Thomas, Auguste

Biographie


Menuisier. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Le 28 décembre 1830, il avait adressé la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « « Le sieur Thomas, Auguste, menuisier, rue de Tracy n° 2, fils d’un ancien capitaine d’artillerie resté au service jusqu’en 1815, époque à laquelle il a été licencié, et qui pendant trente ans a servi son pays avec honneur et distinction, vient humblement vous exposer que pendant les journées de juillet dernier et mû par les sentiments qui ont animé son père pendant le cours de toute sa vie, il a coopéré de tous ses efforts à seconder l’élan généreux de la majeure partie des habitants de la capitale pour le renversement du despotisme et l’affranchissement de nos libertés nationales. Que, dans un des moments les plus critiques de l’attaque, il s’est transporté successivement dans les rues Saint-Honoré, de l’Echelle et de Richelieu, où conjointement avec plusieurs personnes de sa connaissance, il est parvenu à repousser la garde royale qui tirait sur le peuple. Que le mercredi matin, se trouvant sur la place du Palais-Royal, il apostropha plusieurs officiers de cette garde, en leur reprochant leur inhumanité. Que le même jour, il s’est battu à la porte Saint-Denis, à celle Saint-Martin et à la place de Grève. Que le jeudi matin, il était au Louvre avec trois autres, dont l’un fut blessé à la partie du manuscrit brûlée ; que n’ayant plus de munition pour charger son fusil, il acheta moyennant cinq francs une vingtaine de cartouches, que le hasard lui procura, avec lesquelles il put venger ses camarades. Qu’après la prise du Louvre, il revint rue de Richelieu, près de la rue de Rohan, où il fit prisonnier un garde royal, qu’il conduisit jusqu’à la rue Royale ; ce qu’il ne put effectuer sans courir les plus grands dangers et à travers les balles tirées par ceux du peuple qui voulaient l’empêcher de sauver la vie à ce militaire. Que le 3 août il partit pour Rambouillet, d’où il revint le jour suivant. Qu’enfin, dans les derniers rassemblements qui viennent d’avoir lieu [les troubles au moment du jugement des ex-ministres de Charles X par la Cour des pairs en décembre 1830, N.D.A], il a eu l’occasion de reprendre un fusil, arraché par un homme du peuple à un garde national et que de suite il a été le remettre entre les mains du chef du peloton dont ce garde faisait partie. Il fait de plus observer que déjà et antérieurement à ces époques, se trouvant rue Saint-Denis lors des troubles qui eurent lieu en 1827 [les troubles qui suivirent la victoire des libéraux aux élections et qui furent réprimés de manière sanglante particulièrement dans la rue Saint-Denis, N.D.A.], il reçut un coup de sabre par un gendarme qui s’acharnait après lui. Que tous ces faits pourraient être attestés au besoin par un grand nombre de témoins mais qu’il a cru pouvoir, quant à présent, se borner aux attestations ci-après, qui toutes sont irrécusables. Qu’à ces causes et en considération de son zèle, son patriotisme et son dévouement au gouvernement qui nous régit, il vient solliciter de votre bienveillance, messieurs, et de votre justice, la décoration spéciale accordée à ceux qui se sont signalés dans les glorieuses journées et à laquelle il croit avoir quelque droit. Aussi ose-t-il, messieurs, que vous daignerez accueillir favorablement sa demande et que vous lui accorderez la récompense chère à son cœur. Il en conservera une éternelle reconnaissance. » Sa lettre était suivie des signatures de : Poiteau, marchand de vin, grenadier à la VIe légion ; Breton, chasseur à la 3e compagnie du 3e bataillon ; Cally (voir Cally, Pierre, Alexis), boulanger, demeurant 7, rue de Tracy ; Terrier, garde national à la VIe légion, demeurant 7, rue de Tracy ; Chantepi..., marchand de vin, demeurant porte Saint-Honoré ; Martin, demeurant 28, rue de la Lune ; Hiron..., demeurant 28, rue de la Lune ; v...rdot, sergent de sapeurs, demeurant 21, rue de Montmorency ; Charbonnet, caporal de la compagnie de sapeurs de la VIIe légion, demeurant 30, rue de Montmorency ; ...aulin, sapeur de la VIIe légion, demeurant 23, rue de Ménilmontant ; Wohlgemuth, A. (voir Wolgmuth, Adolphe), demeurant 2, rue de Tracy. Il demeurait 2, rue de Tracy en 1831. Archives de la préfecture de police AA 415.

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