Trehet, Jean

Biographie


Né vers 1789 à Fougères (Ille-et-Vilaine). Ancien militaire au 19e de ligne, ayant participé à la campagne ou à la guerre d’Espagne, où il fut blessé de trois balles, il s’établit tisserand. Il fut blessé d’une balle en juillet 1830. Gravement blessé, marié et père de deux enfants, il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. On trouve dans son dossier une note qui donne à son sujet l’appréciation suivante (mais sans qu’on en connaisse ni l’auteur, ni le crédit qu’on peut lui apporter) : « Le sieur Trehet a été se battre pendant les trois journées de Juillet. Il a été blessé au genou. Il a une femme et deux enfants. Il est âgé de trente-neuf ans et demeure depuis quatre ans rue Saint-Jacques, 303. C’est un honnête homme. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 18 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, au marché des Innocents. Le 29, rue de Richelieu et Saint-Honoré, où il fut blessé. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, sept voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Tréchet, Jean sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1830, il reçut cinquante francs de secours et l’habillement de garde national. En 1836, homme de peine, père de trois enfants, sans ouvrage depuis cinq semaines, il sollicita un secours. La police donna alors sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Trechet est […] marié et a deux enfants, qui ne sont pas à sa charge. Il était cambreur mais, par suite de chagrins domestiques, il quitta cet état et travailla comme homme de peine à Bicêtre et à l’hôpital du Midi, où les renseignements lui sont favorables. Maintenant il loge en garni et sa position est réellement malheureuse. Il doit deux mois de loyer. Sa conduite est assez régulière bien qu’il s’enivre quelquefois, mais ce défaut n’est pas habituel chez lui. Il est séparé de sa femme, qui l’a quitté pour vivre avec un militaire. » Il reçut un secours de cinquante francs pour cette année-là, puis de quarante francs en 1841. En 1842, selon les mêmes sources, il était chiffonnier et les renseignements recueillis à son sujet lui étaient favorables. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842, et de quarante francs en 1843. En 1844, « sans ouvrage depuis longtemps, étant dans une détresse complète, sans aucun moyen d’existence », il sollicita un nouveau secours, et reçut vingt-cinq francs, puis quarante francs en 1845. En 1846, « malade, depuis très longtemps, sans pouvoir se livrer à aucun travail, étant dans la plus grande misère, devant à son propriétaire et à son boulanger », il sollicita de nouveau un secours et obtint vingt-cinq francs puis quarante francs en 1847. En 1848, « presque entièrement privé de la vue », sortant d’une maladie qui le dénua de tout, il toucha quarante francs de secours en 1849. Il demeurait 303, rue Saint-Jacques en 1827-1831 ; 41, rue de Lourcine de 1836 à 1844 ; 10, rue du Montparnasse, chez Baudoin, en 1846 ; 128, rue de Sèvres en 1848. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 72 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 18 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77.

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