Tissandier, Milon, Joseph
Biographie
Né le 19 août 1791 à Eragny (Seine-et-Oise), sous l’état civil de Tisadier (sic), Mellon, Joseph, fils de Tisandier (sic), Mellon, Joseph, bourgeois, et de Croguet, Marie, Charlotte. Ancien tambour de grenadiers au 22e régiment de ligne, rentré dans ses foyers vers 1823, portier au 90, rue du Faubourg-du-Roule en 1830. Scieur de bois. Il fut blessé, place de Grève (le 27 ?) au bras, légèrement à la tête, et plus gravement à l’épaule. Il fut conduit chez Meunier, bottier, demeurant 47, rue aux Ours. Il fut soigné par le docteur Boulay (voir ce nom), demeurant 8, rue Charlot. Il adressa, le 11 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] Ayant toujours fait des vœux pour le gouvernement libre et généreux rendu à la France, il a été un des premiers à courir à la défense de la population attaquée dans la journée du 27 juillet. Aux premiers bruits de l’attaque, l’exposant s’empara du fusil du sieur Aimé illisible, charron, âgé de plus de soixante ans, et se rendit précipitamment rue Saint-Honoré, où une action était déjà engagée et où de nombreux coups de feu avaient déjà été lâchés. Il se trouva exposé aux lieux les plus périlleux, et, après avoir épuisé dix cartouches qu’il avait, il en reçut de l’Ecole polytechnique et continua sur la place du Louvre, où le peuple débarqua contre la garde royale. D’autres affaires s’étant engagées place de Grève, où ils arrivèrent en suivant les rues du voisinage de la halle et le long des quais en poursuivant jusqu’au pont d’Arcole. L’ennemi faisant un feu très illisible, l’exposant et ses camarades le soutinrent en s’embusquant dans la maison du marchand de vin, au coin du pont d’Arcole, et, là, au moins une quinzaine de combattants sont tombés. Et l’exposant lui-même ayant reçu trois blessures graves, illisible on l’a laissé pour mort sur le champ de bataille, c’est-à-dire dans cette maison où il est resté abandonné parmi les cadavres depuis environ 7 heures et demie du soir jusqu’à 3 heures du matin, qu’aidé de quelques personnes dont il réclama l’assistance il fut conduit péniblement chez M. Masnier illisible, bottier, rue aux Ours, n° 47, où demeure le frère de l’exposant, auprès duquel il chercha asile. Là, il lui a été prodigué tous les soins dont il avait besoin par M. le docteur Boulay, demeurant rue Charlot, n° 8, qui en a délivré une attestation, déposée à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, et ainsi que l’atteste lui-même M. le préfet de police par une lettre du 6 août dernier. Les blessures ont été tellement graves, surtout celle qu’il a reçue sur les reins, qu’elle n’est pas encore totalement cicatrisée et qu’en général sa santé en est extrêmement altérée. » Il était porteur du certificat suivant : « Je soussigné, chirurgien en chef du 1er bataillon de la VIe légion, certifie que le sieur Tissandier, Joseph, a reçu, le 28 juillet à l’attaque de l’Hôtel de ville, un coup de sabre qui lui a divisé les téguments de la région postérieure de la tête et a fracturé l’occipital dans l’étendue d’un pouce et demi. Ce brave a été atteint d’un coup de pointe de sabre dans le dos et de plusieurs contusions, en combattant contre la garde dans une maison de la place de Grève. Ses blessures, dont l’une a été très grave, l’ont empêché jusqu’à ce jour de se livrer à son travail. Il n’a reçu du colonel qu’un premier secours de quarante francs ; sa femme, qu’il soutenait par son travail, l’oblige à réclamer de nouveaux secours. » Signé le 20 août 1830 : Boulay. Blin, étudiant en droit, demeurant 12, rue Saint-Sauveur, adressa en sa faveur, le 11 août 1830, la lettre suivante au maire du (ancien) Ier arrondissement : « Le 6 de ce mois, M. le préfet de police a eu la bonté de me faire savoir que le sieur Tissandier, ancien militaire, portier rue du Faubourg-du-Roule n° 90, sur le sort duquel je l’avais prié de faire prendre des renseignements, ayant été grièvement blessé dans la journée du 27 juillet, fut transporté et déposé chez M. Meunier, bottier, rue aux Ours n° 47, où il a reçu depuis lors les soins convenables à sa position et après les soins de M. le docteur Boulay, demeurant rue Charlot n° 8. Le sieur Tissandier avait reçu quatre blessures, dont deux extrêmement graves, l’une à la tête l’autre à l’épaule ; et il ne doit son salut qu’à l’état d’immobilité dans lequel il est resté quelque temps parmi grand nombre de cadavres de ses concitoyens morts à ses côtés. Car la fureur de ses ennemis était telle qu’ils l’auraient mis en pièces s’ils l’avaient cru respirer encore. Ce blessé commence sa convalescence et il ne lui manque rien personnellement ; mais il a laissé chez lui son épouse, souvent attaquée d’un mal épileptique, qui est infirme et hors d’état de pourvoir à ses besoins. On lui a remis dix francs il y a environ huit jours et elle devait déjà beaucoup plus ; de sorte qu’aujourd’hui il serait de l’humanité et de la justice de lui accorder un nouveau secours, peut-être mieux proportionné à ses besoins. J’ai pensé qu’il suffisait, monsieur le maire, de vous faire connaître la situation de cette malheureuse pour que vous vous empressassiez de pourvoir à son soulagement, en attendant que le blessé puisse aller lui-même solliciter votre recommandation pour lui faire délivrer les récompenses dues à son généreux dévouement. