Tautin, Charles, Jean
Biographie
Né le 8 fructidor an XIII (9 fructidor an XIII in Archives de Paris, VD6 672 n° 1 et aussi in Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 21 avril 1831 ; en 1804 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; mais bien le 8 fructidor an XIII in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) à Paris. Cordonnier depuis 1829 chez Reffuveille, 21, rue Traversine. Armé d’un fusil de munition et d’une baïonnette, des cartouches plein sa giberne et les poches de sa veste et de son pantalon, il était, le 28 juillet, en embuscade au coin de la rue Saint-Philippe et faisait face aux gardes royaux placés eux aussi en embuscade au coin des rues Saint-Claude et Beauregard. Jugeant la place où il était peu propice, Tautin résolut de traverser la rue pour se rendre dans l’allée de la maison de M. Girard, n° 59, malgré les exhortations que lui faisaient ce dernier et Servais (voir ce nom) de ne pas le faire. Ayant franchi la rue et jugeant sa place encore mauvaise, il sortit de l’allée, mit en joue ses ennemis, tira deux fois, avant d’être atteint d’un coup de feu à l’aine gauche et à la cuisse droite, qui le renversa. Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Girard, Jean-Baptiste, marchand tapissier, demeurant 59, rue de Cléry ; Berchon des Essards, Michel, étudiant, demeurant 69, rue de Cléry ; Lacquement, Fidèle, Indivisible, marchand de meubles, demeurant 67, rue de Cléry ; Lhuillier, Dominique, marchand de meubles, demeurant 70, rue de Cléry ; Rioudé, Jean-François, marchand de meubles, demeurant 69, rue de Cléry. Ils attestèrent parfaitement connaître Tautin, Charles, Jean « pour avoir été atteint d’une balle en combattant le mercredi 28 juillet susdite rue de Cléry, contre les soldats de la garde qui étaient aux coins des rues Saint-Claude et Beauregard ; que c’est au moment où il mettait en joue ces mêmes soldats qu’il a été atteint de cette balle à l’aine gauche, passée au illisible et descendue dans la cuisse droite et qu’il est tombé à l’entrée de l’allée de la maison de M. Girard, qui s’est empressé de le recevoir dans son domicile et de lui prodiguer ainsi que les autres témoins tous les soins et les secours qui étaient en leur pouvoir ; et que le lendemain, jeudi, après avoir été saigné par un chirurgien qui lui avait fait les premiers pansements, il a été conduit par M. Girard à la maison de santé du faubourg Saint-Denis ; attestant en outre que ledit sieur Tautin, au moment de sa blessure, était armé d’un fusil de munition et de baïonnette et portait une giberne remplie de cartouches et qu’il avait encore des cartouches dans les poches de sa veste de chasse et de son pantalon ; qu’enfin ledit sieur Tautin, ayant jugé son embuscade au coin de la rue Saint-Philippe comme mauvaise attendu que les gardes royaux se trouvaient également en embuscade au coin de la rue Saint-Claude, prit le parti de traverser la rue pour se rendre dans l’allée de la maison de M. Girard, malgré les invitations que ce dernier et ses voisins lui faisaient de ne pas hasarder ce passage qui était alors très périlleux ; qu’enfin, ayant franchi la rue et jugeant encore son embuscade, mauvaise, il sortit de l’allée, mit en joue ses ennemis, qu’il brûla inutilement deux amorces et qu’enfin ayant amorcé une troisième fois son fusil, il reçut, au moment de mettre en joue, le coup de feu qi le renversa ». Le 21 avril 1831, devant le commissaire de police du quartier Saint-Jacques, comparurent : Martin, Pierre, Constantin, marchand de vin, demeurant 34, rue Traversine ; Corne, Jean-Baptiste, Constant, Fidèle, Amand, né vers 1791, logeur en garnis 40, rue Traversine. Ils attestèrent que Tautin « demeure rue Traversine n° 40 depuis deux ans et que sa conduite a toujours été à l’abri de tout espèce de reproche, sous le double rapport des mœurs et de la probité ». Il reçut un secours de trente francs, le 27 avril 1831, un secours de quarante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 16 décembre 1830, à deux voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 21 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint d’une blessure par arme à feu au bassin, de l’épine du pubis du côté gauche en passant au-devant du corps des deux os, à travers la région inguinale vers la partie moyenne et externe de la cuisse du côté droit, où une balle a été extraite secondairement par incision ; blessure guérie mais avec difficultés et douleurs permanentes dans les mouvements. » Il fut admis, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 21 avril 1831, dans la 4e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous certifions que M. Charles, Jean Tautin, armé d’un fusil, d’une giberne remplie de cartouches, a combattu le 28 juillet 1830 au coin de la rue Saint-Philippe ; ne trouvant pas sa position commode pour se défendre contre les ennemis de la liberté, il traversa la rue, malgré la défense de ses compatriotes, pour prendre position dans le renfoncement de ma porte, qui est rue de Cléry n° 69 (sic) ; son fusil n’ayant pas fait sa détonation, il recommença plusieurs