Strebel, Charles

Biographie


Né le 12 pluviôse an VIII (22 janvier 1800 dans son acte de mariage ; ou 20 février 1798 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et aussi in Archives nationales F/1dIII/36 ; en 1799 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Alzey ou Dalzé (grand duché de Hesse-Darmstadt), fils de Strebel, Pierre, journalier, et de Hattemer, Regina, son épouse. Ancien militaire, établi marchand des quatre-saisons. Il se battait, le 28 juillet entre midi et 13 heures au coin de la rue de la Cossonnerie en face des piliers d’étain, quand il fut blessé d’un coup de baïonnette au bras gauche. Il fut soigné par le docteur Delanglard à l’ambulance de la rue des Pyramides, qui délivra, le 2 octobre 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, Edouard Delanglard (voir Delanglard, Marie, Edouard), docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin de l’ambulance de la rue des Pyramides, demeurant rue Saint-Honoré n° 320, certifie avoir donné mes soins tant à l’ambulance que depuis son évacuation au sieur Strebel, Charles, demeurant rue des Francs-Bourgeois n° 19 au Marais, pour un coup de baïonnette, reçu le 28 juillet à la région du coude du bras gauche. Cette blessure a atteint l’os de l’olécrane, en sorte que la guérison a dû en être nécessairement plus longue. Le malade ne peut encore exécuter de mouvements de ce membre qu’avec beaucoup de douleurs et de difficultés. Il sera encore assez longtemps sans pouvoir se servir de ce membre. » Le certificat médical suivant, à en-tête du cabinet de chirurgie du 8, rue des Trois-Pavillons au Marais, en date du 12 août 1830, constatait aussi la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, Jean-François Courhaut, ancien chirurgien-major des vaisseaux, chef d’ambulance dans les campagnes d’Egypte et Saint-Domingue et chirurgien en chef d’hospices civils et militaires, auteur du Traité de l’ergot, etc., certifie à qui de droit que le sieur Charles Strebel, ancien militaire, père de famille de deux enfants en bas âge, domicilié rue des Francs-Bourgeois n° 19, où il exerce la profession de marchand des quatre-saisons, s’est présenté le 8 courant après avoir reçu des premiers secours pour un coup de baïonnette qu’il a reçu le 28 juillet dans l’affaire du marché des Innocents, sur l’olécrane du cubitus gauche, duquel coup, malgré les soins de l’art il était résulté illisible et tuméfaction de l’avant-bras. Aujourd’hui ces accidents ont cessé et la plaie tend à cicatriser. » Enfin, le 3 octobre 1830, le docteur Delvincourt, demeurant 79, rue Saint-Louis au Marais, délivrait le certificat suivant : « La blessure que le sieur Strebel, Charles porte à la partie postérieure de l’articulation du bras gauche (résultat d’un coup de baïonnette) pourra encore exiger un laps de temps plus ou moins long pour sa guérison complète. En conséquence, nous prions M. le maire du ancien) VIIe arrondissement de lui accorder le nécessaire jusqu’à parfait rétablissement. Le sieur Strebel devra se faire visiter de nouveau par nous dans une quinzaine de jours. » Il reçut un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, après la révolution, un total de deux cent soixante-quatre francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, François Ramelet, marchand de vin, demeurant sous les piliers des poteries d’étain, Lambert, Joseph, Laurent, aubergiste, même maison, n° 26, certifions que nous avons vu, le 28 juillet dernier, le nommé Charles Strebel, depuis midi jusqu’à 1 heure à notre connaissance, combattant avec courage dans notre présence pour la défense de la liberté et de notre patrie héroïque. » Signé, le 20 décembre 1830 : Ramelet, François, marchand de vin, demeurant rue des Piliers-aux-Poteries-d’Etain ; Laurent, Lambert, Joseph, aubergiste, demeurant 26, rue des Piliers-aux-Poteries-d’Etain. Le 5 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Vigreux, Louis, Auguste, porteur à la halle et aux marchés, demeurant 9, rue de la Ferronnerie ; Lemaire, Louis, Laurent, professeur, demeurant 193, rue Saint-Martin ; Leclère, Jacques (il semble signer Leclerre), cordonnier, demeurant 45, rue Saint-Antoine. Ils attestèrent parfaitement connaître Strebel, Charles et « savoir que le mercredi 28 juillet dernier, entre midi et 1 heure, il se battait au coin de la rue de la Cossonnerie, en face des