Titaud, Jean-Louis
Biographie
Né au Puy (Haute-Loire). Elève en droit. Il adressa à la Commission des récompenses nationales « le précis de sa conduite dans la grande semaine de juillet ». Ce précis était ainsi rédigé : « La nouvelle des ordonnances du 25 lui parvint dans la soirée du 26 vers les 2 heures et demie. Dès lors, la certitude lui fut acquise d’un mouvement populaire et son désir d’y prendre part lui fit parcourir Paris jusque bien avant dans la nuit.
»Le 27 au matin, il faisait partie des groupes de la rue Saint-Honoré. De toute cette journée, il ne quitta cette rue, celle de Richelieu et quelques rues adjacentes où il fut poussé par les charges de la gendarmerie à cheval puis des lanciers de la garde et des gendarmes à pied. Il s’occupa à élever des barricades dans ce quartier et ne rentra chez lui que vers le milieu de la nuit.
»Le 28 au matin, il se rendit à l’Ecole de droit. Là, il apprit que la réunion des jeunes gens des deux facultés se faisait dans la cour de l’Ecole de médecine. Il s’y rendit, prit part comme élève en droit aux délibérations où furent nommées des députations à M. Casimir Perier, à M. le général Lafayette mais le désir de se procurer un fusil lui fit quitter ce lieu ; guidé par les renseignements qu’il recueillait dans sa course, il se rendit dans plusieurs rue, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et jusqu’à la place de Grève, où il vit s’engager le combat qui dura toute la journée. L’espoir de profiter de l’arme de quelque victime le retint longtemps sur le lieu de la scène, l’y fit revenir une seconde fois jusqu’à ce que, désespéré de l’utilité d’une plus longe attente, il la quitta pour continuer ses recherches. Après avoir fait bien des pas inutiles, après avoir essuyé le feu des Suisses sur le pont des Arts, il fit la rencontre, dans la rue Dauphine, d’un ami qui cherchait aussi et qui, cette fois, se croyait guidé par des indications certaines. C’est avec cet ami qu’il fut dans la rue d’Enfert à la caserne n° 8 et de là dans la rue (un blanc) à la caserne des pompiers où il fut mis en possession d’un fusil. On ne put y joindre même une seule cartouche et alors ses courses eurent ce nouveau but. Il s’arrêta dans la rue Dauphine et s’y occupa jusqu’à la nuit à construire des barricades et à monter des pavés aux différents étages d’une maison. Enfin, il trouva à acheter de la poudre et, plus tard, vers 11 heures de la même nuit, il eut encore des balles qu’il trouva en assez grande quantité rue Sainte-Anne chez un ami. Le 29, aidé d’un jeune homme de l’Ecole polytechnique, qui se trouvait alors malade et condamné à garder la chambre, il se hâta de mettre ses munitions en cartouches. Ce préliminaire indispensable accompli, il se dirigea vers le Louvre avec deux jeunes gens, ses amis. Le combat était engagé, il y prit part par diverses positions : d’abord par le quai de la rive droite de la Seine puis par le pont des Arts. Là, il communiqua à ses amis et à quelques personnes qui l’entouraient une idée d’attaque qui lui était venue, c’était celle des Tuileries par le côté du pont Royal. Il lui semblait qu’en cas de succès on pourrait joindre par la galerie des tableaux les défenseurs du Louvre et les mettre entre deux feux. Dans tous les cas, il lui parut que ce serait une diversion utile, que les gardes seraient obligés de diviser leurs forces et que, devenus inquiets sur la sûreté de leurs derrières, il seraient moins opiniâtres dans leurs défenses. Ce projet ne fut adopté que par un petit nombre, cependant l’exécution en fut tentée. Arrivés vers le pont Royal les premiers coups de feu décidèrent la retraite des gendarmes d’élite. Bientôt le bruit de notre attaque attira de nouveaux combattants, le drapeau tricolore surgit inopinément au milieu de nous, l’élan fut donné et le palais fut occupé. Arrivé avec le premier groupe, l’exposant fit le tour du Carrousel et puis du jardin, Alors le combat étant terminé, il en quitta le théâtre et s’abandonna au hasard, qui le conduisit dans la rue Saint-Honoré ; on s’y battait encore, il prit part à ce nouveau combat.
»Vint ensuite la journée de Rambouillet, c’était un dernier coup d’épaule à donner contre le despotisme et puis à ce qui semblait alors la liberté allait grandir et se développer sans obstacle. Aussitôt que l’exposant fut instruit du mouvement il se hâta de se mettre en position d’y coopérer. Un cabriolet le porta toute la nuit vers le lieu qui devait être le théâtre du dernier combat et, le lendemain au point du jour, il n’était plus, avec la colonne dont il faisait partie, qu’à deux lieux de Rambouillet […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il demeurait 6, rue d’Enfer ou 25, quai Saint-Michel en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1. Dans internet il y a un Titaud, Jean-Louis, avocat au Puy en 1860 dans l’Almanach historique et agricole de la Haute-Loire, juge à Yssingeaux (Allier), cote AN BB/25/30 à 51/10 et 54 à 282.