fois, il ne réussit pas mieux et là il reçut un coup de feu dans l’aine gauche. A l’instant même, il fut ramassé par le sieur Girard, où les soins les plus prompts lui ont été donnés. » Signé, le 14 septembre 1831 : Girard ; Lhuillier ; Rodriguez ; Riondé illisible. Il comparut, le 8 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement pour faire établir les date et lieu de naissance de Kramel, Auguste, Polonais. Il signa, le 27 août 1830, le certificat suivant en faveur de Chatelin, Barthélemy : « Nous, soussignés, certifions à qui appartiendra que le sieur Chatelin, Barthélemy, né à Mitry (Seine-et-Marne), le 20 février 1795, a été blessé à la poitrine à la défense de l’Hôtel de ville et au pouce de la main gauche, en désarmant un capitaine suisse à Rambouillet [ce qui n’est a priori pas exact, N.D.A.], ce qui est à notre connaissance et que nous affirmons sur l’honneur. » Il signa, le 21 août 1831, le certificat suivant en faveur de Lucas, Jean, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie le nommé Lucas s’est distingué dans les journées de Juillet 27, 28, 29 et 30, a paru dans plusieurs affaires qui ont eu lieu dans ces journées mémorables et qu’il a fait partie du détachement du (ancien) XIIe arrondissement qui partait pour Rambouillet, commandé par le capitaine Chertier et le lieutenant Porte. » Il signa, le 28 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Martin, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions que le nommé François Martin s’est montré dans les mémorables journées de juillet, les 27, 28, 29, 30 et 31 et qu’il s’est battu pour la bonne cause à l’Hôtel de ville, le Louvre, les Tuileries et Palais-Royal. » Il signa, le 31 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Durand, Marc, René : « Devant nous, Charles Gabet, commissaire de police du quartier Saint-Jacques, se sont présentés Tautain, Charles, Jean (sic) (voir ce nom), cordonnier, demeurant rue Traversine n° 40 (sic) et décoré de la médaille de Juillet, et Kramel, Auguste, ouvrier sellier, demeurant même maison, décoré de la Croix de Juillet ; lesquels nous ont attesté que le sieur Durand, Marc, René, serrurier, demeurant rue Traversine n° 13, est un des combattants des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Cet individu, ayant été blessé en leur présence d’une balle au cou, qu’il a reçue sur le pont d’Austerlitz le 28 dudit mois de Juillet. » Il ne savait pas signer. Il demeurait 21, rue Traversine (deux occurrences in Archives de Paris, VD6 672 n° 1, plus une autre in Archives de Paris VD6 682 n° 3, plus un certificat aux AN et une attestation de son employeur, qui travaille effectivement à ce numéro, d’où peut-être la confusion, aussi in Archives de Paris VK3 22 ; et enfin in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) ou 40, rue Traversine (dans le dossier de Kramel mais aussi aux AN deux attestations dont celle d’un logeur, ce qui n’est pas mince ; dans le même dossier aux AN on trouve les deux 21 et 40, il semble que 21 soit son travail et 40 son logement… ; 40, rue Traversine in Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chatelin, Barthélemy et aussi in Archives de la préfecture de police AA 415 dans son propre dossier à la Commission des Réclamants) aussi 40, rue Traversine dans sa déposition devant le commissaire de police in F/15/4240 in dossier Durand, Marc, René ; 31, rue Traversine (in Archives de Paris VK3 33 où le 10, rue Traversine est rayé, aussi in Archives de Paris VK3 34, in Archives de Paris VD6 682 n° 3 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) de 1829 à 1831 (mais 33, rue de l’Oursine sur les listes du Constitutionnel). Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 (par erreur sous le nom de Cautin, Charles, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 4e classe (par erreur sous le nom de Cautin, Charles, Jean) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 21 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement (sous le nom de Tautain, Charles, Jean) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 16 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Tautain, Charles, Jean) , idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Tautain, Charles, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Kramel, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Durand, Marc, René (sous le nom de Tautain, Charles, Jean) ; Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chatelin, Barthélemy ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lucas, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martin, François ; Archives de la préfecture de police AA 415. J’ai in Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jarry, François, Marie, un Tautin, demeurant 11, rue de la Sourdière, qui signait le certificat suivant en faveur de ce dernier : « Je certifie avoir vu le citoyen Jarry combattre à mes côtés à la prise du poste du château au Palais-National (lire Palais-Royal, N.D.A.) le 24 février et l’avoir vu afficher un placard au cri de Vive la république ! » Voir sans doute Tautin, Jean ?