Thébert, Pierre, Jean

Biographie


Boutonnier ou ouvrier mécanicien. Il combattait, les armes à la main, le 28 juillet vers 14 heures sur la place de Grève au coin de la rue du Mouton, quand il fut atteint de deux coups de feu au crâne. Il mourut le 31 août à l’Hôtel-Dieu, des suites de sa blessure. Cet hôpital délivra un certificat qui constatait ainsi les causes de son décès : « Est entré à l’Hôtel-Dieu pour s’y faire traiter d’une plaie par arme à feu du crâne, qui a été suivie de compression du cerveau et de la paralysie du côté gauche du corps, et qu’il a succombé à cette maladie le 31 août 1830. » Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. La famille reçut un secours de deux cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 26 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Girardot, Claude, François, propriétaire, demeurant 15, rue de la Tixéranderie (sic) ; Marmignat, François (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 2, rue des Coquilliers ; François, Casimir, Théophile, distillateur, demeurant 20, rue du Roi-de-Sicile. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Thébert, Pierre, Jean et « savoir que le mercredi 28 juillet dernier, vers 2 heures de relevée, il se trouvait au coin de la rue du Mouton, les armes à la main et se battant contre les troupes suisses qui occupaient la place de Grève ; qu’ayant reçu deux coups de feu à la tête il fut mis hors de combat et obligé de chercher un asile à l’Hôtel-Dieu de Paris, où il est mort un mois après par suite de ses blessures ». Il laissait une fille, Pauline, Joséphine, née le 19 janvier 1828 (bien le 19 janvier 1828 dans le procès-verbal du conseil de famille ; par erreur le 22 janvier 1828 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste nominative des orphelines et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) à Paris, déjà orpheline de sa mère, Maugrain, François, Thérèse, Pierette, décédée le 18 janvier 1829 à Paris (ancien) XIIe arrondissement. Pauline, Joséphine reçut, par l’intermédiaire de son tuteur, le sieur Bernicard, limonadier, demeurant 17, rue de la Tixéranderie, un secours de quarante francs, le 14 août, un secours de cinquante francs, le 3 novembre 1830, un secours de cinquante francs, toujours par l’intermédiaire de son tuteur, orthographié Bernicard, le 28 février 1831, un secours de cinquante francs, le 16 mars 1831, toujours par l’intermédiaire de son tuteur, orthographié Bernicard, son grand-père maternel (Thébert, Pierre, Jean était le fils de son épouse en premières noces), un secours de trente francs, toujours par l’intermédiaire de son tuteur, orthographié Bernicard, le 25 avril 1831, un secours de vingt francs, toujours par l’intermédiaire de son tuteur, Bernicard, le 13 mai 1831, un secours de vingt francs, le 20 juin 1831, toujours par l’intermédiaire de son tuteur, un secours de vingt francs, le 26 juillet 1831, un secours de quarante francs, le 12 septembre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 24 septembre 1830, le conseil de famille fut constitué. Du côté paternel, de : Thebert, Anne, Geneviève, épouse de Bernicard, Joseph, limonadier, demeurant 17, rue de la Tixéranderie ; Bernicard, Joseph, limonadier, demeurant 17, rue de la Tixéranderie, grand-père par alliance avec sa femme ; Girardot, Claude, François, propriétaire, demeurant 17, rue de la Tixéranderie (sic) ; Deletre, Charles, Joseph (voir Delétrés, Charles, Joseph), peintre en bâtiment, demeurant 22, rue Sainte-Marguerite, en qualité d’ami. Du côté maternel, de : Deletre, Nicolas, Joseph, tonnelier, demeurant 18, rue de la Poterie, en qualité d’ami ; Pottier, Jacques (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, marchand de vin, demeurant 76, rue de la Tixéranderie, en qualité d’ami ; Dubreuil, Alexandre, Bourlier (voir Bourlier dit Dubreuil, Alexandre, Nicolas ?), maçon, demeurant 19, rue Sainte-Marguerite, en qualité d’ami. Bernicard, Joseph fut nommé tuteur, et Deletre, Nicolas, Joseph, subrogé-tuteur. L’orpheline fut pensionnée et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orpheline était composé de Bénicard, Joseph, limonadier, demeurant 17, rue de la Tixéranderie, et de Deletré, tonnelier, subrogé-tuteur, demeurant rue de la Poterie en 1831. En 1835, elle reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau ; elle avait été placée, le 15 avril 1835, sur la demande du tuteur, sans fortune par suite d’affaires malheureuses, chez Mlle Defrance, institutrice à Vincennes ; en 1836, elle y était toujours élève et se destinait « probablement au commerce », selon un bulletin de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. Le 24 juillet 1840, les restes de Thébert (sous le nom de Thébet, Pierre, Jean in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Thébert demeurait 41, rue de la Laiterie (1, rue de la Laiterie mais par erreur sur les listes du Constitutionnel, 34, rue de la Laiterie sur un certificat de notoriété in Archives nationales F/1dIII/77) ; sa fille, 17, rue de la Tixéranderie, chez son tuteur en octobre 1830-septembre 1831. Le nom de Thébert (P.-J. Thébert) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste nominative des orphelines, idem Etat nominatif des enfants au-dessous de sept ans des citoyens tués en juillet 1830, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (orphelins au-dessous de sept ans) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIe arrondissement et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 VIe arrondissement ; année 1839 VIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Aubry ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Hérembert ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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