Thiberge, Louis, Achille

Biographie


Né le 4 février 1809 à Beauvais (Oise), de Thiberge, Augustin, garçon boulanger, demeurant rue du Châtel à Beauvais, et de Huchez, Marie, Honorine, son épouse. Garçon boulanger. Armé d’un fusil et d’un sabre. Il faisait partie, le 28 juillet, d’un groupe de Parisiens qui attaquèrent un détachement de la garde royale, rue de l’Arbre-Sec, quand il fut atteint à la jambe gauche d’une balle morte. Quelque temps plus tard, rue de Rohan, il reçut un coup de baïonnette au bras ; enfin, au Palais-Royal, il fut renversé par un gendarme (reçut peut-être mais c’est pas sûr du tout un coup de sabre à la tête) et foulé aux pieds des chevaux. Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, deux cent quarante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il adressa, le 18 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Comme tant d’autres, j’eus le bonheur de participer à la défense de la liberté. Je fus atteint à la jambe gauche par une balle morte dans la décharge que firent sur nous les ex-lanciers, rue de l’Arbre-Sec. Cette blessure, qui sur le moment ne me fit ressentir qu’une faible douleur, ne m’empêcha pas de continuer à me battre et de me transporter à la place du Palais-Royal, où je fus terrassé par un gendarme, qui, me foulant aux pieds de son cheval, me meurtrit entièrement et me fit une large ouverture à l’avant-bras gauche et une au coude. A la formation de la garde municipale, je m’enrôlais et nous fûmes casernés momentanément aux Petits-Pères. Mais, à la visite du major, je fus réformé pour les dents. Etant protégé par M. Lemaire, capitaine de ladite garde, je fis des démarches jusqu’à ce jour où l’on vient de m’ôter tout espoir de pouvoir y entrer. […] » Il sollicitait la médaille de Juillet et « une place dans les douanes municipales de Paris ou d’inspecteur pour l’enlèvement des boues ou enfin tout autre dans laquelle je puisse vivre honorablement du fruit de mon travail. Je peux donner des preuves que mes blessures m’ont fait manquer un établissement avantageux. » Sa demande était apostillée par Potereau, « volontaire du roi » ; Testard, demeurant 62, rue des Gravilliers. Le 21 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Setizat, Claude, boulanger, demeurant 55, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Lamel, Jacques (voir ce nom), cordonnier, demeurant 6, rue de la Sonnerie ; Vilquint, Jean-Baptiste (voir ce nom), artiste fabricant de peignes à cachemire, demeurant 121, rue de la Harpe. Ils attestèrent parfaitement connaître Thiberge, Louis, Achille « et savoir que le 28 juillet dernier il est sorti de son domicile, armé d’un fusil et d’un sabre, dans l’intention de combattre pour la liberté ; qu’arrivé rue de l’Arbre-Sec il attaqua avec d’autres citoyens un détachement de l’ex-garde royale et que, dans ce combat, il reçut dans la jambe gauche une balle amortie ; qu’ensuite s’étant porté rue de Rohan et dans les mêmes intentions il reçut un coup de baïonnette dans le bras gauche ; qu’enfin, se trouvant sur la place du Palais-Royal il fut renversé par un gendarme et foulé aux pieds de son cheval ». Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement, délivra un certificat pour attester que « l’état de sa fortune est tel que les secours ou la pension qui pourraient lui être accordés par la Commission des récompenses nationales lui sont indispensables pour soutenir son existence ». En date du 29 septembre 1830, sur l’attestation de Chevreau, Jean-Baptiste, François, marchand fromager, demeurant 47, rue des Gravilliers et de Auger, Louis, marchand boulanger, demeurant 50, rue des Gravilliers, le commissaire de police du quartier Saint-Martin-des-Champs lui délivra un certificat de bonnes vie et mœurs et qu’il jouissait d’une bonne réputation et de tous ses droits civils, a effet de le présenter pour entrer dans la garde municipale. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Thiberge, et le seul prénom d’Achille sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 1er mars 1830, la conclusion suivante : « A été atteinte dans les journées de Juillet de blessures par arme blanche et par arme à feu, l’une à la partie antérieure et supérieure de l’avant-bras gauche, l’autre à la partie externe de la jambe du même côté ; toutes deux guéries mais avec quelques difficultés dans les mouvements de l’avant-bras. » Il fut admis dans la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 9 juillet, et son brevet le 20 août 1831. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Sa veuve, née Sassagnait, reçut un secours de cinquante francs en 1851 et en 1852, à titre de veuve d’un médaillé. Il demeurait 24, rue Tirechappe en juillet 1830 ; 62, rue des Gravilliers en 1830 (mais 24, rue Tirechappe puis 62, rue des Gravilliers sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 288 n° 7, 62, rue des Gravilliers in Archives de Paris VD6 3 et in Archives nationales F/1dIII/39 ; 53, rue Grénetat in Archives nationales F/1dIII/38 A et in Archives nationales F/1dIII/77 sur la couverture de son dossier) ; 62, rue des Gravilliers en octobre 1830 dans une lettre qu’il adresse à la Commission in Archives de Paris VD6 278) ; 13, rue Greneta en 1831 et 6, rue de la Vrillière en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 A (24, rue Tirechappe en juillet 1830 puis 53, rue Grenetat dans les dépositions du 21 avril 1831, devant le juge de paix) ; 46, grand-rue à La Chapelle vers 1838 ; sa veuve, à Beauvais en 1851 ; boulevard du Moulin-à-l’Huile à Beauvais en 1852. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 73 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Tiberge, Achille) ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 2e catégorie de la 2e classe ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’autoriser, par imputation sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, l’ordonnancement d’une somme de deux cent vingt francs, pour être répartie à titre de secours entre quatre décorés et deux veuves de juillet 1830, minutes 176-177, idem Proposition d’autoriser sur le crédit ouvert au chapitre 6 du budget de 1852, l’ordonnancement d’une somme de 745 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre huit victimes de juillet 1830 domiciliés dans divers départements, minutes 230-231, en date du 30 juillet 1852.

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