Sussy (Collin de Sussy), Jean-Baptiste

Biographie


Président de la Commission des monnaies. « A montré un caractère digne d’éloges. Par sa fermeté, il a empêché le poste considérable de Suisses, qui était préposé à la garde de l’Hôtel des monnaies, de tirer sur le peuple qui bordait les quais. Plus tard, il a fait sortir ces soldats, après leur avoir fait déposer leurs armes et leurs habits. Il s’est montré à plusieurs reprises, seul ou accompagné de son fils, M. Honoré de Sussy (voir ce nom), au milieu des balles qui pleuvaient sur le quai, pour préserver de toute atteinte l’Hôtel des monnaies, et il a organisé dans l’intérieur une compagnie de garde nationale. Ses soins ont été couronnés de succès. Il n’y a pas eu le moindre désordre dans l’Hôtel, qui renferme un musée des plus précieux. » Nous empruntons au Nouveau Dictionnaire des girouettes la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Receveur des douanes sous le Directoire ;

»Conseiller d’Etat sous le Consulat ;

»Directeur-général des douanes sous l’Empire ; puis comte, grand officier de la Légion d’honneur, ministre du Commerce, grand-croix de la Réunion.

»Comme officier supérieur de la garde nationale, il avait promis à Napoléon de faire au roi de Rome un rempart de son corps. Il ne tint pas parole ; le roi de Rome s’enfuit, et Louis XVIII arriva tout exprès pour supprimer le ministère du Commerce et destituer M. Collin.

»Resté sans emploi durant la première Restauration, il fut enchanté du retour de l’empereur, qui le rendit plus joyeux encore en l’appelant à la présidence de la Cour des comptes, en remplacement de M. Barbé-Marbois.

»“Sire, lui dit M. Collin, des trahisons aussi lâches qu’imprévues, sans abattre le courage de Votre Majesté, avaient paralysé toutes les ressources de son puissant génie. Une seconde fois la France fut privée du seul bras qui pouvait la sauver. Ah ! sans doute, pendant les onze mois qui viennent de s’écouler, elle a su apprécier la grandeur de sa perte… La grande âme de Votre Majesté s’en est trouvée émue. La nation vous appelait, elle vous a reconquis. Puisse Votre Majesté être bientôt réunie aux plus chers objets de son affection et de l’amour des Français !” (Moniteur.)

»Créé pair de France, le 5 mars 1819, par Louis XVIII ;

»Nommé président de la Commission des monnaies par Charles X.

»Le 30 juillet 1830, après la victoire du peuple, il se présentait à la Chambre des députés pour traiter au nom du roi légitime. On le renvoya à l’Hôtel de Ville, qui ne voulut point l’écouter. Il est aujourd’hui tout dévoué au gouvernement de Juillet. Il commande une légion de la garde nationale, et a eu le malheur d’être maltraité dans une émeute. Que voulez-vous de plus ? »

La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 4 août 1830 ; Le Moniteur universel, 4 août 1830 ; Le National, 5 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 114 ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, Lerosey, libraire, Palais-Royal, 1831, p. 499-500.

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