Tardif, Julien

Biographie


Né vers 1798 à Issoire (Puy-de-Dôme). Sans profession. Il combattit, armé, le 29 juillet sur la place du Carrousel, avant d’être blessé de plusieurs coups de feu. Il mourut des suites de ses blessures. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 19 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Gentil, Simon, Alexandre, né vers 1765, ancien négociant, demeurant 1, rue de Montmorency ; Fillion, Jean-Michel, né vers 1790, marchand épicier et de comestibles, demeurant 14, rue des Moulins ; Zingaropoli, François, Paul, né vers 1789, rentier, demeurant 54, rue Meslay. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Tardif, Julien avait « pris une part active à la défense de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 et qu’ils sont convaincus qu’il a été victime de son dévouement ; qu’en effet le 29 dudit mois ils l’ont vu armé et combattant sur la place du Carrousel ; que là aussi ils l’ont vu emporter du champ de bataille, gravement blessé de plusieurs coups de feu ; que dès lors ils ont entendu attester sa mort par plusieurs personnes et qu’effectivement ils ne l’ont plus revu et n’ont pas appris qu’il ait reparu nulle part ; qu’ainsi il est de notoriété qu’il a péri par suite de ses blessures ». Il laissait une concubine, Lavie, Marguerite, Justine, née le 4 juillet 1807 à Bon-sur-Dordogne J’ai un Beaulieu-sur-Dordogne ou un Monceaux-sur-Dordogne in internet (Corrèze) avec laquelle il vivait depuis trois ans, et un enfant, Paul, Justin, né le 7 novembre 1829 à Paris, qu’il n’avait pas reconnu. Aucun des deux n’eut droit à une pension, la cohabitation avec sa concubine n’ayant duré que trois ans et l’enfant n’ayant pas été reconnu. La mère, dans une position critique, souvent sans ouvrage, ses effets au mont-de-piété, arriérée de trois mois pour la nourrice de l’enfant, tenta plusieurs fois d’obtenir l’intercession du maire en sa faveur. En février 1831, elle implorait une nouvelle fois son appui : « Quoique vous m’ayez rebutée, je veux vous prouver, en supportant toutes les humiliations qu’il vous plaira de me faire éprouver, que je suis de vos sollicitantes une de celles qui a le plus de besoin. Je viendrai demain, monsieur le maire, et j’espère que vous me satisferez mieux que la dernière fois, car je ne m’en retournerai point sans cela. Puisqu’il ne s’agit pas de fierté, quoique pourtant mon amour-propre se trouve offensé de vous faire un tel aveu et qu’il faut pour être secourue se mettre plus bas que la poussière, je ne rougirais point de vous dire, monsieur le maire, que plus de quatre fois cet hiver je me suis couchée sans souper faute d’avoir un sou pour acheter du pain ni du bois pour me chauffer. Je vous assure, monsieur le maire, que ceux qui sont aux Indigents sont plus heureux que moi. Non que vous puissiez croire que je fais comme tant d’autres qui vivent d’un pain gagné impunément ; ce que je ne ferai jamais car je préférerais me jeter à l’eau. Et si je suis encore pour longtemps si misérable, je n’y renonce pas car je me suis souvent donnée au désespoir ; à bien réfléchir j’aurais plus d’avantages que de vivre dans la détresse. Si jamais je me décide, je ne périrai pas seule, mon fils mourra avec moi pour qu’il ne soit pas malheureux dans ce monde. […] Je n’ai point d’autre parti à prendre que celui de me mettre en condition de servir domestique, pour cela il faut avoir des connaissances et moi je n’en ai guère mais j’en ai assez pour répondre de moi. » Elle reçut cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Vr arrondissement, avant que ses droits fussent refusés. Tardif demeurait 25, rue des Vinaigriers ; sa concubine, 19, rue des Vinaigriers sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 1, rue Mochut illisible en 1831 in Archives nationales F/1dIII/38 A. Le nom de Tardif (J. Tardif) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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