Surain, Jean-Jacques

Biographie


Né vers 1793. Appelé par le tirage de la circonscription de 1814, le 1er février 1813, engagé le 29 mars 1813 dans le bataillon de train des équipages, libéré par congé de réforme le 21 juin 1814, il participa à la campagne de France en 1814. Il était employé au Comptoir d’escompte des entrepreneurs du bâtiment depuis 1826. Il fut blessé, dans la journée du 29 juillet vers 8 heures du soir (tout est depuis longtemps terminé, N.D.A.) sur le boulevard Blanche, par la chute d’un arbre, alors qu’il travaillait à la construction des barricades. Il relatait ainsi les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « […] Ce jour, vers 8 heures du soir, après s’être livré, comme sergent du poste de la barrière Blanche, aux tranchées et dépavage pour former des barricades nécessaires aux approches de chaque barrière mais, au moment où il finissait de fermer le passage du boulevard Pigalle par un abattis d’arbres, un très gros orme, que l’on sciait à cet effet, gagna de vitesse les travailleurs et vint s’abattre au milieu de la chaussée sur le pétitionnaire. Ses camarades eurent beaucoup de peine à le retirer et furent obligés de le transporter à quatre chez lui […]. » Il resta alité durant vingt et un jours et ne reprit ses occupations que le 20 août. Le 30 juillet, il fit confectionner chez lui, près du lit dans lequel il se reposait le drapeau tricolore qui fut arboré sur la barrière Blanche. Il était alors sergent, de garde au poste de la barrière, et, selon une attestation de la mairie, fut un de ceux qui contribuèrent à préserver cette barrière de l’incendie. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires et habitants du Chemin-Neuf à Montmartre, certifions et attestons que le sieur Surain, Jean-Jacques, ancien militaire de l’Empire, domicilié audit Chemin-Neuf, n° 10 (sic), a fait partie des citoyens qui se sont réunis les 27 et 28 juillet 1830 pour s’opposer au pillage et à l’incendie de la barrière Blanche et que, le 29, il a commandé comme sergent le poste établi à cette barrière, composé de plus de quarante citoyens et qu’il a été blessé dans la soirée par un abattis d’arbres fait pour les barricades. Nous certifions également qu’à l’organisation provisoire de la garde nationale il a été proclamé sergent-major de la 2e compagnie du 6e bataillon et qu’en définitif il a fait comme sergent dans cette compagnie, devenue 4e, un service personnel très actif, digne d’être consigné dans le présent certificat. » Signé, à Montmartre, le 7 octobre 1830 : Dreux ; Richard aîné ; Richard jeune ; Membrard ; Marlet ; Cartry aîné ; Letellier ; Moreau ; Languet oncle ; Languet neveu ; Notta ; Goubert ; Hamelin dit Baptiste. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut un de ceux désignés par le maire de Montmartre pour représenter l’arrondissement auprès de la Commission des récompenses nationales et de la Commission de la souscription nationale. Il comparut devant le jury, le 22 janvier 1831, sous le numéro 204. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je soussigné, docteur de la faculté de médecine de Paris, médecin du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement, certifie avoir été appelé le 30 juillet dernier à 7 heures du matin, Chemin-Vert (sic et par erreur, lire Chemin-Neuf), n° 27 (barrière Blanche), chez M. Surain, pour lui donner les secours de mon art et atteste l’avoir trouvé dans l’état suivant, après l’accident qui lui est arrivé le 29 au soir : faciès coloré avec fièvre ; céphalalgie et dissymétrie prononcée ; contusions et ecchymoses sur toute l’étendue de l’épaule et de la cuisse du côté gauche. M. Surain a reçu mes soins à partir du 30 juillet au 14 août 1830, mais, en le quittant, je lui ai recommandé d’être prudent et de ne se livrer à ses occupations journalières que dans une quinzaine de jours. » Signé, le 5 novembre 1830 : Dupuis. Le 30 novembre 1830, le maire de Montmartre le recommandait à la Commission des récompenses nationales pour l’obtention d’un secours. Il expliquait que Surin (sic) avait négligé de se faire inscrire sur la liste des blessés et qu’en conséquence il n’avait pas reçu de secours, expliquant : « Il n’est pas heureux, il soutient une partie de sa famille et ses faibles appointements suffisent à peine au strict nécessaire. […] Il est zélé pour son service de garde national, il a grand besoin d’un secours […]. » Il fut admis dans la 1re classe des blessé et reçut un secours définitif de cent cinquante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il était marié en 1830. Il était grenadier au 1er bataillon de la XIe légion de la garde nationale le 5 avril 1815, caporal le 30 avril 1820, sergent le 25 août 1826, licencié le 27 avril 1827 par l’ordonnance de Charles X, qui licencia toute la garde nationale, sergent à la 4e compagnie du 6e bataillon de la IIe légion extra-muros de la garde nationale à partir de 1830. En 1860, sexagénaire et dans une position gênée, il sollicita un secours, rappelant ainsi la conduite qu’il avait tenue en juillet 1830 : « […] Blessé […] en s’empressant, comme sergent de grenadiers de la garde nationale, licenciée sous le ministère Villèle, de se mettre à la tête de quelques habitants du Chemin-Neuf à Montmartre, réunis à son appel, pour défendre la barrière Blanche, la seule du côté nord qui n’a pas été pillée ni incendiée […] ». La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Exerce la profession d’ouvrier facteur de pianos et gagne environ deux francs cinquante par jour. On ne lui connaît pas d’autres ressources. Cet homme vit seul avec sa femme et les renseignements recueillis sur sa moralité et sa conduite sont entièrement favorables. » Peu après sa demande de secours, il adressait la lettre suivante au ministère : « […] J’ai reçu la visite d’un monsieur, jeune encore, qui s’est dit envoyé pour prendre des renseignements au sujet de ma réclamation ; sans blâmer son jugement, il n’a pas apprécié la position qui me force à recourir aux bontés de Votre Excellence. Je n’ai rien demandé après 1830 vu que je me suis suffi jusqu’à ce moment mais, aujourd’hui à l’âge de soixante-sept ans et la difficulté de pouvoir utiliser journellement une existence constamment remplie dans les bureaux, semble donner quelques droits de recourir à l’intérêt que peut exciter un ancien serviteur de l’Empire, qui s’est empressé de contribuer, comme citoyen et comme garde national, à l’affranchissement de la patrie, opprimée depuis 1814 à 1830. Si dans la visite qui a été faite à mon domicile quelques effets d’une modeste et irréprochable existence, obtenus par un labeur de quarante années, ont pu faire présumer une aisance convenable, on a été trompé par des apparences qui n’ont réellement aucune valeur et ne sont pour moi que des reliques auxquelles j’ai voué un culte enthousiaste. Ainsi, monsieur le ministre, croyez bien si j’ai recours de nouveau à votre bienveillance c’est une gêne réelle et intérieure, produite par une position plus que sexagénaire et le manque d’une occupation mensuelle qui me serait si nécessaire, ayant perdu il y a douze ans six mille francs […]. » Il ne semble pas avoir obtenu le secours qu’il demandait. Il accompagnait sa signature des trois points maçonniques. Il demeurait 27, Chemin-Neuf à Montmartre en 1830 ; 14, rue de l’Impératrice à la chaussée Clignancourt en 1860. Archives de Paris VK3 52 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F 15 3796-3797 secours à divers titres.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.