Thiellement, Pierre, Louis

Biographie


Né le 12 mars 1772 à Bar-sur-Aube. Colonel de l’ancienne armée, en retraite, chevalier de la Légion d’honneur (il n’est pas dans la base Leonore de la Légion d’honneur). Sans ressources après la révolution, il était compris sur une liste de personnes (sous le nom de Thielmann, Pierre, Louis) qui avaient besoin de secours, liste établie par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; la mairie de cet arrondissement ajoutait l’information suivante le concernant : « Il a pris les armes pour la défense de la patrie dans les journées des 27, 28 et 29 juillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 14 août, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il comparut, le 28 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, pour attester avoir connu parfaitement Grosjean, Jean-Baptiste (sic) (voir ce nom) et qu’ils savent « qu’il a pris une part active au triomphe de la liberté à Paris au mois de juillet 1830 ; qu’ils l’ont vu le 28 dudit mois combattre vaillamment avec eux et notamment sous les ordres immédiats dudit sieur Thiellement, l’un des comparants ; qu’ils l’ont vu également succomber victime de son noble dévouement, ayant été sur la place de Grève, au coin de la rue de la Mortellerie, atteint d’une balle à la tête ; qu’il tomba et expira sur-le-champ, à côté dudit sieur Thiellement ». Il signa, le 10 août 1831, le certificat suivant en faveur de Gaillet, Pierre : « Je, soussigné, officier supérieur de l’ancienne armée, membre de la Légion d’honneur et décoré des trois jours, certifie que le sieur Gaillet s’est présenté devant moi dans la journée du 28 juillet, heure de 3 heures après-midi pour me demander des armes ; n’en n’ayant pas de disponible, il s’est porté ailleurs. J’étais alors rue de la Mortellerie. » Il signa, le 7 août 1831 et comme « officier supérieur, officier de la Légion d’honneur, décoré des trois jours, demeurant dans le quartier des Quinze-Vingts », le certificat suivant en faveur de Lagondé, Théodore, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que, dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet, le nommé Théodore Lagondé a combattu avec un zèle sans borne. Le 28, il s’est joint à nous, rue Saint-Antoine, pour repousser les gardes royaux. Il a déployé la valeur d’un vieux militaire, dont quelques-uns ont tombé sous ses coups. Le 29 juillet, il déploya le même courage et fut un des braves qui les premiers firent l’attaque du Louvre et ensuite rue de Rohan […]. » Il apostillait « comme officier supérieur de l’ancienne armée, membre de la Légion d’honneur, décoré des trois jours de juillet » ainsi une lettre de Laisne, Joseph, Sylvie pour tenter de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie que le sieur Laisne, Joseph, ancien militaire, a, pendant les journées mémorables de juillet dernier, encouru de grands dangers, qu’il ne m’a pas quitté, qu’il a combattu avec un sang-froid et un courage digne d’un Français, que sa conduite mérite tout éloge. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste à Palbra, Armand, Pierre) de la pétition qui, le 9 mai 1831, protestèrent contre les conditions dans lesquelles s’était faite la réunion du passage Saumon et réaffirmaient sa fidélité à Louis-Philippe. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de la Croix de Juillet, considérant qu’ils doivent à leur conscience de manifester leur opinion sur le résultat de la séance tenue au passage du Saumon, le 6 mai dernier, ont arrêté de rendre publique la déclaration suivante. Les hommes de Juillet, dévoués avant tout à leur pays ont combattu pour renverser l’arbitraire, secouer le joug qu’on voulait imposer à la liberté, renverser du trône le roi parjure. Déposant les armes immédiatement après leur victoire, ils accompagnèrent de leurs acclamations le lieutenant-général du royaume à l’Hôtel de ville et bientôt après reconnurent en lui le roi des Français, le roi citoyen. Fidèles à