Teigneux, Charles, Laurent, François
Biographie
Né le 28 thermidor an XII (16 août 1804) à Nogent-l’Artaud, (Aisne), de Rateau, Rosalie et d’un père inconnu, mais qui le reconnut à son mariage. Ouvrier carrier en 1825-1826, charretier ou journalier en 1830. Il demeurait à Vanves et fit partie d’un groupe d’habitants de cette commune qui, le 28 juillet, se rendirent à Paris pour combattre. Sur la place de la Grève, dans un mouvement de retraite inopinée vers la rue de la Mortellerie, il fut atteint d’un coup de feu qui lui traversa la poitrine. Apporté à l’Hôtel-Dieu, il y mourut des suites de sa blessure le 4 août suivant. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Le 28 mars 1831, devant le juge de paix du canton de Sceaux, comparurent : Vincent, Pierre, Chéri (voir ce nom), chef du 2e bataillon de la IIIe légion de la banlieue, demeurant à Vanves ; Moreau, Louis, Jérôme (voir ce nom), né vers 1781, blanchisseur de linge, demeurant à Vanves ; Lefort, Pierre, né vers 1789, marchand de vin et épicier, demeurant à Vanves. Ils attestèrent avoir bien connu Teigneux, Charles, Laurent, François et savoir qu’il était « parti de Vanves le mercredi 28 juillet dernier avec un grand nombre d’habitants de Vanves pour se réunir à Paris aux braves qui combattaient pour reconquérir la liberté si brutalement enlevée aux Français par les ordonnances du 25 du mois de juillet ; que ledit Teigneux a fait partie d’un détachement qui s’est porté sur la place de Grève et que dans une retraite opérée dans la direction de la rue de la Mortellerie il a été atteint d’un coup de feu qui lui a traversé la poitrine ; que de suite il a été transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est mort le 4 août suivant, par suite de cette blessure ». Il laissait un père, Teigneux, François, Robert, né le 23 mai 1783 ou le 23 mai 1784 (bien le 23 mai 1783 dans son acte de naissance ; les deux dates in Archives nationales F/1dIII/37 ; le 23 mai 1783 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Nogent-l’Artaud, dont il était le fils unique, journalier, pensionnaire aux Invalides. En date du 28 mars 1831, le maire de la commune de Vanves lui délivra un certificat pour attester qu’il était veuf, aux Invalides depuis quatre mois, qu’il avait « habité la commune de Vanves pendant plusieurs années ; qu’il est de bonnes vie et mœurs et qu’il s’est comporté dans la commune de manière à ne mériter aucun reproche ». Il présenta un certificat médical attestant que, soldat à la 12e division, il avait « reçu un coup de feu sur la partie moyenne de la jambe gauche, avec fracas aux os ; par le même coup de feu, l’articulation du genou du même côté a été luxée, il en est résulté difformités et grande difficulté dans la progression ». Il fut pensionné et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. La mère, Rateau, Aimée, Rozalie était née le 1er juin 1783 à Chézy-l’Abbaye (Aisne), fille de Rateau, Jean, manouvrier, et de Fallet, Héleine, Rozalie. Les parents s’étaient mariés le 28 janvier 1807 à Nogent-l’Artaud ; sur l’acte de mariage, Teigneux, François, Robert est indiqué comme né le 23 mai 1783, fils de feu Teigneux, René, Robert, de son vivant manouvrier, et de Nolin, Marie, Madeleine, et comme étant manouvrier ; Rateau, Aimée, Rosalie (sic) est indiquée comme fille de Rateau, Jean, manouvrier, et de Fallet, Hélène, Rosalie (sic). Rateau, Aimée, Rosalie mourut le 29 avril 1829 à Vanves. Il laissait une veuve, Grondard, Victoire, François, née le 15 germinal an XII (5 avril 1804) à Antony (Seine), blanchisseuse, qu’il avait épousée le 7 novembre 1825 à Vanves ; sur l’acte de mariage, Teigneux, Charles, Laurent, François est indiqué comme fils naturel de Teigneux, François, Robert et de Rateau, Anne, Rosalie (sic), ayant tous deux reconnu l’enfant le 2 juin 1823 devant Me Seron, Gabriel, Antoine, Ovide, notaire et étant tous deux journaliers, comme étant carrier journalier et comme demeurant chez ses parents ; Grondard, Victoire, François est indiquée comme la fille de feu Grondard, François, Michel, décédé le 15 décembre 1822 à l’hôpital de la Pitié à Paris, de son vivant carrier, et de Perault, Marie, Geneviève, Justine, son épouse, journalière et demeurant à Antony. Elle reçut un secours de cent vingt francs en août et un autre de cent soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants, qui furent pensionnés et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Rosalie, Clarisse, née le 29 novembre 1826 (bien le 29 novembre 1826 dans son acte de naissance ; par erreur le 30 novembre 1826 dont in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Vanves, et Jean-François, qui naîtra le 3 avril 1831 (bien