Touchy, André

Biographie


Commis. Ses droits furent examinés par la Commission des récompenses nationales de la préfecture de Nantes. Le 20 août 1831, Jean Ruellan, (voir Ruellan, Jean), autre combattant de Juillet à Nantes, adressa la lettre suivante au préfet de Loire-Inférieure : « Privé de l’honneur d’obtenir de vous une audience que j’ai vainement sollicitée depuis quinze jours, j’ai celui de vous communiquer par écrit le sujet de mes visites et, ayant appris qu’il devait vous être adressée une liste supplémentaire des patriotes nantais qui, par leur conduite dans les jours de juillet, ont des droits incontestables à la décoration, je prends la liberté de vous désigner M. Touchy André qui, comme beaucoup d’autres, refuserait de faire valoir ses droits lui-même. Les nombreux oublis qui ont eu lieu dans la première liste étant l’unique cause de ma démarche, j’ai à croire, Monsieur le préfet, qu’elle sera prise par vous en considération. J’ai l’honneur etc. » Il fit l’objet de la pétition suivante, pour faire valoir ses droits à la Croix de Juillet, en remplacement de la simple médaille qu’il avait obtenue : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous informer que lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens André Touchi (sic) commis à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarches auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen André Touchi la décoration de juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, Monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur etc. » Signé, le 4 septembre 1831 : Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir Trastour, Joseph, Joachim), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Tournade (voir Tournade, Laurent) et Ageron (voir Ageron, Joseph). Il signa, à Nantes, le 5 janvier 1831, avec Leduc, adjudant sous-lieutenant, chevalier de l’ordre de la couronne de fer, Libert aîné, lieutenant, Noël, capitaine de la garde nationale, Froument, Bertrand, lieutenant, Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Hudome (voir Hudome, Jean), Sauvaget, sergent-major au 2e bataillon, Stockholm, capitaine à la 2e compagnie du 3e bataillon, Belville fils, officier au 32e de ligne, Trastour (voir Trastour, Joseph, Joachim), Ageron (voir Ageron, Joseph), Rocher (voir Rocher, Michel), Dupuis, major de la garde nationale, qui certifiait en outre « avoir vu le pétitionnaire faire partie du détachement armé stationné à la bourse le 30 juillet 1830 » Douinard aîné, Laforet père, commandant des sapeurs-pompiers, Moriceau, chef des canonniers, le certificat suivant en faveur de Ruellan, Jean : « Nous, soussignés, habitants de Nantes et autres lieux certifions savoir et nous faire un devoir de le constater que M. Ruellan a dans toutes circonstances, même les plus difficiles, montré, indépendamment du plus pur patriotisme, un zèle et une bravoure peu communs, joints à un désintéressement qui a toujours été très préjudiciable à ses intérêts ; que, le 30 juillet dernier, sa conduite mérite un éloge particulier, que sa modestie repousse ; cependant nous ne pouvons taire qu’il faisait partie active et comme chef lorsque le pont de Pirmil fut coupé ; qu’ayant passé la rivière, à la conviction que donnèrent ses remontrances, les propriétaire des bateaux qui étaient sur la rive gauche de la Loire vinrent se placer à l’opposé et, par ce moyen, empêchaient au besoin une tentative vers la ville ; le motif du présent certificat ne nous permettant pas de nous étendre davantage à son sujet, nous nous résumons à ajouter qu’il se joignit aux habitants armés à la bourse, fut député vers le général Dumoutier, près duquel sa démarche eut tout le succès que l’on pouvait désirer alors et qu’enfin il reprit rang dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale, où son service avant et maintenant mérite tout éloge. Ces motifs, joints à ses talents, lui méritent toute protection pour les demandes qu’il pourrait faire ; ce serait une justice à laquelle nous applaudirions. » Il reçut la médaille de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 17 juillet 1832. Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 2, ordonnance du roi qui décerne la Croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-Inférieure et Etat des citoyens auxquels la médaille de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 17 juillet 1832.

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