leur dévouement, ils ne demandèrent, ils ne sollicitèrent aucune faveur ; la loi du 13 décembre 1830 décerna des récompenses nationales à ceux qui dans les grandes journées de Juillet avaient sauvé la patrie, versé leur sang pour elle et mérité par leur conduite de voir leurs noms inscrits aux tables de nos lois. Une commission dont les membres choisis parmi les citoyens qui avaient pris la part la plus glorieuse aux événements de la grande semaine fut instituée ; un travail long et consciencieux fut le résultat de recherches et d’investigations pénibles ; le zèle des commissaires et des jurés quoique toujours à l’épreuve ne se ralentit pas ; enfin 1528 citoyens furent désignés par la Commission pour recevoir la décoration spéciale que leur accordait la loi. Immédiatement un rapport présenté au roi par le président du Conseil des ministres lui proposa de décerner lui-même ces récompenses au milieu des trophées de notre gloire militaire, sous les yeux de nos héros mutilés, dans le temple même où Napoléon voulut rehausser l’éclat de l’ordre qu’il avait fondé, par la vue de nombreux étendards conquis par le courage français, au nom de la patrie et de la liberté. Le rapport du ministre fut suivi d’une ordonnance qui apporte deux modifications dans la proposition de la Commission, l’une repose sur la couleur du ruban, l’autre sur l’inscription ajoutée à la décoration ; l’ordonnance prescrit en outre la formule suivante du serment que doit prêter chaque décoré : “Je jure fidélité au roi des Français, à la charge constitutionnelle et aux lois du royaume.” Les soussignés n’entreprendront point de combattre les motifs qui ont engagé leurs camarades à repousser les dispositions qui viennent d’être énoncées, ils se contenteront seulement de manifester leur opinion quant à ces dispositions. Les soussignés auraient vu avec satisfaction que l’ordonnance du roi maintînt la couleur du ruban proposé par la Commission, attendu que celui adopté est identiquement semblable aux deux ordres espagnols créés en 1808 et 1809 (Voyez la Collection historique des ordres de chevalerie par Perrot, Paris, 1820, deux volumes in 4° n° 42 et 45). Ils déclarent que ces mots Donné par le roi ne changent pas à leurs yeux la nature de la récompense, qui est et ne peut être qu’une récompense nationale et non une faveur royale ; qu’ils ne voient dans ces mots Donné par le roi que l’expression manifeste du désir de Sa Majesté d’associer son nom aux événements glorieux de Juillet, attendu que le roi ne peut aux termes mêmes de la loi ajouter ni retrancher aux noms inscrits par la Commission des récompenses nationales. Quoique, selon eux, aucune disposition législative ne les contraigne à la prestation du serment déterminé par l’ordonnance du 30 avril dernier, ils déclarent qu’ils prêteront serment de fidélité au roi des Français, gardien de la liberté, à la charte constitutionnelle qui la consacre, aux lois du royaume qui la présenteront enfin dans tout son éclat ; ils ne voient dans ce serment ni un acte de féodalité, ni un souvenir du Moyen Age, ni un lien de vassalité. Ils ont trop de franchise pour ne pas déclarer qu’armés pour la liberté, ils ont déposé les armes lorsqu’elle fut reconquise et qu’ils sauraient les reprendre de nouveau si jamais elle était menacée. » Le 7 septembre 1831, il adressait la lettre suivante à Laborde, député de Paris : « Nous avons appris avec plaisir que vous étiez chargé près la Chambre des députés du rapport concernant les combattants de Juillet qui se sont rendus dignes de la récompense nationale en donnant des preuves de leur attachement pour le maintien de nos droits de citoyens, en s’opposant par la force des armes au parti contraire. Nous, décorés de la croix de ces trois mémorables journées, reconnus pour tels par la Commission chargée de recueillir les belles actions, nous soussignés, vous supplions de prendre pour agréable les observations qui nous paraissent mériter votre attention. Il est de