Thomas, Louis, Guillaume

Biographie


Né en 1792 à Montassu-aux-Prés (Eure) (mais le 10 juin 1792 à Mortagne dans l’Orne in Archives de la préfecture de police AA 415). Ancien sous-officier, devenu tanneur. Il est répertorié (sous le numéro 431) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 13 décembre 1830, à zéro voix pour la croix, sept voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Thomas, Louis, Guillaume a pris les armes dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il s’est battu au pont d’Austerlitz ainsi qu’à Babylone sous les ordres de M. Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph). Ayant montré du courage pour la défense de nos droits attaqués, par conséquent nous estimons qu’il est assez juste qu’il participe dans les décorations civiques accordées aux défenseurs de nos libertés. » Signé, le 2 août 1831 : Legendre-Touchard, propriétaire, demeurant 269, rue Mouffetard ; Moulet aîné, demeurant 16, rue des Gobelins ; Paulely, Alexandre ou Paulety, Alexandre, demeurant 262, rue Mouffetard ; Bousquet, demeurant 262, rue Mouffetard (soit beaucoup de signataires qui avaient aussi signé pour Boullanger, Pierre). Il signa, le 9 août 1831 et comme « témoin oculaire et légionnaire de 1815 » le certificat suivant en faveur de Basnier, François, Martin, quand celui-ci tenta de faire valoir ses droits à la décoration auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé François, Martin Basnier, profession de tanneur, domicilié rue Mouffetard n° 223, s’est distingué par son patriotisme dans les trois journées de juillet 1830 et qu’il s’est trouvé avec nous, médaillistes et décorés de Juillet aux affaires de la caserne de Babylone et qu’il a fait des preuves de courage ; qu’il s’est en outre trouvé avec nous à Rambouillet et qu’il s’y est très bien conduit. » Il apostilla, le 6 septembre 1831, le certificat suivant constatant les conditions du décès de Jullerot, Bernard : « Nous, soussignés, maire et adjoints du (ancien) XIIe arrondissement, certifions que le sieur Jullerot, Bernard, âgé de soixante-quatre ans, a péri, victime de son dévouement à la cause nationale dans les grandes journées des 27, 28 et 29 juillet ; qu’il laisse deux fils, Jullerot, Louis, Bernard, âgé de trente-cinq ans, négociant, ancien officier et employé par ordre du gouvernement provisoire en qualité de chef de bataillon au commandement en chef des gardes nationales mobiles de Paris, et Jullerot, Pierre, François, âgé de vingt et un ans, qui tous deux se sont également distingués dans les immortelles journées. Le sieur Jullerot père était généralement estimé, ses sentiments à la bonne cause étaient connues, ses dernières paroles en mourant furent : Le duc d’Orléans... La France sera donc enfin heureuse !!... Ses deux fils méritent la sollicitude du gouvernement et la reconnaissance de la patrie. » Et aussi délivra le certificat suivant en faveur du fils, Jullerot, Pierre, François : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Paris, certifions que le sieur Pierre, François Jullerot, âgé de vingt et un ans, demeurant 9, rue des Gobelins, a combattu pendant toutes les journées de 1830 avec un courage digne des plus grands éloges. Nous l’avons notamment vu toute la journée du 28 à l’Hôtel de ville, au faubourg Saint-Antoine et au pont d’Austerlitz, où il vit périr à ses côtés son brave père, percé de deux balles et le 29 à la prise du Louvre et des Tuileries, où il s’est fait constamment remarquer par son intrépidité. » Il signa, le 10 août 1831, le certificat suivant en faveur de Puel, Philippe et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Puel, Philippe, pendant les trois mémorables journées de juillet, a été occupé à la confection des cartouches, chez le sieur Meunier, rue Mouffetard n° 124. Par conséquent nous estimons que son travail mérite à tous égards qu’il fasse partie commune dans la distribution des décorés de juillet 1830. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il était alors maroquinier, marié et sans enfant. Il adressa en effet la lettre suivante à cette dernière Commission : […] A l’honneur de vous exposer qu’il a pris part aux affaires de la journée du 24 février, ayant été armé par le citoyen Cottin résidant rue Saint-Jacques n° 358, qu’il était présent au désarmement du poste du Val-de-Grâce, aussi qu’à la sommation qui fut faite aux troupes du 55e et 14e de ligne qui stationnaient sur la place du Panthéon, ensuite se dirigea sur le Louvre, sous les ordres du citoyen Legrand ; sergent de grenadiers de la XIIe légion, ayant fait les campagnes des années 1809, 1810, 1811, 1812, 1813, 1814 et 1815 en Allemagne, Espagne, Prusse, Saxe, France et Belgique, a été proposé pour la croix de la Légion d’honneur les 13 et 14 août 1813 par le major Barbe et le 4 juillet 1815 par le colonel Galbois, ancien sous-officier ; étant sans aucun traitement et sans occupation depuis quatre mois, il désirerait obtenir une place d’inspecteur dans les halles et marchés ou de surveillant dans un des jardins publics de la capitale. » Il joignait les deux certificats suivants à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Thomas, Louis, Guillaume a été armé par moi le jeudi 24 février, qu’il était présent à la sommation faite à l’officier commandant le poste du Val-de-Grâce. » Signé, le 21 mars 1848 : Cottin, Eugène, demeurant 358, rue Saint-Jacques. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare avoir vu, le 24 février, le citoyen Thomas, sur le quai du Louvre lorsque je suis passé avec une pièce de canon que je commandais, faire partie des citoyens armés. » Signé, le 28 février 1848 : Legrand, Jean-Marc, Alexandre (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet, sergent au 2e bataillon de la XIIe légion, demeurant 128, rue Mouffetard. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. En 1851, il était indiqué par l’administration comme maroquinier. Il reçut un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 9, rue des Gobelins en 1830 ; 16, rue des Gobelins en 1848-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 13 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86, idem Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de juillet 1830, en date du 24 juin 1851, minutes 189-190, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Basnier, François, Martin ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Jullerot, Pierre, François ; Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Puel, Philippe ; Archives de la préfecture de police AA 415.

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