Thomas, Romain, François, Nicolas
Biographie
Né le 19 janvier 1808 à Jarnages (Creuse). Employé de banque chez Barbé et cie, cité Bergère. Le Constitutionnel du 18 août 1830 faisait ainsi mention de sa participation aux combats : « Le jeune Thomas, employé de banque chez M. Barbé, cité Bergère, a déployé le plus grand courage, rue de l’Echelle, où il s’est emparé avec quelques amis de deux maisons occupées par des gardes royaux. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa, en effet, le 12 mai 1848, la lettre suivante à la Commission : « Une demande en ma faveur fut faite et déposée en 1830 à la mairie du (ancien) IIe arrondissement établissant ma conduite pendant les journées de Juillet. Parti alors pour la Belgique en qualité de volontaire, je n’ai jamais eu connaissance de la décision de la Commission à mon égard. Le gouvernement provisoire en 1848 ayant par un décret ordonné la reconstitution d’un nouveau comité pour la révision des droits des combattants oubliés, j’ai l’honneur de vous adresser la copie des pièces précitées afin que cette fois je puisse avoir part à la récompense accordée aux défenseurs de nos libertés de cette époque […]. Je vous serai très reconnaissant, citoyens, d’avoir l’obligeance de statuer le plus promptement possible sur le sujet de ma demande ; devant partir incessamment pour l’Italie comme volontaire je serais très flatté d’y paraître avec ce signe distinctif de notre glorieuse révolution. » Il joignait à sa demande la copie du certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons et certifions que Romain Thomas, né à Jarnages département de la Creuse, employé de banque de la maison Barbe et cie cité Bergère, pendant les éternelles journées a servi la cause de la liberté avec le plus noble dévouement. Que ce jeune homme le 27 au soir courut où le danger est le plus imminent ; rue Richelieu il aide à repousser les vives attaques des escadrons d’assassins qui, la javeline en main, le pistolet au poing, exerçaient toute leur rage à verser le sang des citoyens sans défense. Que le lendemain 28 il ne se laissa point abattre par le succès qu’avaient obtenu la veille les ennemis de la France et brûlant d’ardeur de voir notre triomphe s’accomplir, il se voue entièrement à rallier les partisans de notre liberté. On le voit parcourir les rues environnantes du Palais-Royal et de la Bourse, lisant à haute voix des proclamations au milieu des groupes assemblés autour de lui, ranimer en eux cet ardent amour d’une patrie libre. Le soir de cette même journée, il va, accompagné de quelques hommes, au Théâtre des variétés afin d’en obtenir les armes qui y étaient renfermées. Par sa précaution à calmer les esprits il n’y eut d’autres dégâts que quelques vitres brisées. Que le 29, à la tête d’une vingtaine d’hommes, il a forcé le poste du garde-meubles de la Couronne, rue Bergère, qui était occupé par des Suisses ; à 9 heures environ, il part pour coopérer à la prise des Tuileries et, passant dans la rue Saint-Honoré, il est arrêté par le feu terrible des Suisses et des gardes royaux, qui renfermés dans les maisons faisaient éprouver des pertes considérables au peuple qui tirait sur eux des rues de l’Echelle et des Frondeurs où M. Romain Thomas s’est exposé au milieu du feu le plus vif pendant trois heures consécutives et a eu son chapeau percé de deux balles. Les faits ci-dessus sont attestés par les témoins dont les noms suivent, les signatures légalisées par les commissaires de police des quartiers auxquels ils appartiennent, ainsi qu’en fait foi l’original déposé aux archives du comité des récompenses. » Signé, le 6 septembre 1830 : Klepper, demeurant 4, bd Poissonnière ; Lemaire Dequersonnière, professeur de mathématiques, élève de Charles Dupin, demeurant 1, rue du Faubourg-Poissonnière ; Thevenet, demeurant 7, rue Neuve-des-Petits-Champs ; Barbé et cie, demeurant 10, cité Bergère ; Fessard, A., demeurant 12, place des Victoires ; Ambroise, garde national, demeurant 22, rue de la Chaussée-d’Antin. Il ne se présenta pas aux convocations de la Commission. Il était célibataire en 1848. Il demeurait 7, rue Saint-Martin, chez M. Journeaux (voir Journeaux, Jacques) en 1848. e Constitutionnel, 18 août 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 415. Quelle parenté avec Thomas, Augustin né vers 1815 lui aussi à Jarnajes Cantal, fils de Nicolas, François, et de Southon, Marguerite sellier, tué pendant l’émeute d’avril 1834 sur la barricade de la rue Bourtibourg de trois balles dans la gorge ? Ce n’est pas la même signature...