Thomas, Etienne, Adolphe
Biographie
Né le 27 novembre 1810 à Château Surept commune de Berthenonville ou Bertouveille (Eure), de Thomas, Clair, cultivateur et maire de la commune, lui-même né le 26 juin 1763 (bien né sous le nom de Thomas, Clair et le 26 juin 1763 dans son acte de baptême ; parfois mais par erreur le 28 juin 1763) à Harthies, et de Duport, Marie, Anne, Elisabeth, son épouse, née le 10 octobre 1774 (bien le 10 octobre 1774 dans son acte de baptême ; parfois mais par erreur le 11 octobre 1774) à Themericourt-sur-Oise. Garçon chez Moineau (voir Moineau, Edme, Charles), marchand de vins, 11, place de l’Hôtel-de-Ville. Il se trouvait à son service le 28 juillet vers 18 heures 30. Moineau ayant favorisé la retraite à plus de cent cinquante combattants, il vit la porte de son établissement enfoncée par des Suisses et des gardes royaux et obligé de livrer du vin. Il n’y consentit qu’à la condition qu’aucun d’eux ne pénétrerait dans son domicile ; après avoir distribué plusieurs pièces de vin, Moineau vit un soldat diriger son arme sur sa poitrine, s’écarta, le coup partit et atteignit Thomas, lui perçant le bras et le ventre, avant d’atteindre une fontaine près du comptoir, où Thomas se trouvait placé. Transporté à l’Hôtel-Dieu, Thomas eut le bras amputé mais mourut des suites de sa blessure, le 21 août suivant. L’Hôtel-Dieu délivra le certificat suivant sur les circonstances de son décès : « […] Entré dans cet hôpital le 29 juillet dernier pour y être traité premièrement d’une plaie par arme à feu qui a traversé le côté droit du thorax de part en part à sa base ; deuxièmement d’une autre plaie également produite par arme à feu, qui a fracassé le bras droit et nécessité l’amputation de ce membre. […] Mort le 21 août dernier des suites de ces blessures. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Moineau, Edme, Charles (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 11, place de Grève ; Moisy, Pierre, Emmanuel, marchand de vins, demeurant 2, place du Châtelet ; Buhot, Louis, Marie, marchand quincaillier, demeurant 18, rue du Martrois. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Thomas, Etienne, Adolphe « et savoir que le mercredi 28 juillet dernier, sur les 6 heures et demie du soir, il se trouvait dans la boutique dudit sieur Edme, Charles Moineau, au service duquel il était depuis deux ans et demi, et qu’il y fut atteint d’une balle qui lui traversa le bras droit et le corps ; que par suite de cette blessure il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut le 21 août suivant ». Il laissait ses parents, les époux Thomas, Clair, et Duport, Marie, Anne, Elisabeth, parents de quatre autres enfants, âgés de onze à vingt ans. En date du 1er mars 1831, le maire de la commune de Blamécourt certifiaient que les parents étaient « de bonnes vie et mœurs, que leur conduite et leur moralité ne laissent rien à désirer ; que ces deux époux ne possédant aucun immeuble, ni rente, ni fortune, qu’ils se procurent les choses nécessaires pour leur existence par le produit de leur travail ; que leur infortune et leur position présente les réduit dans une nécessité absolue ; [que leur fils] partageait ses gains et épargnes avec ses père et mère ». Le père présenta un certificat médical qui attestait qu’il souffrait d’humeur catarrheuse et la mère, un certificat médical attestant qu’elle souffrait « d’une névrose chronique de l’organe digestif, qui la gêne extraordinairement, ne lui permet que rarement le complet exercice des ses fonctions corporelles et par conséquent la rend impropre aux travaux de sa maison ». Ils furent pensionnés et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 23 germinal an IX à Moussy (Seine-et-Oise) ; sur l’acte de mariage, Thomas, Claire (sic) est indiqué comme, né le 26 juin 1763 à Hartieul (Seine-et-Oise), fils de feu Thomas, Claire, lui-même divorcé de Cheron, Marie-Thérèse le 26 frimaire an II à Magny, et de Léguillon, Marie (mais Laiguillon, Marie sans l’acte de baptême de Thomas, Clair) sa veuve, comme étant cultivateur, comme demeurant à Berthenonville (Eure) ; Duport, Marianne, Elisabeth (sic) est indiquée comme née le 11 octobre 1774 à Théméricourt (Seine-et-Oise) fille de Duport, Louis, François, cultivateur, et de Flanet, Marianne (mais Flané, Marie, Anne, Elisabeth dans l’acte de baptême de Duport, Marie, Anne, Elisabeth) et comme demeurant à Moussy. Thomas, Etienne, Adolphe demeurait chez Moineau, 11, place de Grève ; ses parents, à Blaniècourt ou Blamcourt (Seine-et-Oise). Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 300, 326 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants.