Tassin, Jacques, Nicolas

Biographie


Né le 12 décembre 1788 à Moulin-la-Marche (Orne). Médecin. On trouve dans le National du 11 août 1830, l’article suivant le concernant : « En vertu de l’arrêté de M. le commissaire provisoire de l’Intérieur, la mairie du (ancien) IVe arrondissement vient de nommer une commission pour recueillir les noms des victimes des derniers événements, et prendre des renseignements sur la position de leurs familles. Cette commission, qui s’assemblera tous les jours, de 3 à 5 heures, à la mairie, recevra les renseignements qu’on voudra bien lui donner. Elle est composée de MM. les docteurs Piorry, Taffin (sic), Viguer, homme de lettres ; Quentin, négociant. » Il fit partie avec Brame Jules, Chapuis Michel Marie, Crampel Louis André, Daniel, Ernest, Duclos-Blerzy Pierre Louis Joseph Etienne, Dufour Louis, Gillard Louis, Jacob Jean-François, Lepage Nicolas Séverin, Perlé André Théodore, Aronsshon Nestor, Verdot Jean Maurice, Massot Théodore, Leymarie Jean Léonard Repaire, des quinze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Taffin, Jacques, Nicolas sur les listes de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, et sur celles du Moniteur universel, sous le nom de Tassin sur le Bulletin des lois et in Archives nationales F/1dIII/39 ça pourrait être Taffin mais aussi Tassin, c’est illisible… attendre pour choisir ; dans le certificat qu’il signe in Archives de Paris VD6 277 in dossier Berger, Romain, Alexandre, Philippe, Joseph c’est Taffin). Il soigna Lepage, Nicolas, Séverin (voir ce nom), que Berger, Romain, Alexandre, Philippe, Joseph (voir ce nom) avait recueilli et apostilla la demande que ce dernier présenta pour être réintégré dans l’armée avec le grade de sous-lieutenant. Il délivra, le 3 août 1830, le certificat suivant en faveur de Cuvier, Auguste : « Je, soussigné, docteur médecin, médecin attaché au sixième dispensaire de la Société philanthropique etc., certifie à qui il appartiendra avoir particulièrement donné mes soins à Auguste Cuvier, demeurant rue Baillet n° 6, atteint d’une balle dans la poitrine le 29 juillet 1830. Auguste Cuvier est mort de sa blessure le 2 août à 9 heures. » Tassin prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 17 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 22 juin et son brevet le 17 août 1831. On trouve dans la lettre qu’adressa, le 9 août 1831, Bonneville, Louis, Antoine, à la Société des réclamants, des indications sur le fonctionnement du jury. Cette lettre était ainsi rédigée : « Informé que vous vous chargiez de faire des réclamations pour les récompenses nationales, je m’adresse à vous, avec la confiance que vous me rendrez la justice qui m’a été refusée par la première Commission. J’ai été blessé, le 28 juillet, en combattant pour la liberté, et, pour récompense de mes bons services et de mes blessures, on m’a donné la médaille et une somme de cent quatre-vingts francs. Encore est-il bon de dire que si j’ai obtenu cela c’est après m’être fâché sérieusement. Je fus appelé par le jury du (ancien) IVe arrondissement et, là, après que j’eus subi un interrogatoire, il me fut offert cinquante francs. J’ai été balloté, marchandé comme une bête de somme et ce n’est que pour me débarrasser des mes importunités qu’une somme de cent francs me fut comptée, ce qui avec quatre-vingts francs que j’avais reçus précédemment, forme celle de cent quatre-vingts francs. Je puis signaler comme présents lorsque je comparus au jury, MM. Tassin (voir Tassin, Jacques, Nicolas), médecin, et Delanoy frères et autres qui m’étaient inconnus. La nation, qui par ses dons généreux, a voulu, comme le prétend M. Fabvier dans son rapport, assurer l’existence des malheureux ouvriers, croira-t-elle jamais que des Français, chargés de distribuer ses fonds, auront rabaissé l’espèce humaine, et surtout les blessés de Juillet, jusqu’à marchander leurs services. J’aurais bien d’autres griefs à reprocher à cette misérable Commission si ceux que je rapporte n’étaient plus que suffisants pour la signaler à la haine publique. J’espère, messieurs, que cette fois mes intérêts seront mieux représentés et que vous me ferez rendre justice. » Il signa, le 2 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Gongy, Louis quand celui-ci tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le sieur Gougy s’est parfaitement conduit dans les journées de juillet 1830. Il est à ma connaissance personnelle qu’il est allé avec le sieur Jardy (voir Jardy, Auguste) chercher des blessés dans les environs du Louvre pour les apporter à l’ambulance de la rue Baillet dont j’étais l’un des médecins. » De la même manière, Jardy, Auguste (voir ce nom), se recommandait de lui comme l’ayant remarqué ramassant des blessés et les portant à l’ambulance de la rue Baillet. Tassin signa, le 2 septembre 1831 et comme « membre des enquêtes et du jury du (ancien) IVe arrondissement pour les récompenses nationales », le certificat suivant en faveur de Jardy : « Je, soussigné, certifie que le sieur Jardy s’est parfaitement comporté dans les journées de juillet 1830. Il est à ma connaissance personnelle qu’il est allé chercher des blessés dans les environs du Louvre pour les apporter à l’ambulance de la rue Baillet dont j’étais l’un des médecins. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il demeurait 6, rue Baillet (mais 7, rue Bailleul in Archives nationales F/15/2557-2559) en 1830. Le National du 11 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Berger, Romain, Alexandre, Philippe, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cuvier, Auguste ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys (sous le nom de Taffin) ; Archives de la préfecture de police AA 373 in dossier Bonneville, Louis, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Gongy, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jardy, Auguste ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations. Il y a dans Archives de Paris VD6 278 in dossier Merigaut fils, Louis, Antoine, un Taffin, et qui signe bien Taffin, médecin membre de la commission d’enquête du (ancien) IVe arrondissement, qui atteste la blessure reçue par Merigaut. Il est pas dans la liste de médecins in VD4 11. J’ai dans Archives de Paris VD6 277 in dossier Caen, Cerf un Tassin ou plutôt Taffin qui annote le certificat de Caen, ainsi : « Ce brave homme est couvert d’anciennes blessures ; il s’est bien battu ; il ne veut pas d’argent mais il sollicite avec instance une médaille. Je l’ai interrogé et je crois qu’il la mérite. Une recommandation spéciale de la Commission lui ferait avoir une petite place dans son pays. »

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