Trélat, Ulysse
Biographie
Né le 13 novembre 1795 à Montargis (Loiret). Reçu docteur, le 14 juin 1821 à la faculté de médecine de Paris. Ancien carbonaro, impliqué dans les complots du Bazar français en 1820, des Quatre Sergents de La Rochelle en 1821. Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Trélat : « [Le 1er août] Je venais de quitter l’hôtel de ville lorsqu’une députation républicaine y arriva ; elle aussi avait rédigé sa proclamation. M. Hubert (voir Hubert, Jean-Louis), ancien notaire, un des hommes les plus honorables que j’aie connus, et qui vient de mourir, laissant toute sa fortune à des hospices, à des établissements de bienfaisance, et aux citoyens poursuivis pour leurs opinions démocratiques, était chargé de présenter cette adresse au général La Fayette.
La voici :
“Le peuple, hier, a reconquis ses droits sacrés au prix de son sang ; le plus précieux de ces droits est de choisir librement son gouvernement ; il faut empêcher qu’aucune proclamation ne soit faite qui désigne un chef, lorsque la forme même du gouvernement ne peut être déterminée.
”Il existe une représentation provisoire de la nation, qu’elle reste en permanence jusqu’à ce que le vœu de la majorité des Français ait pu être connu.”
On voit que tout le monde prenait au sérieux la fabuleuse et invisible trilogie La Fayette, Gérard et Choiseul.
Les membres de la députation étaient Charles Teste (voir Teste, Charles, Antoine), Trélat, Hingray (voir Hingray, Charles, Joseph), Bastide (voir Bastide, Jules), Guinard (voir ce nom) et Poubelle (voir Poubelle, Jean, Nicolas).
Hubert, le chef de la députation, la précédait, portant au bout de sa baïonnette la note qu’on vient de lire.
La députation fut admise à l’instant même ; chez le général La Fayette, nul ne faisait antichambre.
La discussion fut vive ; La Fayette ignorait toutes les menées orléanistes, et protestait avec la candeur de l’ignorance.
Les républicains, de leur côté, affirmaient avec toute la vigueur de l’instinct.
– Général, dit Hubert, par les balles qui trouent le plafond au-dessus de votre tête, nous vous adjurons de prendre la dictature !
On en était à ce point ; le général allait peut-être céder, quand on lui annonça que M. de Sussy demandait à lui parler.
Les républicains se tenaient là, inquiets, ombrageux, pleins de doute, semblant interroger du regard le général, et le sommer de redire tout haut ce qu’on venait de lui dire tout bas.
Le général comprit qu’il ne s’agissait point de biaiser à cette heure ; d’ailleurs, son âme droite, son cœur loyal répugnaient à toute dissimulation.
– Faites entrer M. de Sussy, dit-il à haute voix.
– Mais, général, c’est à vous seul que M. de Sussy désire parler.
– Faites entrer M. de Sussy, répéta le général ; je suis ici au milieu de mes amis.
M. de Sussy entra et fut forcé de dire quelle cause l’amenait.
Cela tombait bien : il venait annoncer au général La Fayette la révocation des ordonnances, la nomination du ministère Mortemart, Gérard et Casimir Perier, l’arrivée de M. de Mortemart à Paris, et, enfin, le refus que venait de faire la Chambre, qui s’occupait de la royauté du duc d’Orléans, de recevoir les nouvelles ordonnances signées par Charles X à trois heures du matin – juste au moment où le duc d’Orléans dictait à Oudard la fameuse note qui avait mis MM. Thiers et Mignet si fort en émoi.
Ainsi les choses s’expliquaient ; tous les jeux s’abattaient à la fois sur la même table : le jeu de Charles X, nommant le ministère Mortemart, Gérard et Casimir Perier ; le jeu de M. Laffitte, proposant le duc d’Orléans au suffrage de la nation ; et, enfin, le jeu des républicains, pressant La Fayette d’accepter la dictature.
On eût fait la chose exprès et l’on eût arrêté l’heure, qu’on n’eût certes pas mieux réussi.
Il s’ensuivit alors, dans la salle où venaient de se heurter des intérêts si puissants, un instant de trouble qui faillit être fatal à M. de Sussy !
Bastide l’avait pris au collet, et allait tout simplement le jeter par la fenêtre, lorsque Trélat le retint.
Je reviendrai plus d’une fois sur Bastide, et je dirai quel homme plein de franchise, de courage et de loyauté c’était et c’est encore.
Comme tous les mouvements extrêmes, celui-ci amena sa réaction.
Cette réaction eut pour résultat de laisser M. de Sussy sortir tranquillement, sous la conduite du général Lobau, lequel ouvrit la porte en accourant au bruit infernal qui se faisait dans le cabinet de La Fayette.
Les républicains se retrouvèrent seuls avec le général.
Ils renouvelaient leurs instances auprès de lui, quand on vint les avertir que M. de Sussy, introduit dans le sein de la commission municipale, y exposait au moment même les nouvelles propositions de Charles X, auxquelles la commission municipale ne paraissait nullement hostile.