fait, monsieur, que la Commission a été induite en erreur, qu’il y a eu beaucoup de décorés qui ont été blessés en combattant, d’autres qui l’ont été qui n’étaient que spectateurs, sans être munis d’armes. Enfin, on peut le dire et l’assurer il en est de ces décorés qui étaient absents de la capitale et d’autres chez eux, etc. Il serait bien dur, monsieur, de voir de ces individus profiter des dons patriotiques tandis que des braves en seraient privés, surtout après avoir encouru sans désemparer les plus grands dangers ; il en est parmi les soussignés qui ont reçu de légères blessures, qui ont commandé pendant ces mémorables journées, d’autres qui se sont fait remarquer par leur intrépidité. Il serait bien dur, dis-je, de ne pas participer à ces récompenses. Les blessés ne sont pas les seuls qui se sont rendus dignes de cette récompense nationale. Ceux qui ont tenu jusqu’à ce que la tranquillité soit rétablie ne doivent-ils pas être autant considérés (sic). Les soussignés, monsieur, ont l’espoir que vous prendrez en considération leur justes observations, qu’indistinctement ces récompenses seront partagées à tous les décorés qui les ont méritées en défendant la charte constitutionnelle et nos droits de citoyens, observant de plus que pour secours nous n’avons reçu que les vingt-cinq francs qui ont été donnés le 27 juillet dernier. Veuillez, etc. P.S. Les signataires observent qu’ils sont pères de famille et qu’ils ont un besoin extrême de secours. » Signé : Thiellement ; Kreuder (voir Krender, Henri, Louis), demeurant 48, rue de la Roquette ; Audille (voir Audille, Louis) ; Simon, dit capitaine la Blouse (voir Simon, Marie, Auguste, Simon), demeurant 48, rue de la Roquette ; Falotte (voir Fallotte, Simon, François), demeurant 48, rue de la Roquette ; Bonnin (voir Bonnin, Jean-Baptiste), demeurant 37, rue de Bercy ; Vicini (voir Vicini, Joseph, Albert) ; Petit, Armand (voir ce nom). Thiellement participa à l’émeute des 5 et 6 juin 1832. On trouve dans l’Ami de la religion et du roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, Paris, 1832, tome soixante-douzième, p. 382, l’article suivant : « Le premier conseil de guerre a jugé, le 21, le sieur Thiellement, ancien militaire, qui se donnait le titre de colonel en retraite, membre de l'Association gauloise, prévenu d'embauchage, d'outrage envers la garde nationale et de participation au complot des 5 et 6. La cause a été défendue par M. Hardy. Le conseil, après trois-quarts d'heure de délibération, l'a déclaré coupable de complot non suivi d'actes pour en commencer l'exécution, et Thiellement a été condamné à dix ans (sic) de détention. » Puis de nouveau dans l’Ami de la religion et du roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, Paris, 22 octobre 1836, n° 2723, tome quatre-vingt-onzième, p. 156, l’article suivant : « Mercredi, 19 du courant, vers 6 heures du soir, treize condamnés politiques détenus dans la prison de Doullens (Somme) sont parvenus à s’échapper. Ce sont les nommés Chéry, Caillé, Crévat, Lagrange, Laporte, Lecouvreur, Marigné, Régnier, Stiller, Rocksinski, Thiellement, Thomas, Villard. Quatre autres ont fait la même tentative, mais deux d’entre eux se sont blessés en franchissant le rempart et ont été repris. Les deux autres allaient s’évader lorsque l’alarme a été donnée. Il paraît que cinq des fugitifs ont été arrêtés à trois lieues de Doullens. » Nous empruntons aux Cahiers de la Bastille n° 2, édités par le Comité d’Histoire de la Bastille et du 14 juillet, l’article suivant, paru en 1981 et signé de Baudrier, Pierre : « Dans le carton F/1dIII/39 des Archives nationales, regroupant des documents sur les décorés de juillet 1830, Pierre-Louis Thiellement apparaît dans une liste du (ancien) IIIe [lire Ve, N.D.A.] arrondissement de Paris comme né le 12 mars 1772 à Bar-le-Duc (Aube). Le carton BB/18/1330, contenant les listes d’insurgés des 5 et 6 juin 1832 – Thiellement en avait fait partie – révèle qu’il était âgé de