Piliers-d’Etain, et y fut blessé d’un coup de baïonnette à la face interne de l’articulation du bras avec l’avant-bras ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 22 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche au coude du côté gauche, sur l’olécrâne, cicatrisée sans difformité, sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement rangé dans la première classe de la deuxième catégorie des blessés. Il reçut (sous le nom de Sterbel, Charles), à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il avait épousé, le 29 janvier 1827 à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement de Paris, Sautereau Anne, née au hameau d’Avillion commune de Mailly-la-Ville (Yonne), le 8 prairial an VII (27 mai 1797), ouvrière en casquettes ; sur l’acte de mariage, Strebel, Charles est indiqué comme le fils de feu Strebel, Pierre et de feue Hattemer, Regina ; Sautereau Anne est indiquée comme la fille de Sautereau, Martinien, cultivateur, et de feue Petit, Nathalie, décédée le 15 avril 1810 au hameau d’Avillion commune de Nailly-la-Ville. Il avait deux enfants, Joséphine, Joachime, née le 7 décembre 1827 à Paris, et Etienne, Alexandre, né le 19 juin 1830 à Paris. En 1834, ayant trois enfants à charge plus une orpheline, dont le père était disparu depuis la révolution de Juillet, il sollicita un secours. En 1835, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Effectivement père de trois enfants en bas âge, mais la jeune orpheline qu’il avait recueillie n’est plus à sa charge ; néanmoins sa position est loin d’être heureuse. Il est marchand des quatre-saisons et le peu qu’il gagne lui suffit à peine pour nourrir sa famille. On dit du bien de cet homme sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1835, de soixante francs en 1836. En 1837, les mêmes sources administratives rapportaient une nouvelle fois qu’on faisait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. Il reçut un secours de cinquante francs pour cette année-là, et de trente francs en 1839. Il mourut en 1839 d’un coup de sang. Sa veuve, laissée seule avec trois enfants dont l’aîné n’avait que neuf ans, « sans fortune ni famille qui puisse l’aider, […] sans état, en arrière de deux termes et le courant, [manquant] de tout aux approches des exigences de l’hiver », sollicita un secours et obtint trente francs. En 1841, elle était inscrite au bureau des indigents ; les renseignements pris sur elle la présentaient comme une « femme très recommandable, estimée de tous ceux qui la connaissaient et véritablement digne de l’intérêt des honnêtes gens ». Elle toucha un secours de quarante francs en 1841. En 1842, elle n’avait, selon un rapport de police, « d’autre état que de vendre dans les rues des quatre-saisons, lorsqu’elle peut se procurer des marchandises » et elle jouissait d’une « bonne réputation sous tous les rapports ». Elle toucha un secours de vingt-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de quarante francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de quarante francs en 1846, en 1847 et en 1849. En 1850, la police rapportait sur son compte qu’elle était toujours inscrite au bureau des indigents « son métier de marchande des quatre-saisons lui rapportant à peine de quoi vivre », ajoutant : « Elle doit encore quelque chose au principal locataire de la maison qu’elle habite et cependant celui-ci la conserve, cette femme payant par petits acomptes et ayant une bonne réputation. Elle est inconnue aux sommiers judiciaires. » Elle toucha un secours de quarante francs en 1850, en 1851 et en 1852. En 1853, elle était « digne d’intérêt », selon les mêmes sources administratives. Strebel demeurait 21, rue Saint-Avoye puis 7, rue Grenetat en 1827 ; 19, rue des Francs-Bourgeois en 1830-1831 ; 2, rue Percée-Saint-Antoine de 1834 à 1842 ; sa veuve 37, rue Saint-Paul en 1842 et 1843 ; 13, rue des Jardins-Saint-Paul de 1843 à 1850 ; 17, rue des Jardins-Saint-Paul de 1851 à 1854. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 45 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 50 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 77 (sous le nom de Sterbel, Charles) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 14-15 état des blessés non classés et de la 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.

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