son dossier est apostillé Non inscrit sur le travail de la Commission des récompenses nationales. En 1842, « dans une position la plus malheureuse par faute de travaux et par la privation de son fils aîné qui est sous les drapeaux dans le 59e régiment de ligne, conscrit à la classe de 1839 », avançant son titre de combattant de Juillet, il sollicita un secours. Sa demande était apostillée par le maire du (ancien) XIIe arrondissement et par un député (au nom illisible). Il reçut un secours de quarante francs pour cette année-là. Vers 1840, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Stocklin […] manouvrier dans les carrières où il gagne un franc soixante-quinze par jour est souvent malade et n’est pas heureux. Sa femme prépare des bouchons pour les fabricants de volants mais ce travail n’est pas lucratif et n’a qu’un temps. La détresse est si grande chez eux que le meilleur de leurs effets est engagé au mont-de-piété. Stocklin, dont la conduite est excellente, a un fils sous les drapeaux. » En 1843, manquant de travail, sa femme malade, son fils au, « accablé de dettes », il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1845, le peu qu’il possédait étant au mont de piété, il sollicitait un secours et reçut quarante francs, puis un secours de quarante francs en 1847. En 1849, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Stocklin, Clément, âgé de soixante ans, marié, sans charges, demeure rue des Lyonnais, 20, au loyer annuel de soixante-dix francs. Encore bien qu’il occupe un emploi de cent francs par mois aux pompes funèbres et que sa femme soit fabricante de volants, il paie difficilement son loyer, à cause de ses habitudes d’intempérance. Ce ménage était inscrit au bureau de bienfaisance du (ancien) XIIe arrondissement mais il en a été rayé pour avoir trafiqué des bons de pain, qu’il recevait. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de blessé de Juillet. En 1851, « dans une position la plus malheureuse par faute d’emploi ni travaux depuis quatorze mois, ayant tout vendu tout engagé le peu qu’il possédait, ne sachant plus que devenir, devant trois termes loyer », il sollicitait un secours. L’administration donna sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Stocklin, journalier, marié et père d’un enfant à sa charge, est dans une position fort précaire. Sa conduite et sa moralité sont à l’abri du reproche. Ses opinions politiques sont celles du parti de l’ordre. Mérite la bienveillance du gouvernement. » Il reçut quarante francs. En 1852, les renseignements suivants étaient recueillis sur son compte : « Le nommé Stocklin père, Clément, rue des Lyonnais, 20, est un ivrogne qui ne mérite pas la bienveillance de l’administration. » En 1853, « réduit dans une position la plus malheureuse par faute d’emploi et de travaux, devant trois termes de son loyer », il sollicita un secours et reçut quarante francs, un secours de quarante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855. Le 11 février 1856, il adressa la lettre suivante au ministère (non précisé) : « A la fin du mois de novembre dernier, j’ai eu l’honneur d’adresser une demande à monsieur le ministre de l’Intérieur, comme combattant de juillet 1830, apostillé par M. Rouger, médecin du bureau de charité du (ancien) XIIe arrondissement, qui certifie que je suis attaqué de douleur sciatique, qui la plupart du temps me retient à la maison. J’ai toujours attendu jusqu’alors aucune réponse. Mais j’ai été éclairci. La semaine dernière, j’ai fait la rencontre du nommé Sutin (illisible), décoré de Juillet (à rechercher), qui était dans un état d’ivresse complet, qui m’a demandé si j’avais réponse de ma demande. Je lui ai dit que non. Il m’a répondu que je n’en n’aurai pas, vu qu’il a été vous trouver et qu’il m’a fait rayer, comme n’ayant pas besoin, vu que j’ai une place de commissionnaire au ministère des Finances et que je gagne bien ma vie. Monsieur, ma place n’est pas au ministère, elle est à la porte. Je n’ai que le peu que l’on me donne des portières que j’ouvre au public, comme il y en a un au ministère de l’Intérieur ; il y a des journées que je ne gagne pas quinze sous par jour. D’ailleurs il y a des gens qui gagnent douze cents francs par an et qui reçoivent de même les secours. Le dénonciateur en faux est un peintre doreur qui gagne sept et huit francs par jour. Il en a moins besoin que d’autres et est