soixante ans, fabricant de visières, demeurait 47, rue Saint-Maur et était natif de Bar-sur-Aube. En fait on ne trouve pas trace d’un Thiellement, né le 12 mars 1772 à Bar-le-Duc, Bar-sur-Aube et même Bar-sur-Seine. L’insurrection de 1832 déclenchée à l’occasion des obsèques du général Lamarque et romancée dans Les Misérables de Victor Hugo fut vivement réprimée, et Thiellement incarcéré à Sainte-Pélagie (Le registre d’écrou de Sainte-Pélagie est coté DY/8 aux Archives de la Seine) puis au Mont-Saint-Michel, le 7 juin 1833 (Voir la page 170 de l’ouvrage suivant L’Hommedé E. Le Mont-Saint-Michel, prison politique sous la monarchie de Juillet, Avranches, imprimerie de l’Avranchin, s.d., 195 p., texte publié également dans la Revue de l’Avranchin, 1931, fasc. 146, pp. 481-592, fasc. 147, pp. 37-119). D’après le livre de l’Hommedé, Thiellement était fils de feu Louis et de feue Jeanne Aumontée. Sa profession était cette fois de “verrier à Paris”, il était condamné à sept ans de détention. Son procès devant le conseil de guerre de Paris (Gazette des tribunaux, vendredi 22 juin 1832, 7e année, n° 2139, page de titre et p. 840 ; le Moniteur universel, n° 174, 22 juin 1832, p. 1368, n° 177, 25 juin 1832, pp. 1371-1372, n° 184, 2 juillet 1832, p. 1411 ; Archives parlementaires, 2e série, tome 77, 1832, p. 758), le 21 juin 1832, fait apparaître qu’il usurpait le titre de colonel. Il était en fait centurion dans une société secrète. Dans les livres de l’époque, Thiellement était présenté, avec Marchand, comme le chef de la Société gauloise, groupe de républicains et de carlistes – ou partisans de Charles X – réunis pour lutter contre Louis-Philippe. Selon l’usage de l’époque, le nom de Thiellement était orthographié de manière fantaisiste : Thielmans d’après Delahodde (Delahodde, Histoire des sociétés secrètes et du parti républicain de 1830 à 1848, Paris, Le Mans, 1850, p. 106) et Tilmann dans Chenu (Chenu, Les Conspirateurs, 2e partie, Paris, 1850, p. 14), par exemple. On a vu que son lieu de naissance n’était pas plus fixe. L’insurrection des 5 et 6 juin prit fin après la chute du cloître Saint-Merry et c’est de toute évidence Thiellement qu’il faut identifier au faux général évoqué au procès des vingt-deux accusés du cloître Saint-Merry (Procès des vingt-deux accusés du cloître Saint-Méry événements des 5 et 6 juin 1832 suivi de pièces justificatives, Paris, chez Rouanet libraire, 1832, Réimprimé dans Les Républicains devant les tribunaux 1831-1834, Paris, 1974, pagination multiple, Les Révolutions du XIXe siècle, 11). Le témoin Millerat dépose : “Le 5 juin, à 7 heures du soir, il y avait un groupe de jeunes gens, rue Saint-Merry ; ils étaient accompagnés d’un général qui pouvait avoir soixante ans ; ils ont arrêté une voiture ; le général a donné des ordres…” (Ibid, p. 25. On trouve également de faux généraux, à plusieurs niveaux, dans l’attentat carliste de la rue des Prouvaires qui eut lieu dans la nuit du 1er au 2 février 1832, Le Moniteur universel n° 187, 5 juillet 1832, p. 1423 ; n° 190, 8 juillet 1832, p. 1446). Le sieur Dupont, tailleur, “a également vu un général ayant la croix de commandant de la Légion d’honneur…” (Ibid, p. 27). M. Simon père est très précis : “Oui, j’étais convoqué pour me réunir à ma compagnie à l’hôtel Jabach, où j’arrivai le premier. Après il vint à passer un général… Quand je dis un général, c’était un général de façon… Il boitait de la jambe gauche, avait des favoris blancs et un béquillon à la main ; il avait des graines d’épinard sur un frac. Cet homme dit aux jeunes gens qui étaient assemblés : Allons mes amis, voilà le moment, faisons une barricade (Ibid, p. 32). Pour le procureur, le vieillard à la béquille est bien un “prétendu général” (Ibid, p. 93) et l’accusé Jeanne, autre décoré de Juillet, a beau jeu de demander au témoin Millerat “s’il est bien sûr d’avoir vu un général” (Ibid, p. 26) et d’affirmer : “Il n’y en avait pas, je l’affirme sur l’honneur et je puis