Tripet, Louis, Albert, Adolphe
Biographie
Né le 1er vendémiaire an VIII (parfois mais par erreur le 3 vendémiaire an VIII) à Paris, fils de Tripet, Jacques, fleuriste, et de Lévêque, Marie, Louise, Amélie, Sosèphe, son épouse. Cordonnier. Il fut blessé de quatre coups de sabre et de baïonnette, parce qu’il refusait de crier A bas la Charte ! Il fut soigné à l’hôpital Saint-Antoine puis à la maison de convalescence de Saint-Cloud, jusqu’au 7 octobre ; il y reçut un équipement de garde national. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut (sous le nom de Tripet, Louis, Adrien, Albert), après la révolution, un total de trois cent quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 3 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) à la partie inférieure de la région palmaire de l’avant-bras droit, guérie sans infirmité ; dit aussi avoir reçu des contusions à la poitrine, dont il ne reste aucune infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 2e classe, une indemnité définitive de trois cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Pendant la Révolution de Février, il contribua sauver deux gardes municipaux de la place Maubert, en les cachant chez lui pour les préserver de la fureur du peuple. Les deux gardes municipaux lui avaient été amenés par Bitre, marchand de vin de la place Maubert, et un élève de l’Ecole. Tripet était paralysé des deux jambes et ne pouvait marcher qu’à l’aide de béquilles du fait des blessures qu’il avait reçues en juillet 1830. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instaurée après la Révolution de Février. Il sollicita de rentrer soit aux Invalides, soit aux Petits-Ménages avec sa femme, soit aux Incurables. En 1849, la police donnait comme renseignement sur son compte qu’il était paralysé des deux jambes, sans ouvrage depuis longtemps et « dans une position des plus précaires », ajoutant qu’il jouissait d’une bonne réputation. Il reçut un secours de quarante francs, à titre de médaillé de Juillet, et un autre de quarante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851. En 1852, « tombé en paralysie à la suite de ses blessures, ne pouvant sortir de chez lui pour faire aucune espèce de travail pour gagner sa vie et se trouvant dans une position très malheureuse », il sollicita un secours « pour le soulager dans sa misère ». La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Demeure depuis dix ans (sic), rue de la Bûcherie n° 5, est marié, sans enfant. Il est impotent des deux jambes par suite de blessures reçues en juillet 1830 ; il est dans un état voisin de la misère. Sa moralité est satisfaisante. Quant aux opinions politiques, on prétend qu’il reçoit quelquefois d’anciens révolutionnaires sortis de la prison du Mont-Saint-Michel après février 1848. » Il reçut un secours de soixante francs en 1852, un secours de soixante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855. Il entra à l’hospice de Bicêtre le 16 décembre 1856. Cette année-là, la police renseignait à son sujet : « Tripet est depuis dix-sept mois à l’hôpital Lariboisière ; il a une maladie de vessie, il est de plus paralysé des deux jambes et ne peut se lever. Cet homme est resté neuf ans rue de la Bûcherie n° 5, il était concierge et cordonnier. Il est marié mais sa femme l’a quitté depuis vingt-six ans. Elle est dans sa famille à Montargis, elle est épileptique, ils n’ont pas d’enfant. Tripet est âgé de cinquante-six ans. Il a fait une demande à M. le ministre de l’Intérieur pour obtenir son entrée soit à Bicêtre, soit aux Incurables, le docteur qui le soigne s’occupe de le caser. Dans son ancien logement, rue de la Bûcherie n° 5, il était bien considéré des locataires de la maison ; il touchait des secours du bureau de bienfaisance, il ne possède rien. » Il reçut un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857. En 1858, la police renseignait sur son compte : « […] La conduite du nommé Tripet est bonne. Ses opinions politiques sont napoléonistes et il paraît digne de la bienveillance de l’administration. » Il reçut un secours de quarante francs en 1858, un secours de trente francs en 1859, un secours de trente francs en 1860, un secours de trente francs en 1861, un secours de trente francs en 1862, un secours de trente francs en 1863, un secours de trente francs en 1864. Il avait épousé Lerat, Madeleine, le 11 septembre 1828 à Paris. Il demeurait 36, rue Traversière-Saint-Honoré (ou 38, rue Traversière-Saint-Antoine sur une attestation de l’hôpital Saint-Antoine) en 1830 ; 1, rue Lesdiguières en 1831 ; 6, rue de la Bûcherie, derrière l’Hôtel-Dieu, en 1843-1849 ; 7, rue de Charonne en 1849 ; 6, rue de la Bûcherie en 1850 ; 5, rue de la Bûcherie en 1851-1856 ; à l’hospice de la vieillesse de Bicêtre en 1856-1863. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 80 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 82 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe, Albert) ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 2e classe), avec une indemnité de trois cents francs ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août et état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (cité deux fois) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier indemnitaires classés et non classés (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe, Albert) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe, Albert) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement (où son nom de Tripet, Louis, Adolphe est rayé avec la mention Double emploi) ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 26 et suivantes, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe), idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe, Albert), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe), idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à dix-huit décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.010 francs, minutes 275-276, en date du 28 février 1853 (sous le nom de Tripet, Louis, Adolphe).