Thomassé ou Thomasset, Clément
Biographie
Né vers 1797 à Meaux. Cordonnier. Il fut tué, le 28 juillet quai des Lunettes, d’un coup de feu à la tête. On trouve dans un certificat délivré en faveur de Targe, Jean-Louis (voir ce nom), une mention de la participation de Thomassé aux combats de Juillet ; le passage le concernant était ainsi rédigé : « Je certifie m’être trouvé et avoir rencontré Targe, mardi soir 27 juillet 1830 sur le Pont-Neuf, portant sur une porte un jeune homme qu’il me dit venir d’être tué au coin de la rue des Bons-Enfants par un grenadier du 3e régiment de la garde royale d’infanterie, qui était posé en sentinelle au café faisant coin à la rue Saint-Honoré et place du Palais-Royal. En ce moment, Targe était arrêté par un adjudant de gendarmerie à cheval, un brigadier et quatre gendarmes. Sur les cris que fit retentir la foule A l’eau ! on lâcha Targe. Alors moi, Groneau, un de nos amis, Clément Thomasais (voir Thomassé ou Thomasset, Clément), mort aux affaires de Juillet, et un autre nommé Auguste Sandré, nous suivîmes Targe en criant partout Vengeance ! Aux armes ! rue Dauphine, rue de l’Ecole-de-Médecine, place du Panthéon jusqu’à la rue des Sept-Voies, où vis-à-vis Montaigu un commissaire de police, en tête d’un peloton de troupes de ligne, barra la rue et nous somma de nous retirer. Targe fut obligé, ainsi que trois autres qui portaient la victime, de l’abandonner au milieu de la rue, en nous retirant en désordre […]. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 25 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Bing, Philippe, fabricant de broderies, demeurant 16, rue Mauconseil ; Pering, Jean, marchand de vin, demeurant 10, rue des Jeûneurs. Ils attestèrent que Thomassé ou Thomasset, Clément avait « été tué d’un coup de feu à la tête, sur le quai des Lunettes, le 28 juillet dernier ». Il laissait une veuve, Clément, Jeanne, Emilie, née le 9 fructidor an IX à Paris, cordonnière, qui reçut (sous le nom de veuve Thomasset) un secours de deux cent soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de cinquante francs, le 12 août 1830, un secours (sous le nom de Stomasset) de cinquante francs, le 30 août 1830, secours de cinquante francs, le 13 septembre 1830, un secours de cinquante francs, le 2 octobre 1830, un secours de cent vingt-cinq francs le 22 octobre 1830, un secours de cent vingt-cinq francs le 24 novembre 1830, un secours de trente et un francs et vingt-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de soixante-deux francs et cinquante centimes le 2 mai 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. En date du 22 février 1831, le maire du (ancien) IIIe arrondissement lui délivra un certificat pour attester qu’elle était « sans fortune qui puisse assurer son existence ». Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et un fils, Charles, Clément, Edouard, né le 24 mai 1821 (par erreur le 25 mai 1821 in Archives nationales F/1dIII/38 B), qui fut aussi pensionné et à qui fut aussi accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère et de Thomasset, Jean, Charles, cordonnier, subrogé-tuteur, demeurant 15, rue Saint-Martin en 1831. Charles, Clément, Edouard, « paraissant annoncer d’heureuses dispositions » et sa mère « étant hors d’état de suivre l’éducation de son fils » selon le Comité de surveillance des orphelins de Juillet, fut placé en pension chez Caron, instituteur, 23, rue Sainte-Geneviève, pour apprendre l’état de compositeur dans une imprimerie française et anglaise. Le bulletin de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait sur le compte de l’enfant, en juillet 1832 : « Cet enfant paraît doux, docile et appliqué à ses devoirs ; ce sera, je crois, un bon sujet. […] Les notes de ses professeurs et surveillants sont généralement satisfaisantes. » En août de la même année, les mêmes observations se confirmaient : « Ce petit enfant mérite à tous égards les soins qu’on prend de lui et l’intérêt que lui porte M. Caron ; ce sera, j’espère, un bon petit sujet ; il travaille avec zèle quoiqu’ayant besoin d’être stimulé quelquefois. » En septembre, encore : « De la facilité et des progrès dans la langue anglaise, dans laquelle on le pousse principalement, lui destinant la profession de compositeur dans une imprimerie française et anglaise. Ses études sont généralement assez bonnes. » En octobre de la même année, toujours : « Cet enfant ira fort bien. Son maître, M. Caron, se loue beaucoup de son travail pendant le mois de septembre. Il fera, je pense, de bonnes études. Son éducation est dirigée, d’après l’intention de ses parents, vers la profession de compositeur d’imprimerie française et anglaise, ce qui explique l’attention toute particulière qu’on prend à lui enseigner cette dernière langue. » En 1834, Charles, Clément, Edouard se destinait à l’état de bijoutier et avait été placé à l’essai dans la fabrique de bijouterie de Dubuisson, 44, rue Saint-Mery. La Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet : « Cet enfant, qui a bien su profiter d’une bonne éducation élémentaire, paraît propre à faire un bon ouvrier bijoutier. Il est fort appliqué, docile et laborieux. Son maître se loue beaucoup de lui et vient de conclure un arrangement avec la Commission du (ancien) IIIe arrondissement pour instruire, loger et nourrir l’enfant moyennant quatre cents francs (mais une fois cinq cents francs une fois quatre cents in Archives nationales F/15/2557-2559) pour quatre années. » Il était toujours en apprentissage en 1836. Le nom de Thomassé (C. Thomassé) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Thomassé demeurait 6, passage des Petits-Pères ; sa veuve, même adresse en 1831 ; 2, galerie Vivienne après 1831 et en 1832. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 30 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 639 n° 6 (lettre de Caron, instituteur, en date du 12 septembre 1831) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IIIe arrondissementet Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (où il est indiqué que l’acte de mariage du père porte le nom de Thomassé et non pas de Thomasset) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, IIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IIIe arrondissement ; année 1839 IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 service de sous-surveillance des orphelins et orphelines de Juillet, lettre en date du 29 mai 1834, lettre en date du 26 juillet 1834 et aussi état officiel des orphelins (ancien IIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Targe, Jean-Louis. Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.