Storder, Julien, Théodore

Biographie


Né le 7 juillet 1800 à Douai (Nord), fils d’un ancien receveur du timbre dans le Nord décédé en 1815 après vingt-huit années de services. Il travailla pendant cinq ans (sans doute de 1823 à 1828) comme commis à la rédaction à l’administration de l’Enregistrement et des Domaines du département du Nord. Il reçut un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] J’espère que le règne des injustices étant maintenant terminé, le gouvernement actuel réparera les vexations de l’ancien, et viens avec confiance réclamer vos bontés. Fils d’un ancien receveur du timbre extraordinaire du département du Nord, décédé en 1815 après vingt-huit années de service consécutif, je crus, en suivant la carrière de mon père, obtenir tôt ou tard la récompense due à ses nombreux services ; dans cette persuasion, je suivis cette partie. A l’époque des élections de 1824, je fus chargé par le comte de Murat, alors préfet du Nord et M. Bovet, directeur de l’Enregistrement de transmettre confidentiellement aux employés une copie de la circulaire ministérielle, leur enjoignant l’ordre de forcer les électeurs à voter contre leur conscience, sous peine de destitution. Indigné de cette manœuvre frauduleuse, je la fis connaître, ce qui fut cause que depuis cette époque je fus regardé indigne d’être employé par le gouvernement et perdis donc huit années de travail à la comptabilité de la direction de l’Enregistrement. Mon patriotisme trop connu m’a empêché d’obtenir une place du gouvernement. J’espère qu’aujourd’hui, Monsieur, vous daignerez prendre en considération les services rendus par mon père ainsi que les miens tant dans ces mémorables journées qu’à l’Enregistrement et que vous daignerez m’appeler aux fonctions de garde-magasin des effets militaires ou tout autre emploi dont vous me croirez digne. Je ne vous cache point que j’entrerais volontiers avec un grade dans la garde municipale, le maniement des armes ne m’étant pas étranger, étant sorti en 1815 d’un lycée militaire. Si les faits ci-dessus énoncés ne suffisent pas pour fixer sur moi votre bienveillant intérêt, permettez-moi d’y joindre les services rendus à la France et au commerce par toute ma famille. Le chevalier Le Roy, mon oncle, est au service depuis de nombreuses années, aujourd’hui il commande la gendarmerie des colonies. Le chevalier Masclet, ancien consul général de France, a rendu de très grands services au commerce. Je compte donc, Monsieur, sur vos bontés pour peser dans votre bonté ma conduite, mes services et ceux rendus par toute ma famille et je ne doute pas que vous me rendiez justice. En le faisant, vous rendrez l’existence à un malheureux père de famille sans fortune, se trouvant depuis 1824 à la charge de ses parents. » Il joignait à sa lettre les certificats suivants. Le premier : « Je, soussigné, déclare que le sieur Storder s’est trouvé, le mardi 27 juillet, au commencement des troubles rue Saint-Honoré et que d’après ses conseils les ouvriers rassemblés en cet endroit se sont emparé des armes de deux armuriers et que de là, il s’est rendu (toujours à la tête des ouvriers) rue Saint-Antoine afin de se procurer les munitions dont les susdits ouvriers manquaient. Une charge de cuirassiers ayant eu lieu rue Saint-Antoine vers 4 heures de l’après-dîner, j’aperçus le sieur Storder engagé dans un groupe de cuirassiers et fus assez heureux pour le retirer de là et lui sauver la vie. » Signé, le 4 octobre 1830 : Vallot, Narcisse (voir Vallot, Narcisse, Etienne), tailleur sur cristaux, demeurant 78, rue de Bondy. Le deuxième : Je déclare avoir vu, dans la journée du 28 juillet, M. Julien Storder armé et s’aidant de tous ses moyens à maintenir l’ordre et repousser les troupes royales ; il avait une blessure peu dangereuse à la jambe. » Signé : Pradier, membre de l’Institut. Le troisième : « Je certifie que le nommé Julien Storder est entré chez moi le jeudi 29 juillet à 3 heures et demie. Après y avoir fait sortir les militaires qui s’y trouvaient, il est resté afin de veiller au bon ordre ; grâce à sa surveillance, j’ai trouvé tout en place. » Signé le 5 août 1830 : Wiart, demeurant rue Saint-Honoré près la place du Palais-Royal. Le quatrième, une lettre qui le recommandait auprès de Georges Lafayette : « Le chevalier Masclet, consul général de France, en retraite, certifie qu’il est à sa connaissance que le sieur Storder, fils d’un ancien receveur du timbre à Lille, a été employé pendant huit ans dans la régie de l’Enregistrement et des Domaines, qu’il a été mis en réquisition, avec d’autres employés, aspirant comme lui à être mis en activité, par M. le comte Murat, alors préfet du Nord, pour copier une circulaire ayant pour objet d’influencer les élections de 1824 ; que, sur son refus de se prêter à cette infâme manœuvre, il lui a été déclaré par le préfet qu’il n’aurait jamais d’avancement et qu’il ne serait placé nulle part ; qu’il a même été menacé par lui de la prison s’il révélait le secret de cette circulaire clandestine ; que le sieur Storder, ainsi puni de sa délicatesse et de son patriotisme, s’est vu forcer de quitter sa ville natale pour venir chercher un emploi à Paris. Certifie que ce jeune homme s’est distingué par son zèle et son courage dans les combats de la grande semaine et mérite tout l’intérêt de l’administration. » Signé, le 4 octobre 1830 : Masclet, demeurant 3 bis, rue d’Assas. Storder proposa aussi un modèle d’insigne de la décoration de Juillet à la Commission des récompenses nationales. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, il était soldat au 19e de ligne, 2e bataillon, 3e compagnie. Il demeurait à Lille (Nord) en 1826-1828 ; 11, rue Thérèse chez M. Leroi en 1830 (mais aussi 9, rue Notre-dame-des-Victoires dans un certificat délivré en août 1830 par Niart in Archives de Paris VD6 173 n° 1). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.

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