Trastour, Joseph, Joachim
Biographie
Né le 7 avril 1777 à Nantes. Ancien militaire au bataillon de l’Egalité en l’an II, puis dans l’armée d’Italie, les pieds et les mains gelés pendant la retraite de Russie, receveur de l’octroi et préposé au chef de l’abattoir. Commis négociant. Il prit la part la plus active aux événements et accepta le commandement du premier noyau de la garde nationale, qu’il avait formé le 30 juillet au matin. Il fut proposé pour recevoir la décoration de la Légion d’honneur par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Le 4 septembre 1831, il signa comme décoré de Juillet et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Santerre (voir ce nom), Ageron (voir Ageron, Joseph), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Pichaud (voir Pichaud, Pierre) et Tournade (voir Tournade, Laurent) la lettre suivante envoyée au ministre de l’Intérieur, en faveur de Ruellan, Jean (voir ce nom) : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que, lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens, Jean Ruellan, employé d’octroi à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarches auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense à l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen Jean Ruellan la décoration de Juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il signa, à Nantes, le 5 janvier 1831, avec Touchy (voir Touchy, André), Leduc, adjudant sous-lieutenant, chevalier de l’ordre de la couronne de fer, Libert aîné, lieutenant, Noël, capitaine de la garde nationale, Froument, Bertrand, lieutenant, Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Hudome (voir Hudome, Jean), Sauvaget, sergent-major au 2e bataillon, Stockholm, capitaine à la 2e compagnie du 3e bataillon, Belville fils, officier au 32e de ligne, Ageron (voir Ageron, Joseph), Rocher (voir Rocher, Michel), Dupuis, major de la garde nationale, qui certifiait en outre « avoir vu le pétitionnaire faire partie du détachement armé stationné à la bourse le 30 juillet 1830 » Douinard aîné, Laforet père, commandant des sapeurs-pompiers, Moriceau, chef des canonniers, le certificat suivant en faveur de Ruellan, Jean : « Nous, soussignés, habitants de Nantes et autres lieux certifions savoir et nous faire un devoir de le constater que M. Ruellan a dans toutes circonstances, même les plus difficiles, montré, indépendamment du plus pur patriotisme, un zèle et une bravoure peu communs, joints à un désintéressement qui a toujours été très préjudiciable à ses intérêts ; que, le 30 juillet dernier, sa conduite mérite un éloge particulier, que sa modestie repousse ; cependant nous ne pouvons taire qu’il faisait partie active et comme chef lorsque le pont de Pirmil fut coupé ; qu’ayant passé la rivière, à la conviction que donnèrent ses remontrances, les propriétaire des bateaux qui étaient sur la rive gauche de la Loire vinrent se placer à l’opposé et, par ce moyen, empêchaient au besoin une tentative vers la ville ; le motif du présent certificat ne nous permettant pas de nous étendre davantage à son sujet, nous nous résumons à ajouter qu’il se joignit aux habitants armés à la bourse, fut député vers le général Dumoutier, près duquel sa démarche eut tout le succès que l’on pouvait désirer alors et qu’enfin il reprit rang dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale, où son service avant et maintenant mérite tout éloge. Ces motifs, joints à ses talents, lui méritent toute protection pour les demandes qu’il pourrait faire ; ce serait une justice à laquelle nous applaudirions. » Il signa, en juillet 1831, la réclamation suivante, en faveur de Jeanjot, Louis, et avec Poubeau (voir Poubeau, Henri), Emile Mazier (voir Mazier, Emile), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire) et Bouedron (voir Bouedron, Antoine) : « Les soussignés, tous décorés de Juillet, osent prendre la liberté de vous prier d’accueillir la réclamation suivante qu’ils ont l’honneur de soumettre à votre justice. Ils attestent que le nommé Jeanjot, Louis, ex-officier, actuellement sous-lieutenant dans la garde nationale, employé dans les bureaux de l’Ami de la charte, journal patriote de Nantes, a pris, un des premiers, les armes dans la journée du 30 juillet 1830, qu’il a travaillé aux barricades et à la coupure du pont de Pirmil, avec un zèle infatigable, qu’il s’est particulièrement fait remarquer à l’affaire de la place des Martyrs et qu’il a constamment donné des preuves de son ardent patriotisme, chaque fois que nos libertés publiques étaient menacées. La part active que ce brave citoyen a prise à notre glorieuse régénération politique impose aux soussignés le devoir de signaler sa courageuse conduite qui lui fait obtenir la médaille, récompense qui nous semble bien faible en raison des services signalés qu’il a rendus à la cause nationale, car il était au premier rang parmi ses compagnons d’armes et tous ceux qui l’accompagnaient sont décorés de la Croix de Juillet. Les soussignés osent se flatter que cet honorable patriote jouira bientôt des mêmes honneurs que ceux qui leur sont décernés, si vous daignez leur servir d’interprète auprès de MM. les membres de la Commission des récompenses nationales. Dans cet espoir, ils ont l’honneur, etc. » Il signa, le 4 août 1831, avec Durand, C., Bond, décoré de Juillet, Rocher ; Cupin, P. (voir Cupin, Prosper), décoré de Juillet, Cabanne (voir Cabanne, Jean-René), décoré de Juillet, Jeanjot, Louis (il signe bien Jeanjot) et Ageron (voir Ageron, Joseph), décoré de Juillet, le certificat suivant en faveur de Humbert, Jacques, Etienne : « Les habitants de la ville de Nantes, faisant partie de la garde nationale, soussignés, certifient à qui de droit que le sieur Jacques, Etienne Humbert a été un des douze premiers citoyens qui, dans la journée du 30 juillet 1830, ont pris les armes pour la défense de nos libertés ; que, s’étant fait remarquer par sa bonne conduite, il fut nommé capitaine de la garde nationale provisoire et que, par les suffrages de ses concitoyens, il a été maintenu dans ce grade dans l’organisation définitive qui a eu lieu dernièrement, conformément à la loi. En témoignage de quoi, ils délivrent avec plaisir audit sieur Humbert la présente attestation pour lui servir au besoin. » Il signa, le 3 août 1831 et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Ginselo (voir Ginselo, François), Hyrvoix (voir ce nom), Poubeau (voir Poubeau, Henri), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Minié (voir