Targe, Jean-Louis
Biographie
Peut-être originaire de Grenoble (Isère). Peintre en décors. Il fut blessé à la main droite, à la prise de la caserne des Célestins. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, il sollicita la Croix de Juillet, présentant ainsi une requête au roi : « Blessé le 28 juillet aux affaires du quartier Saint-Antoine, je n’ai adressé aucune réclamation à la Commission des récompenses nationales, qui m’avait néanmoins porté sur ses contrôles. Nommé depuis sergent de la garde nationale par la confiance de la IXe légion, j’ai été à même de faire éclater mon patriotisme et mon zèle pour le service de Sa Majesté et, en maintes occasions, j’exposai courageusement ma vie pour assurer le maintien de l’ordre de la liberté menacés. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IXe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, le sieur Targe, Jean-Louis, peintre en décors, demeurant rue de Lesdiguères n° 4, a donné des preuves du patriotisme le plus ardent ; partout, excitant nos braves à la défense commune, nous l’avons vu prendre part à plusieurs actions dans lesquelles il s’est distingué par son entier dévouement, notamment à la prise de l’Hôtel de ville et à celle de la caserne des Célestins, où il a été blessé, former des barricades, marcher en patrouille pour le rétablissement de l’ordre public menacé et en un mot que sa conduite mérite les plus grands éloges. » Signé : Bertel ; Devaux ; Chauvin, Jules, Frédéric (voir ce nom), demeurant 2, rue de la Cerisaie. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le sieur Targe, le mardi 27 juillet 1830, au coin de la rue des Bons-Enfants et de la rue Saint-Honoré, à 5 heures du soir, un peu avant la première décharge que fit le 3e de la garde royale, qui était sur la place du Palais-Royal. Et nous être trouvé le 29 rue Saint-Antoine vis-à-vis Saint-Paul ; Targe était en ce moment en bras de chemise, giberne au dos et fusil sur l’épaule. » Signé, le 12 septembre 1831 : Durozoy. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitant de la ville de Paris, certifions que le sieur Targe, Jean-Louis, demeurant à Paris, rue de Lesdiguières n° 4, a combattu pendant les journées de juillet 1830 avec un courage digne d’éloges. Je l’ai notamment vu toute la journée du 28 à l’Hôtel de ville, au faubourg Saint-Antoine et au pont d’Austerlitz et le 29 à la prise du Louvre et des Tuileries, où il s’est fait constamment remarquer par sa bravoure et son intrépidité. » Signé : (voir Jullerot, Louis, Bernard), « ex-commandant de la garde nationale de Paris » demeurant 1, rue Lesdiguières. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie m’être trouvé et avoir rencontré Targe, mardi soir 27 juillet 1830 sur le Pont-Neuf, portant sur une porte un jeune homme qu’il me dit venir d’être tué au coin de la rue des Bons-Enfants par un grenadier du 3e régiment de la garde royale d’infanterie, qui était posé en sentinelle au café faisant coin à la rue Saint-Honoré et place du Palais-Royal. En ce moment, Targe était arrêté par un adjudant de gendarmerie à cheval, un brigadier et quatre gendarmes. Sur les cris que fit retentir la foule A l’eau ! on lâcha Targe. Alors moi, Groneau, un de nos amis, Clément Thomasais (voir Thomassé ou Thomasset, Clément), mort aux affaires de Juillet, et un autre nommé Auguste Sandré, nous suivîmes Targe en criant partout Vengeance ! Aux armes ! rue Dauphine, rue de l’Ecole-de-Médecine, place du Panthéon jusqu’à la rue des Sept-Voies, où vis-à-vis Montaigu un commissaire de police, en tête d’un peloton de troupes de ligne, barra la rue et nous somma de nous retirer. Targe fut obligé, ainsi que trois autres qui portaient la victime, de l’abandonner au milieu de la rue, en nous retirant en désordre. Le lendemain 28 à 4 heures du matin, nous nous retrouvâmes place de la Bourse. De là, nous sommes allés place du Palais-Royal et rue Saint-Honoré. Le 1er régiment de la garde royale infanterie avait remplacé le 3e de la garde ; un capitaine nous ayant sommés de nous retirer, nous échangeâmes quelques mauvaises paroles et, après avoir lancé quelques pierres, Targe se retira et me dit qu’il allait chercher des armes et revenir avec des amis. » Signé : Groneau, caporal de la 1re compagnie du 4e bataillon de la VIIe légion de la garde nationale, demeurant dans le quartier du marché Saint-Jean ; Sandre, Auguste, demeurant (sans doute c’est illisible) rue Aumaire. Targe fut tué, le 6 juin 1832, dans l’insurrection républicaine qui éclata à l’occasion de l’enterrement du général Lamarque. Il laissait une veuve et deux enfants en bas âge. En 1848, la veuve tenta devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février de faire valoir ses droits à une pension. Il demeurait 4, rue Lesdiguières (ou 4-6, rue Lesdiguières) (6, rue Lesdiguières dans sa requête au roi in Archives nationales F/1dIII/77) en 1830-1831 ; sa veuve, rue Vieille-du-Temple en 1849. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 82 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/77 (sous le seul nom de Targe) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 415.