Tripet, Gabriel

Biographie


Né le 30 avril 1785 à Paris (mais à Clamecy dans la Nièvre sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et deux fois in Archives de Paris VK3 33). Ouvrier sur les ports. Il était le 29 juillet au poste du Louvre. Il est répertorié (sous les numéros 25 et 1261) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 6 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « 27, barricades rue Saint-Antoine, 28 à la Grève. Le 29 au Louvre, où il est resté jusqu’au 7 août. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 6 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 9 mai 1831, il faisait parvenir la lettre suivante à la Commission : « Je viens de voir une liste close des Croix de Juillet, accordée aux braves qui se sont distingués à Paris dans les mémorables journées de Juillet, et je n’ai pas été peu surpris de ne pas y voir mon nom. M’aurait-on oublié pour cette décoration dont je puis me flatter de l’avoir bien méritée ? Je me suis battu, je puis m’en flatter, comme un des plus braves. Les 27, 28 et 29 juillet d’abord au faubourg Saint-Antoine, à la poudrière, à l’Hôtel de ville et au Louvre et j’en ai déposé les certificats à l’Hôtel de ville en temps utile. Voici la copie du premier desdits certificats : “Le major soussigné, chargé du commandement du Louvre, en vertu des ordres de S.A.R. le lieutenant-général du royaume, le 3 août 1830, visé par M. le colonel Favier, chef de l’état-major général le 4 août, certifie qu’il a trouvé le poste du Louvre occupé par MM. les volontaires nationaux dont les noms suivent, qu’il est à sa connaissance qu’ils ont montré dans ce poste un zèle à toute épreuve et une bravoure digne de reconnaissance ou récompense. Noms desdits volontaires nationaux : Gabriel Tripet, ouvrier sur les ports, demeurant rue du Jardin-du-Roi n° 19.” » Un autre certificat, signé Carel, commandant du Louvre. Un troisième par MM. Fabré et Mouron d’Etaule, élèves de l’Ecole polytechnique. Un quatrième certificat, par M. Guillot, épicier rue des Fossés-Germain-l’Auxerrois n° 37 et certifié par MM. Souffrin et Star, nos 33 et 37. Un cinquième certificat du Suisse de la grille du Coq au Louvre, certifié par M. le commissaire du quartier du Louvre et par M. le maire. Un sixième certificat, délivré par Dimanche, qui lui a donné des clous pour mettre dans son fusil ; le 3 septembre 1830, certifié par M. le commissaire de police du quartier. Sur l’Echo judiciaire, petites affiches commerciales et littéraires (1re année, n° 95, jeudi 16 septembre 1830), où ledit Tripet, Gabriel est mentionné plusieurs fois, il est dit : “En combattant, M. Tripet eut un cheval en sa possession, en refusa une très forte somme et le remit fidèlement au Carrousel, alors quartier général.” Le reçu dudit cheval a été déposé à l’Hôtel de ville avec les certificats. Ainsi, monsieur, voilà des faits positifs et qui donnent, j’ose l’espérer, des droits à la décoration de la Croix de Juillet. Veuillez etc. » Il fut nommé garde forestier, en raison de sa conduite pendant les journées de Juillet. En 1834, en place à Combles (Meuse), il demanda à être compris dans les gratifications et expliquait que depuis sa nomination, il n’avait subi que des disgrâces : nommé d’abord à Lunéville, le maire avait refusé de le recevoir et avait choisi un autre garde, dans les Vosges, sa décoration lui avait valu d’être révoqué, et il avait finalement été réintégré dans l’administration, comme victime d’une fausse dénonciation. En 1846, âgé de soixante-trois ans, infirme, malheureux, à charge de ses enfants, malheureux ouvriers, ayant été victime d’un vol de ses effets de corps, il sollicita un secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Est depuis deux ans à Paris, sans emploi. Il cherche à s’employer comme journalier dans les ateliers mais il manque souvent d’ouvrage. Depuis qu’il habite la capitale, sa conduite n’a donné lieu à aucune remarque défavorable. Il a été condamné le 4 juin 1845 à quatre mois de prison pour dénonciation calomnieuse par le tribunal de Verdun. » Il reçut un secours de quarante francs en 1847. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il donnait les explications suivantes sur la mesure de révocation qui l’avait frappé sous le règne de Louis-Philippe, après avoir été nommé garde forestier d’abord dans la Meurthe, ensuite à Bussang dans les Vosges et enfin à Futeau dans la Meuse : « […] C’est là que la haine portée à ma décoration, qui était le cachet de ma place que m’a valu ma conduite en 1830, n’eut d’autre résultat après quinze ans de service que de m’en faire sortir par un jugement inique, que l’aristocratie de l’époque a forcé. Je supplie de me protéger à obtenir une enquête que je réclame à l’opinion du pays. Je dénonce à cette opinion le renvoi du maire de Futeau, M. Grandidier, et le procureur du tribunal de Verdun, M. Juminel, qui ose s’oublier au point de dire de son siège aux juges et à l’auditoire ces propres expressions, m’accuser d’avoir gagné la décoration dont j’étais porteur pour avoir tué les gendarmes, les Suisses, les gardes royaux, mes frères, briseur de lanternes, arracheur de pavés. Vous sentez, citoyen président, que devant une cour correctionnelle, on a prononcé semblable discours, qui à la vérité était une vraie insolence à la législation. Le tout a été l’objet de ridicule de la part des auditeurs mais dont l’effet n’en a pas mois pesé sur moi par la perte de ma place et des moyens d’existence. Je n’ai d’autre prière à vous adresser que de m’accorder l’enquête qui je l’espère fera casser mon jugement. » Il fut recommandé par la Commission pour une pension de trois cents francs. Il reçut un secours de quarante francs en juin 1848. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, il sollicita un secours et reçut cinquante francs, à titre de médaillé de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs (ou cinquante francs in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 186-188) en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856, à titre de médaillé de Juillet. En 1857, il était atteint d’un catarrhe pulmonaire chronique et sollicita un secours. Les renseignements de police rapportèrent sur son compte : « […] Dans le courant de 1831, il a été nommé garde forestier et est resté treize ans dans ces fonctions. Il était en dernier lieu à Bellefontaine, département de la Meuse, et avait quatre cent cinquante francs par an. En 1844, il a quitté son poste sans permission pour venir à Paris et trois mois après il recevait sa révocation. Il est âgé de soixante-douze ans, marié en secondes noces ; sa femme l’a quitté ; de son premier mariage il a un fils de quarante-neuf ans, qui est ébéniste et demeure rue de Charonne, passage Saint-Antoine n° 3. Depuis sa rentrée à Paris, Tripet a travaillé sur le port pendant plusieurs années. Depuis quelque temps, il fait des courses pour Mme Hospitalier, marchande de charbon, rue Neuve-de-Lappe n° 2, qui le nourrit et en prend soin ; c’est l’adresse de cette dame, qu’il a donnée pour sa demande. Depuis trois ans, il demeure rue Louis-Philipe n° 30, et occupe un cabinet de quarante francs par an ; il doit deux termes à son propriétaire, l’intérieur annonce la plus grande misère. Tripet a une mauvaise santé. Il habite depuis treize ans le quartier où il demeure actuellement. Les renseignements recueillis sur sa conduite et sa moralité lui sont très favorables. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857. Il mourut le 9 octobre 1857 à Paris. Le 16 octobre, la veuve L’Hospitalier tenta infructueusement de toucher les trente francs de secours qui avaient été alloués à Tripet. Il demeurait 19, rue du Jardin-du-Roi en 1830 ; 18, rue d’Orléans-Saint-Marcel (mais 13, rue d’Orléans-Saint-Marcel sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; 18, rue d’Orléans-Saint-Marcel in Archives de Paris VK3 33 jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, in Archives de Paris VK3 34, comme Tripet, Louis) en 1831 ; 7, cour Saint-Joseph dans la rue de Charonne, chez son fils, en 1846-1851 ; 5, cour Saint-Joseph dans la rue de Charonne en 1852 ; 24, rue de Charonne en 1853 ; 2, rue Neuve-de-Lappe, chez la veuve L’Hospitalier, en 1856-1857, mais où il ne faisait que travailler ; 30, rue Louis-Philippe, où il demeurait effectivement, en 1854-1857. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et liste des demandes de secours posées auprès de la mairie ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 6 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220. En 1846, in F/15/4240 dossier Tripet, Gabriel, Tripet, Gabriel écrit « Mon fils Louis, Gabriel, âgé de trente-huit ans, père de quatre enfants en bas âge, est malheureux. » Retrouver et mettre en place.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.