le faire (Ibid, p. 26). Le président qui rétorque “Prenez garde, vous avez pu ne pas voir ce général” (Ibid, p. 27) semble avoir été moins bien informé que le procureur. Le général a donc sensiblement le même âge que Thiellement et le compte-rendu du procès du 21 juin confirme d’autres détails, comme on le lira ci-dessous. Notons d’abord que le conseil de guerre avait condamné Thiellement à vingt ans de travaux forcés. C’est la 2e section de la cour d’assises qui, le 30 novembre 1832, après la cassation du jugement, avait prononcé le verdict de sept ans de détention. Dans la Gazette des tribunaux du 22 juin donc, il apparaissait que Thiellement avait été arrêté le 6 juin, c’est-à-dire le lendemain de l’érection de la barricade et qu’il portait une canne. Le président du conseil de guerre lui ayant demandé s’il avait insulté la garde nationale, l’accusé lui avait répondu : “Non, M. le président, on s’est mépris. J’étais sur la porte d’un marchand et vin et je montrai avec ma canne un détachement qui escortait des tambours qui battaient le rappel, en disant : “C'est de la Ve légion”… Le lieutenant crut que je l’insultais ; cinq ou six hommes se jetèrent sur moi et m’arrêtèrent” (Gazette des tribunaux, vendredi 22 juin 1832, 7e année, n° 2139, page de titre). Le témoin Cottin a vu toujours l’accusé décoré de la Légion d’honneur” (Gazette des tribunaux, vendredi 22 juin 1832, 7e année, n° 2139, p. 840). Notre conviction est renforcée par une remarque de Cabet dans Les Masques arrachés : “Les combattants de Saint-Merry nous auraient fusillés comme un traître parce qu’un ancien colonel leur avait dit, pour les entraîner, que nous avions promis de venir les joindre à la barricade avec des hommes et des munitions ; et que, ne nous voyant pas arriver, ils criaient contre nous à la trahison” (Cabet, Les Masques arrachés, Paris, 1844, p. 64). L’apparition d’un général le jour de l’insurrection est un thème de l’époque. Dans le règlement particulier de la Société de l’ordre et du progrès, lu au procès d’avril 1831 des dix-neuf citoyens, on lit à l’article 11 : “En cas de mouvement, le président, assisté du secrétaire et d’un membre du comité diplomatique, remplit les fonctions de général et chaque membre est tenu de lui obéir” (Supplément au Courrier français du mardi 5 avril 1831, n° 95, p. 1). Ces dix-neuf citoyens étaient accusés d’avoir fomenté des troubles lors du procès des ministres de Charles X, du 20 au 22 décembre 1830. Dans le compte-rendu du procès des dix-neuf citoyens, on lisait encore : “Autre rapport très important de M. D… ; gouvernement provisoire organisé, composé de six membres à douze mille francs, et d’un président à cent mille francs. Appel aux assemblées primaires ; tous les citoyens auront droit de suffrage ; chaque cercle de 500 nommera un électeur ; 100 électeurs nommeront un député à la Convention nationale, et chaque député aura vingt francs par jour pendant qu’il siégera. Les noms du président et des six membres ne seront connus que deux heures avant l’exécution ; on nous donnera alors l’explication que nous désirerons.” (Supplément au Courrier français du mardi 5 avril 1831, n° 95, p. 1) (Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république, Paris, 1831, pp. 6, 24-25, 137 et à vrai dire à la page 1 mentionnée dans la note précédente. Le texte est donc répété deux fois, ne serait-ce que dans le compte-rendu du procès lui-même. L’ouvrage est reproduit aussi dans Les Républicains devant les tribunaux 1831-1834, Paris, 1974). Ce passage était extrait du journal de l’accusé Sambuc. Pour qui connaît la Loi du peuple d’Alexandre, Louis, Honoré Lebreton Deschapelles, champion d’échec et de whist, et de Robert, Richard O’Neilly [lire O’Reilly, N.D.A], publiée en 1848 mais rédigé dès 1830, M. D. fait penser étrangement à Deschapelles. O’Neilly [lire O’Reilly, N.D.A] fut secrétaire général de la préfecture de police en 1848, et maire du (ancien) Xe arrondissement en 1870. Le