Thomas, Jacques, Nicolas

Biographie


Né vers 1792 à Vezins (Manche), fils de Thomas, Pierre et de Guilmain, Gilette, Françoise. Garçon de salle chez Laiter, restaurateur rue de Castiglione. Il combattait depuis le 27 juillet et fut tué sur le coup par une balle qui l’atteignit au-dessus de l’œil droit, le 29 juillet vers 11 heures à l’attaque du Louvre près de la façade Saint-Germain-l’Auxerrois. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. De nombreux certificats constatèrent sa disparition. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Jacques, Nicolas Thomas est resté chez moi en qualité de garçon de salle jusqu’à l’époque du 29 juillet 1830, lequel jour il est parti de chez moi avec l’intention d’aller se battre. Je certifie de plus que depuis ce jour il n’est pas reparu à la maison et que plusieurs personnes m’ont garanti qu’il avait été tué au Louvre le 29. Sa bonne conduite, son exactitude à son travail et sa probité sont des qualités qu’il possédait et qui me le feront toujours regretter. » Signé, le 14 septembre 1830 : Laiter. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je soussigne et déclare avoir été présent et témoin de la mort du nommé Thomas, Jacques, Nicolas, demeurant à Paris, rue Saint-Florentin n° 17, devant le Louvre, en défendant la cause de la liberté, étant en embuscade sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois d’une balle qu’il a reçue au-dessus de l’œil droit, journée du 29 juillet et dont il expira sur-le-champ, de 11 heures à midi. » Signé, le 14 septembre 1830 : Carpentier (voir Carpentier, Louis, Auguste), demeurant 10, rue de la Tannerie. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare et soussigné avoir été présent et témoin de la mort du nommé Thomas, Jacques, Nicolas, demeurant rue Saint-Florentin n° 17, tué devant le Louvre, en embuscade de la place Saint-Germain-l’Auxerrois, d’une balle qu’il a reçue au-dessus de l’œil droit, journée du 29 juillet et dont il expira sur-le-champ, de 11 heures à midi. » Signé, le 13 septembre 1830 : Moussard, Lucien (voir ce nom), demeurant 21, rue Tirechappe. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, certifions véritable que le nommé Thomas, Jacques, Nicolas, garçon restaurateur, est passé chez le certifiant dans la journée mémorable du 27 juillet, en me disant qu’il se rendait à l’Hôtel de ville et autres lieux, pour la cause de notre liberté, en me recommandant expressément son jeune neveu demeurant chez moi en qualité d’apprenti limonadier, en cas qu’il lui arrive quelque catastrophe fâcheuse. Effectivement le malheureux Thomas a succombé devant le palais du Louvre, façade Saint-Germain-l’Auxerrois d’une balle qu’il a reçue à la tête le 29 juillet de l’honorable semaine. » Signé, le 17 septembre 1830 : ... ette illisible, demeurant 38, rue Saint-Thomas-du-Louvre. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Jacques, Nicolas Thomas, garçon de salle chez M. Laiter, restaurateur rue Castiglione, est disparu depuis le 29 juillet 1830 de son domicile qu’il occupait rue Saint-Florentin n° 17, maison de M. Rolland, propriétaire, et après attestations de plusieurs témoins ils ont dit être décédé. » Signé, le 15 septembre 1830 : Hébert. Sa famille est inscrite pour avoir reçu un secours de cent cinquante francs auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il laissait une sœur, Thomas, Anne, Perrine, née vers 1783 à Vézins (Manche), femme de Chesnel Nicolas, Pierre (bien Chesnel dans les actes de naissance de ses enfants ; mais par erreur parfois Chêvol ou Chenet in Archives nationales F/1dIII/38 A), laboureur, et mère de huit enfants ; elle ne put faire valoir de droit devant la Commission des récompenses nationales, étant alors mariée et âgée de quarante-sept ans. Thomas, Anne, Perrine avait comme enfants au moins : Pierre, Barbey, né le 27 septembre 1814 à Vezins ; François, Auguste, Nicolas, né le 21 novembre 1815 à Vizins ; Anne, Scholastique, née le 26 septembre 1817 à Vezins ; Jacques, Auguste, né le 7 décembre 1819 à Vizins ; Auguste, Thomas, Jacques, né le 21 décembre 1822 à Vezins ; Alexis, François, né le 13 mai 1824 à Vizins ; Félix, Nicolas, né le 11 février 1828 à Vezins. Les parents étaient décédés en 1830 : Thomas, Pierre mourut le 28 le mois manque dans la copie de l’acte de décès 1818, à l’âge de soixante-six ans et indiqué comme étant le fils de Thomas, Pierre et de Barbedette, Anne sur son acte de décès ; Guilmain, Gilette, Françoise mourut le 1er janvier 1814 à Vezins, à l’âge de cinquante-quatre ans ; tous deux demeuraient à la Venaie commune de Vezins au moment de leur décès. Thomas demeurait 17, rue Saint-Florentin ; sa sœur, à Vezins en 1831. Le nom de Thomas (J.-N. Thomas) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Son nom n’est pas inscrit au Panthéon, alors même que les certificats de notoriété constataient la mort dans les combats. Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens dont les noms ne sont pas inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est naturellement rayé ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Ier arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841. Voir le Thomas tué ?

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