Thirion, Nicolas, Marie

Biographie


Herboriste, 27, rue du Chantre-Saint-Honoré près du Louvre en 1830. Il adressa, en juillet 1831, la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « […] A l’honneur d’exposer que dans les journées des 28 et 29 juillet 1830, il a administré des secours, conjointement avec son épouse (même au péril de leur vie) à quantité de personnes blessées dans les combats desdits jours, […] le plus grand nombre, environ une vingtaine lui étant inconnu ; que les secours et les soins qu’il leur a donnés, en tout genre, lui ont occasionné des frais assez considérables, que son humanité l’a engagé à faire sans réfléchir au tort que cela pouvait lui porter, que tombé malade par suite de ce bouleversement et des peines qu’il avait éprouvées, il n’a connu que bien tard qu’on accordait des dédommagements et des récompenses aux défenseurs de Juillet et aux personnes qui y ont concouru ou en ont souffert, il n’a pu faire à temps sa réclamation à la Commission des récompenses nationales, qu’ayant éprouvé par cet événement une perte d’environ sept à huit cents francs, que n’étant pas fortuné et étant père de six enfants dont cinq sont en bas âge, il est obligé de supplier Votre Excellence d’avoir la bonté de lui accorder une indemnité pour le dédommager des sacrifices que son humanité et son dévouement à la chose publique lui ont occasionnés ; que le sieur Duplessis, herboriste à la halle, ayant reçu une indemnité qu’on dit être considérable pour avoir comme l’exposant pansé et secouru des blessés, le sieur Thirion espère qu’il vous plaira d’accueillir favorablement sa demande qui, quoique tardive, n’en n’est pas moins juste car sa vie et celle de sa famille ont couru les plus grands dangers, les balles pénétraient jusque dans sa boutique. » Sa demande était apostillée comme reflétant la plus exacte vérité par : Pauchet, demeurant 21, rue du Chantre-Saint-Honoré ; Leblanc, demeurant 27, rue du Chantre-Saint-Honoré. Plusieurs certificats étaient joints à sa demande. Le premier, signé de Desorgerie, Hubert, Marie (voir ce nom), ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie […] que le sieur Thirion […] s’est dévoué entièrement pour secourir nos malheureux blessés et que moi-même le 29 dudit je reçus deux coups de baïonnette, l’un au téton droit et l’autre au bras gauche, rue Saint-Honoré près la place du Palais-Royal. Je fus transporté chez le sieur Thirion, lequel m’a pansé le premier et m’a donné tous les soins nécessaires et, de plus, je certifie qu’il a agi de même envers plusieurs de mes camarades, compagnons d’infortune. » Le deuxième, signé de Leroy, Thomas, Léonard (voir ce nom), ainsi rédigé : « Je, soussigné, Leroy, Thomas, Léonard, […] certifie que dans la mémorable journée du 29 juillet dernier par suite d’une blessure que je reçus sur la place du Palais-Royal sur l’omoplate gauche par un coup de baïonnette ; je me suis présenté chez le sieur Thirion, […] et que ce généreux citoyen après avoir étanché le sang qui coulait avec abondance de ma blessure m’a prodigué les soins les plus empressés ainsi qu’à plusieurs autres braves défenseurs de nos libertés et qu’enfin son établissement était ce jour-là une espèce d’ambulance. » Le troisième, signé de Laligant, Claude, Blaise (voir ce nom), ainsi rédigé : « Je, soussigné, Claude, Lalligant, […] certifie que dans la mémorable journée du 29 juillet dernier par suite d’une blessure grave que j’ai reçue à l’ombilic par une balle qui m’a atteint par ricochet. Je me suis présenté chez le sieur Thirion, marchand herboriste, rue du Chantre-Saint-Honoré, n° 27, et que ce généreux citoyen après avoir étanché le sang qui coulait avec abondance de ma blessure m’a donné les soins les plus empressés ainsi qu’à plusieurs braves défenseurs de nos libertés et qu’enfin son établissement était ce jour-là une espèce d’ambulance. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il a aussi un dossier (vide) à la Commission de dédommagement, auprès de laquelle il sollicta d’être indemnisé pour les dépenses qu’il avait faites en pansant les blessés et en leur prodiguant des secours. Il signa le certificat en faveur d’Henry, Joseph, Adolphe et ainsi rédigé : « Les soussignés […] certifient et attestent que le sieur Henry, Joseph, Adolphe […] s’est trouvé à la prise du Louvre et à la barricade de la rue des Poulies, où il a combattu les armes à la main et qu’ensuite il s’est transporté place du Palais-Royal où il a également combattu avec un courage digne d’éloges. » Il signa, le 12 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Laligant, Claude, Blaise : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Laligant, Claude, garçon boulanger, demeurant à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 64, boulangerie Pecourt, s’est distingué dans les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, ayant parcouru tous les quartiers de Paris, combattant pour la défense de nos libertés, a été malheureusement blessé par une balle au ventre, au nombril, en face de la rue du Chantre-Saint-Honoré ; malgré sa blessure, n’ayant pas abandonné son fusil, il est entré chez M. Thirion, herboriste, rue du Chantre, n° 27, qui lui a prodigué tous les soins possibles ; environ une demi-heure après, l’ayant remercié, ce brave défenseur a repris son arme et est retourné rejoindre ses camarades qui combattaient encore pour l’honneur de la patrie. S’étant avancé l’un des premiers vers le Palais-Royal, engagea ses camarades à faire respecter les propriétés de Mgr le duc d’Orléans maintenant roi des Français. Etant épuisé de fatigue et la sensibilité de sa blessure (sic), il pria ses camarades de ne pas perdre courage, qu’ils remporteraient la victoire. Peu de temps après, le Palais-Royal a été sous la sauvegarde des défenseurs de la liberté. Quelque temps après, ledit sieur Laligant est rentré glorieusement dans son habitation. Il ne demande aucune rétribution d’intérêt, il désire seulement obtenir une médaille d’honneur pour prix de son dévouement et de son courage ; c’est pourquoi nous lui avons délivré le présent certificat. » Il signa, le 16 mai 1831, cet autre certificat en faveur du même Laligant, Claude : « Je, soussigné, certifie à qui il appartiendra que le nommé Laligant, Claude, combattant pour la défense de notre liberté, a été blessé dans la mémorable journée du 29 juillet 1830. L’ayant recueilli chez moi, je lui ai donné tous les soins possibles ; quelque temps après, m’ayant témoigné mille remerciements, ce brave défenseur a repris son arme et malgré sa blessure retourna joindre ses camarades qui combattaient encore pour la cause du peuple. » Il demeurait 27, rue du Chantre-Saint-Honoré en 1830-1831. Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Laligant, Claude, Blaise ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Henry, Joseph, Adolphe ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Laligant, Claude, Blaise ; Archives nationales F/9/1158, dommages de Juillet, Seine (1831-1849).

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