Total, Charles, Urbain

Biographie


Né le 1er mai 1802 à Nantes (Loire-Atlantique). Ouvrier cloutier puis portier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « Total, Charles, Urbain, ancien ouvrier cloutier, aujourd’hui concierge de la maison 89, rue de la République, a l’honneur de mettre sous vos yeux l’état des services qu’il a constamment rendus à la cause républicaine et des luttes et persécutions qu’il a eues à soutenir pour elle. Ancien combattant de juillet 1830, il faisait en 1831 partie de la 1re section de la Société des Droits de l’Homme formée les citoyens Turnel et Deslandes. Le 5 juin 1832, sous le chef de section Hébert, vers le grenier d’abondance et au poste de La Salpêtrière qui fut désarmé, il se battit pour la liberté. Il fit partie des défenseurs du cloître Saint-Merri et partagea les périls et la fortune de ses frères. A la suite de ces affaires, réduit par l’effet d’une dénonciation à se cacher chez des patriotes discrets, il ne put reparaître à la boutique de clouterie où il travaillait et qui lui procurait le pain de sa femme, de sa fille et le sien. En avril 1834, il était en permanence avec ses cosectionnaires dans le quartier de l’Ecole de médecine lorsqu’on apprit le lendemain matin l’arrestation des citoyens Cavaignac et Kersausie. Alors seulement la section se dispersa. Mais loin de se décourager, Total sentit accroître son ardeur patriotique malgré les privations causées par le manque d’ouvrage et quoiqu’il fût réduit aux secours que lui offraient des loges maçonniques. En mai 1839, il participa à la tentative faite par le citoyen Barbès et depuis cette époque il fit partie des sections organisées par le citoyen David Dangers pour la réforme électorale. Enfin les journées de février 1848 sont arrivées et avec elles la victoire est venue couronner les constants efforts des amis de la république. Total a assisté activement à toutes les phases de ces trois luttes successives depuis les Champs-Elysées jusqu’à la prise du Palais-Royal, où il pénétra des premiers et où il s’opposa au pillage. Enfin entré aux Tuileries, il fut l’heureux témoin du triomphe populaire. Des Tuileries, Total assista de sa personne à la proclamation de la république. Enfin, après avoir fait partie pendant une dizaine de jours du poste dit de la Montagne auprès du citoyen Caussidière, Total a repris ses fonctions de concierge. Tels sont, citoyens commissaires et en résumé les faits qui constituent la part prise par Total dans la révolution qui s’est faite pour le bonheur de la France. Si vous les jugez dignes d’être pris en considération, permettez à un concierge de maison particulière d’ambitionner un emploi de garde concierge d’un des monuments nationaux. C’est la seule récompense qu’il ose attendre dans la juste répartition que vous êtes appelés à faire des récompenses auxquelles les vrais républicains ont des droits imprescriptibles. C’est ce qu’il attend de votre équité. » Sa lettre était revêtue de plusieurs apostilles. La première apostille : « J’atteste que ce qui est sur cette réclamation est la vérité et qu’il mérite que l’on s’occupe de lui à tous égards. » Signé : Jouanne, F., V. (voir Jouanne, François, Victor ?), capitaine. La deuxième apostille : « Je recommande le pétitionnaire à tout l’intérêt des citoyens membres de la Commission, intérêt dont je le sais digne à tous égards. » Signé, le 5 mai 1848 : Barbier illisible, substitut du procureur général à la cour d’appel de Paris. La troisième apostille : « J’atteste que le nommé Total a combattu dans les journées de Février sur les barricades de la rue de la République et qu’il mérite toute la bienveillance du gouvernement. Signé : partie du manuscrit brûlée, lieutenant au 3e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Et aussi des signatures de Recurt (voir Recurt, Adrien, Barnabé, Athanase), maire adjoint et de Pagnerre. On trouve aussi dans son dossier le certificat suivant : « Je, soussigné, déclare que le citoyen Total a déposé le 15 avril à la mairie de Paris une pétition à l’effet d’obtenir une place de garde concierge dans un monument public. Cette demande qui a été égarée momentanément était vivement appuyée par les citoyens Recurt, adjoint au maire et Jouanne, capitaine de la garde nationale. Le citoyen Total y est indiqué comme un combattant de 1830, 1834 et 1848. » Signé, le 1er mai 1848 : Daviot, secrétaire du maire. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de surveillant dans un arsenal. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 89, rue de la république puis 4, rue Brise-Miche au cloître Saint-Merri en 1848. Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives de la préfecture de police AA 415.

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