Minié, Auguste), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), le certificat suivant en faveur de Chupin, Pierre, Henri : « Nous, soussignés, domiciliés de la ville Nantes, département de Loire-Inférieure, certifions et attestons sur notre honneur qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Chupin, Pierre, Henri, ancien militaire, père de six enfants encore en bas âge, a pris les armes le 30 juillet 1830 et a combattu sur la place. Il fut chargé par sept ou huit grenadiers de la garnison qui se disposaient à faire feu sur lui lorsqu’ils en furent empêchés par un de leurs officiers qui leur cria Ne tirez pas, c’est un brave. En se retirant, il fut un de ceux qui relevèrent le sieur Rozeau qui fut tué avec plusieurs autres. De retour au Port-au-vin, il concourut à la prise du poste et au désarmement de la troupe qui l’occupait. Il fut un des premiers qui entrèrent dedans ; quelques instants après, il s’opposa avec d’autres habitants au passage de six pelotons de douane qui voulaient jonctionner avec les troupes et qui furent contraintes de rétrograder. Dans toutes ces circonstance, le sieur Chupin a déployé le plus intrépide courage et a dû allier au plus grand dévouement le sang-froid et l’humanité. Nous attestons en outre qu’il est d’une moralité exempte de tout reproche. En foi de tout ce que dessus, nous lui avons délivré le présent, que lui a mérité sa belle conduite, en témoignage de notre satisfaction et pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, avec Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Tournade (voir Tournade, Laurent), Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Santerre (voir ce nom), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Ageron (voir Ageron, Joseph), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), et Pichaud (voir Pichaud, Pierre), le 4 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Simon, Jean-Marie : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que notre concitoyen Jean-Marie Simon, maître forgeron à Nantes, décoré de la médaille de Juillet, a mérité, par sa bravoure, son patriotisme et son dévouement pour le maintien de l’ordre public, la décoration de la Croix de Juillet ; qu’avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. Nous venons donc vous prier, M. le ministre, de vouloir bien classer notre brave concitoyen, Jean-Marie Simon, dans la même catégorie que nous. Nous espérons, M. le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il signa, le 4 septembre 1831 et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), Tournade (voir Tournade, Laurent) et Ageron (voir Ageron, Joseph), le certificat suivant en faveur de Touchy, André : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous informer que lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens André Touchi (sic) commis à Nantes. Confiants dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarches auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre des décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen André Touchi la décoration de juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, Monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur etc. » Il signa, le 4 septembre 1831, et avec Ageron (voir Ageron, Joseph), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir Trastour, Joseph, Joachim), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Pichaud (voir Pichaud, Pierre) et Tournade (voir Tournade, Laurent), la lettre suivante envoyée au ministre de l’Intérieur, afin de faire valoir les droits à la Croix de Juillet de Hudôme, Jean : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que, lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens, Jean Hudôme, commis négociant à Nantes. Confiant dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarche auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre de décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen Jean Hudôme, la décoration de Juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, Monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il signa, le 4 septembre 1831, et avec Trastour (voir ce nom), décoré de Juillet, Ageron (voir Ageron, Joseph), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trenchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), Gaudinot (voir Gaudinot, Narcisse), Kitchen-Vic (voir Kitchen-Vic, Félix), Pichaud (voir Pichaud, Pierre) et Tournade (voir Tournade, Laurent), la lettre suivante envoyée au ministre de l’Intérieur, afin de faire valoir les droits à la Croix de Juillet de Hudôme, Jean : « Les soussignés, décorés de Juillet, ont l’honneur de vous exposer que, lorsque la commission d’enquête de la ville de Nantes mit sous vos yeux le travail qu’elle fit pour désigner ceux qui avaient mérité l’honorable distinction que Sa Majesté a bien voulu nous accorder, elle ne put être à même d’obtenir les renseignements nécessaires sur un de nos concitoyens, Jean Hudôme, commis négociant à Nantes. Confiant dans son bon droit, nous n’avons pas fait de démarche auprès de la commission car nous avions l’intime conviction que ce brave citoyen serait désigné dans le nombre de décorés, personne mieux que lui n’ayant mérité une pareille récompense. A l’époque du 30 juillet, il s’est distingué par plusieurs actes de bravoure, de patriotisme et de dévouement pour le maintien de l’ordre public, avant et depuis il en a toujours donné des preuves éclatantes. En conséquence, nous venons vous prier, Monsieur le ministre, d’accorder à notre concitoyen Jean Hudôme, la décoration de Juillet, à laquelle il a des droits que personne ne contestera. Nous espérons, Monsieur le ministre, que vous voudrez bien prendre en considération notre juste sollicitation. Nous avons l’honneur, etc. » Il était marié en 1830. Il était receveur de l’octroi en 1831. En 1849, marié et père de famille, sans autres ressources qu’un très modique et temporaire secours annuel, il sollicita un secours. Le préfet de son département rapporta à son sujet qu’il s’était toujours « distingué par une excellente conduite dans les différents emplois qu’il a occupés ». Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait à la fosse à Nantes en 1830 ; à Nantes en 1850. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à neuf décorés de la Croix ou de la Médaille de juillet 1830 domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de 585 francs, imputables sur le crédit porté au chapitre XXXIII du budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 48.