Tondut, ainé
Biographie
Militaire sous l’Empire dès l’âge de dix-huit ans, ayant participé aux campagnes d’Italie, d’Allemagne, d’Espagne et de Russie, plusieurs fois blessé, chevalier de la Légion d’honneur. En octobre 1832, n’ayant pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa vieille mère, veuve et infirme, que sa faible pension de légionnaire et le traitement provisoire de son grade dans la garde nationale, il sollicita une place soit d’inspecteur dans les prisons de Paris, soit d’inspecteur de la navigation de la Seine. Pour faire établir ses droits, il rappelait dans ces termes au comte d’Argout, ministre du Commerce et des Travaux publics, sa participation aux combats de juillet 1830, nulle : « […] Sous le gouvernement déchu, j’ai toujours tenu une conduite honorable et paisible et j’y ai perdu une fortune d’héritage dans une industrie de canalisation, que le susdit gouvernement s’est toujours refusé de protéger. Aux journées de juillet 1830, je suis rentré dans les rangs de la garde nationale de Paris et une ordonnance royale m’y a attaché en qualité de capitaine adjudant major près du brave colonel monsieur de Schonen, commandant la IXe légion. Depuis cette époque, j’ai servi avec un dévouement sans borne le roi Philippe et son gouvernement. Présent à toutes les prises d’armes et partout où l’ordre a été troublé, j’ai exécuté avec fermeté au milieu des émeutes quantité d’arrestations de divers individus séditieux, tous remis entre les mains de la justice et dont la plupart ont été traduits aux assises. Les journées des 5 et 6 juin me trouvèrent fidèle à l’honneur. Dévoué au roi, au maintien de l’ordre et des lois (voir à ce sujet le rapport général fait au ministre de l’Intérieur par la garde nationale et le certificat ci-joint de l’autorité municipale du IXe arrondissement). Plus heureux encore que mes camarades, dans un moment de troubles, dont la place du Châtelet était le théâtre au 17 avril 1831, j’eus le bonheur de sauver les jours d’un citoyen recommandable, officier dans la VIIIe légion de Paris, que des misérables anarchistes allaient jeter à l’eau de dessus le Pont au Change et je dois vous faire remarquer, monsieur le comte, que ce citoyen était revêtu ce jour-là, de l’uniforme national, portant caractère d’homme du roi et du gouvernement. » Sa demande était appuyée par de Schonen, de nombreux certificats délivrés par des officiers, sous-officiers, gardes nationaux de la IXe légion de la garde nationale, par Rougeot (voir Rougeot, Claude), major de la IVe légion de la garde nationale, par le maire du (ancien) IXe arrondissement et par le général Delessert, Gabriel, et par l’officier de la VIIIe légion, qui lui devait la vie. A la réponse défavorable qui lui fut faite, il demanda alors une petite médaille : « Je désirerais que votre ministère reconnaisse et sanctionne par une médaille en ma faveur, l’action de dévouement qui atteste que le 17 avril 1831 j’ai sauvé la vie à l’officier de la VIIIe légion de la garde nationale de Paris. » Il était capitaine adjudant-major du 1er bataillon de la IXe légion de la garde nationale. Il fut répondu de nouveau défavorablement à sa demande. Il retira, en octobre 1832, les pièces qu’il avait confiées à l’administration pour sa demande. Il demeurait 15, quai aux Fleurs en 1832. Archives nationales F/1dIII/77. Sûrement le même que le suivant…