Tetu, Jean, François, Joseph
Biographie
Né le 7 mai 1781 à Crépy (Aisne). Marchand de vins ou de bois et propriétaire. Il prit le commandement provisoire du Gros-Caillou et donna l’ordre, le 29 juillet, à Peteaux, Charles, Louis, Jérôme de placer sa charrette en travers du pont des Invalides pour former une barricade et couper la communication des Champs-Elysées avec le Gros Caillou. A l’instant même où Peteaux détela son cheval, un détachement de garde royaux s’avança sur le pont, Peteaux fut jeté à terre et reçut plusieurs coups de crosse de fusil dans la poitrine et sur divers endroits du corps. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Tetu fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il comparut, 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester que que Peteaux, Charles, Louis, Jérôme avait « été blessé en combattant le 29 juillet 1830, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou et est mort des suites de mutilation le 26 décembre 1830 ». Il comparut, le 10 octobre 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement. Le procès-verbal suivant fut établi : « A comparu M. Jean, François, Joseph Tetu, marchand de bois, propriétaire, notable commerçant de notre arrondissement, capitaine commandant la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la Xe légion, décoré de Juillet, demeurant rue Saint-Dominique au Gros-Caillou n° 14. Lequel a déclaré, comme ayant été témoin oculaire des faits et pour rendre hommage à la vérité, que le 29 juillet au matin, ayant pris le commandement provisoire du Gros-Caillou, il ordonna au sieur Peteaux, voiturier, demeurant rue Saint-Jean n° 3, de placer sa charrette en travers du pont des Invalides pour former une barricade et couper la communication des Champs-Elysées avec le Gros Caillou ; que le sieur Peteaux s’empressa d’exécuter cet ordre et, à l’instant même où il avait dételé son cheval, un détachement de garde royaux s’avança sur le pont, qu’il vit le sieur Peteaux jeter à terre et recevoir plusieurs coups de crosse de fusil dans la poitrine et sur divers endroits du corps ; que depuis cette époque jusqu’à sa mort, arrivée le 26 décembre 1830 il n’a pas cessé d’être malade et qu’il est évident qu’il a succombé des suites des coups qu’il a reçus. » Il comparut, le 5 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, pour attester Mignot, François, Etienne « n’a point reparu depuis les journées de Juillet ; qu’il était à l’attaque du Louvre le 29 et qu’il y est mort glorieusement pour la cause nationale ; et que sa mère, Marie-Louise Mignot, veuve Petit, n’a plus aucun moyen d’existence depuis qu’elle est privée de l’assistance de son fils ». Il comparut, le 1er juillet 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, pour attester la date de naissance de Tellier, Catherine, Barbe, blessée de Juillet. Il y reçut sa croix le 22 juin et son brevet le 18 août 1831, sans qu’apparaisse la date de prestation du serment, pourtant obligatoire. En 1830, il était commandant de la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 14, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Mignot, François, Etienne ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Peteaux, Charles, Louis, Jérôme ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Tellier, Catherine. In Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Michel, Antoine, François, j’ai un Tetu, capitaine de la Xe légion, qui signe, le 12 mars 1831, le certificat suivant en faveur de Michel, Antoine, François, que celui-ci fit valoir devant la Commission des récompenses : « Les soussignés certifient que le sieur Michel, Antoine, François s’est présenté en uniforme et en armes dès le 29 juillet au poste de la Boucherie des Invalides au Gros Caillou ; qu’il y a fait un service assidu pendant plusieurs jours et a contribué de tous ses efforts au maintien de l’ordre public. » In Archives de la préfecture de police AA 417 in dossier Winanse, Pierre, Henry, il est fait mention ainsi mention d’un Tetu, capitaine des grenadiers du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale, dans la Déclaration par le citoyen Véron aîné en faveur du brave patriote Winanze, sapeur-pompier et ainsi rédigée : « Le 30 juillet 1830, je me présentai vêtu de l’uniforme de simple garde national au corps de garde de la rue Boucherie-des-Invalides, où je trouvai vingt vingt-cinq jeunes gens armés, qui avaient pris part aux affaires des trois glorieuses journées précédentes. Comme j’étais le seul en habit d’uniforme à ce poste, ils m’invitèrent à en être le chef pour régler le service des factions, pour faire faire des patrouilles et pour marcher à leur tête si ce devoir était commandé par quelque circonstance imprévue. J’acceptai avec empressement l’honorable fonction qui m’était offerte et l’un de ces zélés patriotes, nommé Germain, garnit ma giberne de cartouches. Le lendemain, au moment où nous allions être relevés par des gardes nationaux, dont deux ou trois seulement portaient l’uniforme, un sapeur-pompier, nommé Winanze, amena au poste deux soldats de l’ex-garde royale, en demandant une escorte pour les conduire au camp de Vaugirard. Les hommes qui étaient avec moi ne paraissant pas disposés à faire cette corvée, je proposai au sapeur-pompier de l’accompagner moi seul, ce qui parut le satisfaire. M. Têtu, qui aujourd’hui est capitaine des grenadiers du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale parisienne, se trouvant près de nous en ce moment nous recommanda de lui apporter un reçu des chefs du camp de Vaugirard, pour les deux soldats que nous allions y conduire […]. »