Thuilleaux, Honoré, Baptiste, Martin

Biographie


Né vers 1797. Ancien militaire durant six ans, devenu garde champêtre. Conjointement avec Colland, Jacques, dit Dacolon, Jacques (voir ce nom), il adressa, le 11 juin 1831, la lettre suivante à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac : « […] Le 29 juillet 1830, journée mémorable à jamais, à la retraite de l’ex-garde royale, un événement le plus funeste a eu lieu dans la maison du sieur Belay (voir Belay, Philippe), marchand de vin, vieille route de Neuilly, par l’introduction d’un individu qui se réfugia chez lui, lequel fit feu sur les royaux et en tua un, ce qui a causé que lui et quatre autres personnes buvant paisiblement furent tuées également. Au même instant, deux autres individus, descendant de la barrière du Roule, armés, se disposaient de venger leurs camarades (avec raison) mais c’eût été la cause de faire réduire en cendres tous les environs de la commune. Alors nous les avons engagés et empêchés ce fatal projet (sic) et leur avons fait apercevoir le cas où ils allaient mettre le pays. Tout fut donc arrêté et nous avons requis une voiture pour faire transporter les morts, morts innocents, et conduire à l’église de Neuilly et ensuite enterrer avec tous les honneurs. Ayant, dans le même instant, appris que le feu était à la barrière de l’Etoile, nous nous sommes empressés de venir à ce fâcheux désastre. Apercevant sur la route quatre individus, chargés de six matelas venant de la caserne de l’Etoile, lesquels nous avons arrêtés et fait transporter lesdits effets dans une maison de dépôt, par ordre de M. Delabordère, alors maire. Ces individus se sont portés à des excès de violence envers nous, gardes champêtres, et avons manqué d’y perdre la vie. Enfin, nous avons mis en fuite ces malfaiteurs. Nous avons continué notre route jusqu’à l’Etoile. Arrivés, nous avons vu une quantité de matelas et autres meubles destinés à être brûlés avec ceux qui brûlaient dans le même instant. Nous avons donc [incompréhensible] de la nombreuse populace que nous ne pouvions croire être des vainqueurs des belles journées mais bien pour des pillards et des destructeurs. Enfin tout a été évadé (sic) et avons sauvé les misérables meubles, sans savoir à qui ils appartenaient. Comme aussi nous avons empêché, dans le même instant, toute cette bande qui ont arrêté une calèche et un monsieur à cheval, qu’ils voulaient dilapider et faire feu dessus. Enfin il n’y a eu aucun coup de feu de tiré, grâce à notre intrépidité. Vers minuit de la même journée, nous avons appris que le feu devait exister à l’échafaudage de l’arc de triomphe, nous nous sommes armés de notre courage pour voler à l’empêchement de ce beau monument mais à peu de distance nous rencontrâmes les nommés Le Gueux, Duverier, Barbier et Puthomme et d’autres, qui formaient la patrouille. Ils nous apprirent que l’intention de cet incendie était dissous. […]. » La lettre était apostillée des signatures de : Boithias, capitaine des grenadiers, demeurant en face du lieu (ic) ; Duval ; Buveirier ou Buveirer ; Boivin ; Petitot (voir Petitot, François ?), sergent sapeur-pompier ; l’abbé Delabordère, ancien maire de Neuilly. Il comparut, le 29 juillet 1830, devant le maire de Neuilly, pour certifier « avoir trouvé aujourd’hui à 2 heures après-midi, en face la propriété de M. Verzy, située aux Ternes, vieille route de Paris, commune de Neuilly, un cadavre de sexe masculin, lequel inconnu n’était porteur d’aucun papier ; il était couvert d’un pantalon de toile grise, un bourgeron bleu, taille de cinq pieds un pouce, âgé de trente-six ans environ, marqué au bras droit d’une couronne, deux compas, une illisible, une escette et un marteau en croix, ce qui porte à croire qu’il était ouvrier en bâtiment ; lequel a été tué aujourd’hui sur la route de Neuilly à la barrière du Roule vis-à-vis la propriété de M. Verzy dans le combat qui a eu lieu entre la garde royale et le peuple ». Il comparut, le 3 août 1830, devant le maire de Neuilly, pour déclarer « que, hier, vers 10 heures du soir, ils ont trouvé sur la propriété du sieur Escoffon, bordant la route de Neuilly, le cadavre du sieur Leroy, Claude, Augustin (sic) […] lequel a été tué le 29 du mois de juillet dernier, dans le combat qui eut lieu entre la garde royale et le peuple à l’endroit désigné plus haut ». Il demeurait 12, rue de Villiers aux Ternes, commune de Neuilly en 1831. Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Batault, François, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/63 in dossier Leroy, Claude, Auguste ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Coland, Jacques.

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