Thiébaut
Biographie
Né vers 1813. Fils de Thiébaut, Denis. Son père sollicita pour lui la décoration de Juillet, rappelant dans quelles circonstances, son fils avait participé aux combats de Juillet : « […], Jeune homme de seize ans et demi, qui, le 28, après avoir coopéré au désarmement du poste du port Saint-Paul occupé par la ligne, a contribué de tout son pouvoir à la conservation de leur vie et a rivalisé de courage à l’Hôtel de ville. Le 29, après nous être assurés de la soumission des casernes des Minimes, où nous nous sommes chargés de munitions, de celle du Petit-Musc, où il s’est couvert d’une cuirasse et d’un casque, de celle de l’Ave-Maria, où on s’est procuré des armes, et de la brigade de gendarmes casernés à la barrière du Trône ; enfin après la prise du Louvre, en me quittant, s’est jeté éperdument sur la place du Carrousel et, un des premiers, est entré au château. Ensuite a fait partie d’un détachement dirigé sur Clichy ; à leur retour, on les a constitués gardiens des appartements ; ce n’est que le 30 à 2 heures après-midi avec la permission de ses chefs qu’il est venu calmer nos inquiétudes, assuré du bon ordre établi dans la capitale ; il a fait remise à la VIIIe légion de sa cuirasse et de son casque. Il a surpassé mon attente par sa belle conduite. Sire, ce n’est pas le langage d’un père que je tiens, c’est celui d’un juge intègre. Il a voulu, dans son noble élan, sacrifié sa liberté en prenant du service au régiment des lanciers d’Orléans ; il est resté vingt-neuf jours à l’Ecole militaire, a été occupé au rétablissement des lits et effets de casernement, est allé en remonte ; à son retour, le colonel Sourd l’a remercié, n’ayant point l’âge révolu par la loi. Par la suite de ses fatigues, il est resté vingt-deux jours au lit, avec amputation aux talons, pour cause de durillons forcés. Le traitement de ses blessures et de la mienne sont à mes frais. Je n’ai reçu ni ne réclame aucune remise de fonds, glorieux d’avoir versé notre sang pour la cause qui vous lie à nous. Nous sommes encore prêts, s’il le faut, à verser le reste pour affermir votre couronne […]. » Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiébaut, Denis.