réduit dans un garni où il dort. Il y a quatre ans, il est venu me trouver pour que je lui fasse louer une chambre. Il n’avait rien à y mettre et l’on voulait qu’il paye au moins un demi-terme et il ne le pouvait pas. Par rapport à moi on l’a reçu, il y a resté un an et il a déménagé sans rien payer. La nuit même ou le jour il avait reçu un secours de soixante francs du ministère. Il a été demeuré rue de Montreuil, où il en fait de même. C’est un mange-tout et un homme de rien. Pour être reçu à stationner à la porte du ministère, il a fallu que je prouve qui j’étais, tant au ministère et à la police de ma conduite et de ma moralité. Monsieur, vous connaissant, homme d’honneur, bon et juste, je me recommande à vos bontés pour faire faire droit à ma demande dans la position où je me trouve auprès de M. le ministre. » Il reçut un secours de quarante francs en 1856. En 1857, « dans une position malheureuse faute de pouvoir travailler par des douleurs sciatiques incurables » qui l’empêchaient de porter des charges lourdes », il sollicitait un secours. L’administration donna sur son compte les renseignements suivants : « Le nommé Stocklin est commissionnaire. Il se tient à la porte du ministère des Finances, il ouvre les portières et peut gagner trois francs par jour. Il est âgé de soixante et un ans, marié, n’a pas d’enfants, sa femme fait des volants pour raquettes, elle gagne soixante-quinze centimes par jour. Stocklin se dit blessé de juillet 1830, il n’a aucune pièce qui puisse prouver ce qu’il avance, il dit qu’elles sont toutes à son dossier au ministère de l’Intérieur. Depuis deux ans, il demeure rue des Lyonnais n° 17, un logement de cent francs par an, il est redevable de trente-cinq francs à son propriétaire ; il a demeuré plusieurs années au n° 20 de la même rue, à l’un et à l’autre domicile, les renseignements recueillis sur son compte lui sont très favorables. Stocklin a servi plusieurs années sous l’Empire, il se plaint de douleurs qui l’empêchent quelquefois de travailler mais cela lui arrive rarement. L’intérieur est très propre et annonce des gens qui ne sont pas dans le besoin, n’ayant aucune charge et travaillant continuellement. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858. Il mourut le 26 décembre 1858 d’une apoplexie foudroyante. Sa veuve, Moetelay, Julie, âgée de cinquante-cinq ans, née à Caen (Calvado), « dans une grande misère », arriérée dans le paiement de ses loyers, sollicita un secours et obtint vingt francs en 1858. En 1859, à la suite d’une nouvelle demande de secours, on donnait les renseignements suivants la concernant : « La femme Stoklin confectionne des volants et ne gagne, dit-elle, que quinze sous par jour ; mais le propriétaire de son domicile antérieur prétend qu’elle gagne vingt francs par semaine, ce qui me paraît plus vrai car elle occupe chez elle trois ouvrières. Elle s’est mariée en 1837, son mari, décédé en janvier de cette année à l’âge de soixante-quatre ans, était commissionnaire médaillé, non pas attaché au ministère des Finances mais placé dans la rue qui longe cette administration. Elle dit qu’il a servi dans la garde impériale, n’a aucun titre qui le prouve et n’est pas disposée à s’en procurer. Elle dit aussi qu’il a été blessé dans les journées de juillet 1830 mais ne possède non plus aucune preuve à l’appui, dit d’abord avoir touché déjà des secours au ministère mais, pressée de questions contradictoires, elle finit par dire que c’est ailleurs ; elle passe pour avoir l’habitude d’en demander partout. N’a pas d’enfant. Cent quarante francs de loyer, n’est pas à l’indigence, doit un terme, habite son domicile actuel depuis quatre ans, était avant même rue n° 20, est très mal famée dans son quartier, a l’habitude de l’ivrognerie, elle était ivre quand je la vis : ce défaut m’a été confirmé par ses deux propriétaires, elle est redoutée dans son voisinage, passant pour dangereuse dans ses moments d’ivresse. » Sa demande de secours fut en conséquence refusée. Stocklin demeurait 20, rue des Lyonnais, un logement au loyer annuel de soixante-dix francs, en 1842-1854 ; 17, rue des Lyonnais en 1856-1858 ; sa veuve toujours 17, rue des Lyonnais en 1859. Archives nationales F/15/3796-3797 secours à divers titres, Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, minute 179-180, en date du 3 mai 1851, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.