Il ne s’agissait plus de discuter avec La Fayette et d’écouter ses théories sur le gouvernement constitutionnel en France et le gouvernement républicain aux Etats-Unis, la question de vie ou de mort se débattait à la commission municipale.
Il s’agissait de courir à la commission municipale.
On y courut.
La porte était fermée.
On frappa.
Personne ne répondit.
Deux ou trois coups de crosse de fusil ébranlèrent violemment la porte, qui s’ouvrit enfin, et qui, en s’ouvrant, montra M. de Sussy exposant ses raisons aux membres de la commission municipale, lesquels paraissaient les écouter avec la plus grande faveur.
Cette apparition de six ou huit hommes armés et connus pour la vigueur de leur caractère jeta l’épouvante au milieu de l’assemblée ; on se leva, on s’éparpilla, on voulut avoir l’air de ne rien faire de décisif.
Pendant ce temps, Hubert sentit qu’on lui glissait un papier dans la main.
Il se retourna et reconnut M. Audry de Puyraveau, le seul véritable patriote de la commission.
– Prenez cette proclamation, lui dit vivement celui-ci ; elle a failli être signée, il y a une heure, par la commission municipale... L’arrivée de M. de Sussy a tout remis en question... Montez sur une borne, lisez la proclamation, répandez-la, imposez-la... Ils signeront si vous leur faites peur.
A la bonne heure ! cette façon d’agir rentrait dans la politique des vainqueurs du Louvre. Tous descendirent rapidement les degrés de l’hôtel de ville ; Hubert monta sur une borne, appela le peuple à lui, et, entouré de ses compagnons, il lut à haute voix la proclamation suivante comme émanée de la commission municipale.
Ecoutez bien, car c’est la seule manifestation républicaine sérieuse qui ait été faite en 1830.
Ecoutez bien, car elle va vous dire où en étaient, à cette époque, les esprits les plus avancés.
Ecoutez bien, car elle vous apprendra quels étaient les vœux de ces hommes qu’on a persécutés pendant dix-huit ans, sous prétexte qu’ils voulaient bouleverser la société.
Après avoir lu cette proclamation – qu’il est bon de comparer à celle de MM. Thiers et Mignet – relisez la Déclaration des droits de l’homme de 1789, et vous verrez que les républicains de 1830 étaient en arrière de cette Déclaration.
“La France est libre.
”Elle veut une constitution.
”Elle n’accorde au gouvernement provisoire que le droit de la consulter.
”En attendant qu’elle ait exprimé sa volonté par de nouvelles élections, respect aux principes suivants :
”Plus de royauté.
”Le gouvernement exercé par les seuls mandataires élus de la nation.
”Le pouvoir exécutif confié à un président temporaire.
”Le concours médiat et immédiat de tous les citoyens à l’élection des députés.
”La liberté des cultes.
”Plus de culte de l’Etat.
”Les emplois de l’armée de terre et de l’armée de mer garantis contre toute destitution arbitraire.
”Etablissement des gardes nationales sur tous les points de la France ; la défense de la constitution leur est confiée.
”Ces principes, pour lesquels nous venons de risquer notre vie, nous les soutiendrons, s’il le faut, par l’insurrection légale.” » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Trelat, Ulisse sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Le Bulletin de Paris de préfecture de police rapportait dans ces termes, le 6 mai 1831, une réunion de décorés de Juillet, que présida Trélat : « Les personnes ayant droit à la décoration de Juillet se sont réunies, au nombre d’environ six à sept cents, dans le local de la Chaumière d’hiver, passage du Saumon. La réunion avait pour but de discuter sur l’adoption du ruban, sur la devise de la décoration et sur la formalité du serment. Elle a été présidée par Trélat. Après d’orageuses discussions, il a été décidé qu’on accepterait le ruban bleu mais, sur les autres points de l’ordonnance on a proposé quelques mesures contre lesquelles une vive opposition s’est manifestée et procès-verbal de la séance a été rédigé. On prétendait faire prendre à tous les assistants l’engagement de se conformer aux décisions arrêtées mais quand il s’est agi de signer personne ne voulut y consentir. Quelque agité que fut l’assemblée au-dedans, elle n’a causé aucun trouble extérieur, chacun s’est retiré paisiblement chez soi après une séance où l’on a pu se convaincre que tous les assistants étaient loin d’être d’accord. [7 mai] On s’occupe beaucoup de la décoration de Juillet et du serment exigé des récipiendaires. Quelques personnes pensent qu’il eût mieux valu que cette question ne s’engageât point et qu’on pourrait sans inconvénient n’y pas donner suite. L’agitation qui régnait auprès du lieu des séances de la Commission des récompenses nationales a forcé M. le commissaire du gouvernement de demander un poste de garde municipale, qu’on a installé sur-le-champ ; mais l’ordre n’a pas été un seul instant troublé et la ville jouit d’une tranquillité parfaite. » Il fut l’un des inculpés (avec Bonnias, Henri ; Chaigneau, Jean-Marie ; Blanqui, Auguste ; Delaunay, Victor ; Gervais, François, Guillaume ; Hubert, Jean-Louis ; Juchault, Alexandre ; Plagniol, Eugène ; Préot ; Raspail, François, Vincent ; Rilheux, Norbert, ou Rillieux ; Rivail ; Thouret, Vincent, Antoine) du procès, en janvier 1832, contre les membres les plus influents de la Société des Amis du peuple, pour complot ayant pour but d’instaurer la république, et qui furent tous acquittés par le jury ; certains cependant furent l’objet de peines accessoires, prononcées par les seuls magistrats et pour leur attitude pendant le cours du procès. Au cours du procès, il fit la déposition suivante relative à la perquisition qui avait eu lieu à son domicile et à sa fuite : « Le 10 ou le 11 juillet au matin, on vint chez moi. On trouva quelques cartouches qui me restaient des trois jours, et on fonda sur cette découverte la prétention de m’arrêter. Je passai de mon cabinet dans ma chambre pour me disposer à partir. Par un mouvement bien naturel de sollicitude, ma femme me pressa avec instance de sortir par un escalier dérobé ; je connaissais le régime de la prison. Je pensai qu’il serait toujours temps de me constituer prisonnier, et je cédai à ses sollicitations. Il serait difficile de se faire une idée des emportements indécents des hommes qui étaient venus violer mon domicile, quand ils furent instruits de mon départ. Ils recommencèrent leurs perquisitions hors ma présence (remarquez bien cela messieurs les jurés), et les exerçaient jusque dans les cheminées. Il fallut à ma femme tout son sang-froid et le sentiment de sa dignité pour réprimer leur insolence et leurs vexations. » Il est mentionné comme « professeur d’hygiène à l’Athénée de Paris, chirurgien de la IIIe légion, président de la Société des Amis du peuple ; canonnier volontaire en 1815 dans la batterie des écoles, membre de la vente suprême de la charbonnerie française, poursuivi pour délits politiques en 1822 et 1823, artilleur de la deuxième batterie de la garde nationale ; combattant de Juillet » in Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république. Il fut compromis et traduit devant la cour d’assises de la Seine, en 1831, à la suite des troubles occasionnés par le procès, en décembre 1830, des ex-ministres de Charles X. A l’issue du procès, il fut acquitté, comme tous les autres accusés. En 1833, il dirigea l’opposition radicale de Moulins et y ressucita le Patriote de l’Allier, avec l’aide de Madet, Charles (voir ce nom), Mathé, Félix (voir ce nom) et Terrier, Barthélemy (voir Terrier, Félix, Barthélemy, Marie). Il fit partie de la section locale de la Société des Droits de l’Homme. En 1848, Marchais, Charles, Henry (voir ce nom), se flattait devant la nouvelle Commission des récompenses nationales de pouvoir se recommander de ses connaissances. En 1848, il était maire du (ancien) XIIe arrondissement de Paris. Le 27 avril 1849, le préfet de la Seine le recommandait en ces termes au ministre de l’Intérieur, comme méritant la décoration de la Légion d’honneur : « […] Après avoir rempli des fonctions plus élevées, M. Trélat n’a pas hésité, malgré de nombreux devoirs, à accepter les fonctions difficiles de maire du (ancien) XIIe arrondissement (4 juillet 1848). Esprit honnête et conciliant, M. Trélat a beaucoup contribué à rétablir l’ordre et le calme dans un arrondissement trop longtemps agité. M. Trélat a rendu d’autres services encore, comme médecin de La Salpêtrière, pendant l’épidémie du choléra. Le zèle vraiment charitable, le dévouement éclairé qu’il déploie dans ses fonctions médicales sont dignes des plus grands éloges. » Toujours le préfet de la Seine dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, en date du 6 juillet 1849, au sujet de l’épidémie de choléra, soulignait que c’était à l’hôpital de La Salpêtrière que le choléra avait les plus grands ravages, et recommandait trois médecins attachés à cet hôpital pour avoir « fait un service pénible avec un courage digne des plus grands éloges », dont Trélat. Trélat fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, en date du 18 juillet 1849. Il demeurait 38, rue de l’Echiquier en 1831 ; 6, rue Cadet en 1831 ; à l’hôpital de La Salpêtrière en 1843 ; 43, bd de l’Hôpital en 1854. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843, idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/94 in dossier Marchais, Charles, Henry ; Archives nationales F/7/12329, préfecture de police, Bulletin de Paris des 6-7 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIV/T/5 Récompenses honorifiques ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Roussel, Charles, Eugène (où ce dernier explique lui avoir remis ses titres de combattant de Juillet) ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832 ; Procès de la conspiration dite républicaine de décembre 1830, Babeuf, Paris, chez Hocquart, 1831, p. 41, 56, 73-75 ; Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république, Paris, Prévot éditeur-libraire, 1831 ; La République clandestine, 1818-1848, Gilmore, Jeanne, Aubier, Paris, 1997. Voir Wolff, avec qui il est parent.