le 3 avril 1831 dans son acte de naissance ; par erreur le 4 avril 1831 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Vanves. Un autre enfant, François, Robert apparaît sur les listes de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes, comme ayant reçu lui aussi une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orphelin Jean-François (seul sur la liste) était composé de la mère et de Teigneux, François, Jacques, Robert, tonnelier, subrogé-tuteur, demeurant 17, rue Sainte-Catherine au Marais en 1831. Rosalie, Clarisse fut pensionnée de sept cents francs en 1834 ; en 1838 et en 1839, elle était élève dans une pension de Bercy. Jean-François reçut la même somme de sept cents francs en 1838. La mère se remaria avec Jamin ; elle mourut en décembre 1841 à Vanves mais Jamin déclara ne pas vouloir s’occuper des enfants : Rosalie, Clarisse fut placée chez les sœurs de Saint-André au pensionnat du 14, avenue de Paris à Choisy ; Jean-François fut confié à Maniette, chef d’institution, 116, grand-rue à Vaugirard. Le 14 juillet 1843, Rosalie, Clarisse, désirant entrer dans les ordres religieux, adressait la lettre suivante au sous-préfet de Sceaux : « Depuis longtemps, je désire embrasser l’état religieux ; après avoir bien réfléchi sur les obligations que j’aurais à remplir, je suis enfin déterminée à me présenter cette année chez les filles de la croix, dites sœurs de Saint-André, établies pour l’instruction des enfants et le soin des malades ; depuis dix-sept mois que je suis en pension à Choisy-le-Roi, j’ai été à même de voir quels seraient mes engagements. On m’a éprouvée de plusieurs manières mais rien ne me rebute et je désire ardemment d’être unie à cette société. Les supérieurs me connaissent et veulent bien m’admettre dans leur corporation. N’ayant ni père ni mère, j’ai demandé le consentement de mon tuteur : il me l’a accordé. Monsieur, maintenant je n’attends plus qu’une permission de votre part pour mettre le comble à mon bonheur. J’ose espérer, monsieur, que vous accueillerez ma demande. Ma sœur supérieure des sœurs de Choisy-le-Roy part le 17 courant pour La Puye, chef-lieu de la communauté. J’aimerais beaucoup mieux m’en aller avec elle que d’être obligée d’y aller seule plus tard. Ce serait plus avantageux pour moi. Veuillez, monsieur, s’il vous plaît, avoir l’extrême bonté de me faire savoir si vous consentez à ce que je fasse cette démarche, je vous en serai éternellement reconnaissante. Je puis vous assurer, monsieur, que jamais personne ne m’y a engagé. C’est moi qui ai tourmenté et qui tourmente encore continuellement. Agréez, monsieur, l’hommage sincère du plus profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être votre très humble, très obéissante petite servante. » Le nom de Teigneux (C.-L.-F. Teigneux) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Teigneux demeurait 2, rue des Charriots à Vanves, chez ses parents, en 1825 ; 6, rue des Charriots à Vanves en 1826 ; son père, 4, rue des Charriots en 1829 ; sa veuve demeurait 8, rue Gandray à Vanves en 1831 ; Rosalie, Clarisse à La Puye (Vienne) en 1843-1844 ; Jean-François, toujours à Vaugirard en 1844. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 46 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 51 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 289 (sous le nom de Tenieu, François) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins et liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VK3 38, état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1840, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1841 ; Archives de Paris VK3 56 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux), orphelins du (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux), Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 arrondissement de Sceaux ; année 1839 arrondissement de Sceaux), Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Braun ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gamsie ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Lefort ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Luisette ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, veuves, orphelins (sous les prénoms de Jean-François et de Rosalie, Clarisse) et ascendants et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.
Teissedre.
On trouve son nom sur une fiche de personnes secourues, après la révolution, par la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il était célibataire en 1830. Il demeurait cour des Coches, 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1830. Archives de Paris VD6 91, liasse n° 4, idem liasse n° 5, une liste de blessés qui reçurent un secours.