Tinarage, Pierre

Biographie


Né le 10 octobre 18300 à Mont-de-Marsan (Landes). Menuisier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 15 avril 1848, la lettre suivante à la Commission : « Homme du peuple, je ne suis pas connu. Ouvrier et travailleur, je me suis occupé autant que mes courts moments de loisirs me l’ont permis de penser et d’agir lorsque le flot populaire est descendu sur la place publique. J’ai pris une part active à la révolution de Juillet. Je n’ai rien demandé. J’ai pris part aux combats de juin [1832, N.D.A.] et d’avril [1834, N.D.A.]. J’ai continué mes travaux et je n’ai rien sollicité aux derniers et glorieux événements qui ont amené la république que mes vœux appelaient. J’ai fait de ma force et de l’arme que je me suis procuré mon devoir de citoyen, j’ose le dire. Ici, je m’arrête pour laisser parler les attestations de quelques citoyens qui m’ont vu à l’œuvre. A l’appui de ce fait, me trouvant dans la nécessité de vous demander un emploi, je viens vous prier de vouloir bien faire droit à ma demande. Je suis marié, père de quatre enfants et sans aucunes ressources. Je suis encore jeune (quarante-cinq ans), fort et vigoureux et je me crois sans vanité apte à remplir un emploi qui demande quelque intelligence et l’on peut compter sur mon dévouement pour la république. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu le citoyen Tinarage, ouvrier menuisier, à la prise du château d’eau place du Palais-National (lire Palais-Royal, N.D.A.) et qu’il s’y est conduit en brave citoyen. » Signé, le 2 avril 1848 : Chonet, A, demeurant 8, rue de Valois-Batave. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Tinarage, ouvrier menuisier, a combattu contre les troupes qui défendaient le poste qui défendaient le poste du château d’eau place de l’ancien Palais-Royal et déclare en outre avoir fourni ce citoyen de munitions. » Signé, le 3 avril 1848 : Gaumont, Charles, horloger, membre de la Commission des affaires coloniales, demeurant 9, rue de Valois-Saint-Honoré. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Tinarage a été un des premiers à faire la barricade de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et qu’ensuite, animé par la fusillade qu’on entendait au loin et par le sentiment de prêter son concours à la république, il s’est dirigé vers le Palais-Royal, où il n’est revenu qu’après la prise du château d’eau, portant au bout de son fusil des débris du château et la figure encore noircie par la poudre attestait qu’il avait fait le coup de feu. » Signé : Gommerat, C. ou E., demeurant 11, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Tinarage a fait preuve du plus grand dévouement dans les trois jours de février. Toute la journée du mercredi, il a fait des barricades et constamment exposé à la fusillade. Je l’ai vu le jeudi à 8 heures faire la barricade de la rue Sainte-Croix. Ensuite, un fusil dans les mains, il est allé à la prise du Château d’eau Palais-National (lire Palais-Royal, N..D.A.), là où il est resté constamment à faire bon usage de son arme, d’où il s’est retiré à faire des patrouilles et rétablir l’ordre. Tous les faits ci-joints, je puis les attester car nous avons resté constamment ensemble. Voilà pour quoi je lui donne signature. » Signé, le 5 avril : Bazard, demeurant 11, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je connais personnellement et depuis plusieurs années le citoyen Tinarage. C’est un honnête ouvrier et un courageux soldat des barricades de Février, dont ce que disent ses certificat est un pâle récit de sa belle conduite pendant les journées de notre révolution. Après l’avoir vu intrépide combattant pendant la lutte, je l’ai retrouvé après dans nos rangs, faisant tout ce que les circonstances nécessitaient pour rétablir l’ordre et assurer le triomphe de notre victoire. Je désire ardemment que mon témoignage soit de quelque autorité dans l’intérêt de Tinarage et je puis affirmer que la république ne peut employer un citoyen plus dévoué. » Signé, le 15 avril 1848 : Langlois, tenant une boutique de porcelaines et de bouteilles de Sèvres et autres pour chimistes, pharmaciens, parfumeurs, distillateurs, confiseurs, épiciers, restaurateurs et limonadiers, demeurant 9, rue Neuve-Saint-Merri (sic). Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Vacheresse, marchand, demeurant rue de Valois-Batave n° 9, certifie avoir vu pendant le combat qui a amené à la prise du château d’eau sur l’ex-place du Palais-Royal, le citoyen Tinarage, armé et combattant contre les troupes qui défendaient ce poste. Je certifie en outre que ce courageux citoyen était animé du plus ardent patriotisme et qu’il a fait preuve au péril de sa vie du plus noble courage pendant l’action. Cette attestation est à la connaissance de plusieurs de mes voisins, qui comme moi se plairont à recommander le brave citoyen Tinarage, père de famille, à la bienveillance et à la reconnaissance du gouvernement provisoire et républicain. » Signé, le 28 février : Vacheresse, demeurant 9, rue de Valois-Batave. Il reçut un secours de quinze francs le 7 octobre 1848. Il fut recommandé par la Commission pour une place de garçon de bureau ou d’ouvreur des bornes fontaines. Il était marié et père de quatre enfants en 1848. Il demeurait 11, passage Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie puis 65, chaussée Clignancourt en 1848. Archives de la préfecture de police AA 415.

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