système électoral de la Société de l’ordre et du progrès est le même que celui de la Loi du peuple, et Rémusat prétend dans ses Mémoires (Rémusat, Mémoires de ma vie, La Restauration ultraroyaliste, la Révolution de Juillet 1830-1832, présentés et annotés par Charles H. Pouthas, Paris, 1959, p. 504) que les troubles du 14 juillet 1831 devaient porter Deschapelles au pouvoir. Il le nomme Lachapelle, le confondant avec un insurgé lyonnais de novembre 1831. C’est dire que Deschapelles était sur la brèche au début de la monarchie de Juillet. Quoi qu’il en soit, il était certainement le véritable chef de la Société gauloise de 1832, comme le révèle un rapport du préfet de police Gisquet du carton E/5/26 des Archives de la guerre (Extraits publiés dans Maurice Amour, Un document inédit et secret sur les événements de juin 1832, Société Chateaubriand, bulletin nouvelle série n° 20, 1977, pp. 68-70). Cabet connaissait aussi Deschapelles : “Que de mal n’a pas fait l’émeute de juin, cette émeute désapprouvée par toute la tête du parti révolutionnaire qui voulait ne considérer le convoi de Lamarque que comme une revue des forces populaires et qui préférait livrer la bataille un mois après, à l’anniversaire de juillet ; cette émeute, commencée par une petite société secrète, la Société gauloise, composée de républicains et de carlistes, organisée et dirigée par un spéculateur à la Bourse, qui se nommait dictateur, et qui croyait follement tout entraîner avec une poignée d’hommes ; cette émeute qui amena l’état de siège, qui engagea si malheureusement la banlieue, qui fit tant de victimes et qui empêcha une révolution certaine un mois plus tard.” (op. cit. p 45). Comme le montre le procès du 21 juin, Thiellement n’était qu’un embaucheur connu nécessairement de la police. Sa présence sur la barricade en faux général, prouve uniquement que le véritable chef avait renoncé à se dévoiler (La naïveté de Deschapelles avait des limites précises, à en juger par cet extrait de son Traité du whist de 1840 : “Sitôt que la distribution des cartes est terminée, chacun entre en possession du jeu qui lui est dévolu. Ici, comme dans toutes les acquisitions, il semble que l’on doit commencer par en prendre connaissance ; on réunira donc ses couleurs ou au moins on les rangera de la manière à laquelle on est habitué ; l’essentiel est de les bien caser dans l’esprit. On voit des joueurs qui conservent dans la main leur jeu tel qu’ils l’on levé ; et si ce mode ne leur occasionne jamais d’erreur, nous le reconnaissons pour le meilleur. On en voit d’autres qui assemblent hardiment leurs couleurs, sans s’occuper s’ils ont des témoins, s’ils ont des ennemis qui peuvent apprendre une partie de ce qu’on doit leur laisser ignorer. Il y en a d’autres qui vont bien plus loin ; avec un grand sang-froid, avec une candeur unique, ils envoient chaque couleur à une place, ou invariable ou harmonisée avec un système dont la clé est facile à trouver. Là, ils classent par rang de taille, retournent d’abord les figures ; apparemment pour que le sang ne leur tombe dans la tête. Ensuite, poussant leur idée à bout, ils retournent aussi les piques, les cœurs et les trèfles, apparemment aussi de crainte d’émousser les pointes, qui regarderaient en bas, sans s’être aperçus qu’on les regardait, que les autres avaient depuis longtemps fini leur besogne ; que la table était déjà couverte de cartes jouées. Ils arrivent enfin pour dire avec un calme imperturbable Messieurs, placez les cartes. Ainsi, engloutis dans une opération puérile, dans une sorte de monomanie, ils entrent dans l’action, non seulement dépourvus de notions préliminaires mais avec l’énorme désavantage d’avoir pour ainsi dire établé leur jeu.” pp. 106-108), comme prévu, au moment décisif. Alors que selon Gisquet, informé à l’avance, le dictateur Deschapelles et le commandant militaire Ramorino auraient dû se donner le bras au convoi, Ramorino y participa en fait avec les Polonais, en uniforme