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Marié, il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de dix francs le 5 août, un secours de quarante francs le 20 août 1830, un secours de dix francs, pour solde, le 16 septembre 1830 (et sans doute au total quatre-vingt-cinq francs) (mais un total de trois cent vingt francs in Archives de Paris VK3 28) jusqu’au 12 octobre 1830 puis un secours de cent vingt francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de soixante francs en novembre, un secours de soixante francs en janvier 1831, un secours de vingt francs en février, un secours de soixante francs en mars, un secours de soixante francs en avril, un secours de soixante francs en mai, un secours de quarante-deux francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, et un secours de quatre-vingt-cinq francs de la part de la Commission de secours (à une date indéterminée). Il serait médaillé mais sous quel nom dans les journaux ? Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 16 décembre, la conclusion suivante : « A été atteinte dans les journées de Juillet d’une blessure par arme blanche à la tête vers la partie supérieure de la région occipitale du côté droit avec atteinte profonde à l’os, actuellement cicatrisée et qui ne saurait produire d’incapacité permanente. Est dans le cas des blessures qui ont entraîné une incapacité temporaire (pendant deux ans) et doit être rangé dans la 2e classe. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut (sous le nom de Tisandier sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1830, il était tambour de la garde nationale. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement. Il demeurait 24, rue des Grésillons en 1830 ; portier 90, rue du Roule en 1830 ; 27, rue du Faubourg-du-Roule (mais 37, rue du Faubourg-du-Roule sur les listes de la mairie deux fois in Archives de Paris VD6 92, aussi Archives de Paris, VD6 631 n° 1, aussi in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, liasse 7 et in Archives de Paris VK3 28 ; 30, rue Neuve-Saint-Martin puis 24, rue des Grésillons in Archives de Paris VK3 28) en 1831 ; 30, rue Neuve-Saint-Martin en 1831. Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires, idem liste des personnes secourues, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est naturellement rayé, idem liste des blessés indemnitaires de la 2e classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet de la 2e classe, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831, idem Etat des secours accordés pour le mois de septembre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur les fonds de 2 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 1er août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet, pensionnés par la Commission des récompenses nationales, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement (il serait médaillé mais sous quel nom dans les journaux ?), idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés qui ont été classés (sous le nom de Thissandier, Joseph), idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 5, idem liasse 7 liste des secours aux blessés ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives de Paris VK3 18, Etat nominatif des blessés de la 2e classe qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Souscription nationale, l’indemnité une fois payée qui leur a été attribuée par la Commission ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe, idem même référence un registre de blessés admis à l’indemnité de trois cents francs pendant deux ans ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Tisandier, Mellon, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical (sous le nom de Tisandier, Mellon, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 2e classe (sous le nom de Tissandier, Millon, Joseph). Il doit être décoré, mais sous quel nom ? c’est sûrement Tissandier, Joseph…