de l’armée polonaise. Deschapelles n’était donc pas tout près de lui. Son biographe Saint-Amant (Le Palamède, 1847, p. 502) précise simplement qu’il portait le 5 juin la Légion d’honneur, qu’il avait effectivement gagnée à la bataille d’Ettlingen en 1796. S’il arborait la même décoration que Thiellement, Deschapelles ne boitait pas – la littérature échiquéenne l’aurait signalé – et n’avait pas de canne. Ayant perdu la main droite à Ettlingen, tout au plus aurait-il eu à l’occasion un petit chevalet au poignet pour chasser (L’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1875, col. 283). D’après les Mémoires de Gisquet, Ramorino aurait été arrêté et relâché immédiatement (Gisquet, Mémoires de M. Gisquet, ancien préfet de police, écrits par lui-même, tome 2, Paris, 1840, p. 240). Arrêté lui aussi, Deschapelles ne serait resté que quelques jours en prison (idem pp. 240-241). On sait que Thiellement fut condamné à sept ans de détention. Selon L’Hommedé, il quitta le Mont-Saint-Michel pour la prison de Doullens le 16 juin 1836. Il s’en évada (liasse Y 250 au Archives départementales de la Somme et BB/18/ 1364 aux Archives nationales) le 19 octobre 1836 – peu avant l’amnistie de 1837 – avec Emile Caillé, Louis Chéry (voir ce nom), Victor Crevat, Charles Lagrange, Pierre Laporte, Joseph Lecouvreur, Louis Marigné, André Régnier, Rochzinski, Adolphe Stiller, Léonard Thomas. Grâce au Journal du peuple, nous le retrouvons un an plus tard : “L’un des évadés de Doullens, l’ex-officier Tilleman, vieillard âgé de soixante-cinq ans, qui, après son évasion, avait trouvé une retraite dans les environs d’Arras, et était de là passé en Belgique, vient d’être arrêté à Paris, où il se trouvait depuis plus d’un mois.” (Journal du peuple, n° 41, 4e année, 8 octobre 1837, p. 3) Puis quelques mois plus tard : “M. Thiellement, ancien officier de l’Empire, condamné de Juin, vient de recevoir, quoique amnistié, l’ordre de quitter Paris lundi prochain, sous peine d’être arrêté pour rupture de ban. On a déjà, pour le même motif, fait subir à M. Thiellement deux mois et demi d’emprisonnement à Sainte-Pélagie depuis son amnistie. Le ministère paraît s’attacher de plus en plus à prouver qu’il n’a entendu recourir, en promulguant cet acte politique, qu’à une mesure d’urgence dont il convoitait tout le profit” (Journal du peuple, n° 8, 5e année, 25 février 1838, p. 3). Nous perdons la trace de Thiellement, à moins qu’il ne faille l’identifier à Tilman, signalé par G. Boussinesq comme membre du Comité républicain de Reims en 1848 (Boussinesq, Reims à la fin de la Monarchie de Juillet et pendant la période révolutionnaire de 1848, in La Révolution de 1848, XIX, p. 230). » Thiellement demeurait 6, rue de la Croix en 1830 (sur les listes de la mairie du [ancien] VIe arrondissement) ; 9, rue Bichat (mais 47, rue Saint-Maur en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 415) en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste nominative des personnes qui ont besoin de secours, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier (sous le nom de Thielmann, Pierre, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gaillet, Pierre (sous l’orthographe erronée de Chiellement) ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Grosjean, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 415. In Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lagondé, Théodore, idem in dossier Laisne, Joseph, Sylvie ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; l’Ami de la religion et du roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, Paris, 1832, tome soixante-douzième, p. 382 ; l’Ami de la religion et du roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, Paris, 22 octobre 1836, n° 2723, tome quatre-vingt-onzième, p. 156 ; Cahiers de la Bastille n° 2, édités par le Comité d’Histoire de la Bastille et du 14 juillet, 1981, article de Baudrier, Pierre.

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