Tristant, Jean, Nicolas
Biographie
Ex-sergent au 36e de ligne, congédié en 1814, devenu rentier. Le 5 août 1830, dans une demande de secours qu’il présentait, parce qu’étant père de famille et « dans le besoin », il donnait les indications suivantes sur la conduite qu’il avait tenue pendant les combats : « Je m’étais formé une compagnie et nous nous portâmes sur la porte Saint-Denis, à la tête de mon peloton. Nous rencontrâmes trois lanciers de la garde, portant la correspondance de porter du renfort sur la porte Saint-Denis. Nous fonçâmes dessus avec précipitation. Nous les avons démontés et désarmés et déchiré leur correspondance. Les chevaux ont été conduits place des Petits-Pères, état-major provisoire par mon camarade Chirac, ex-sergent et couvert de plusieurs blessures, entre autres un coup de baïonnette […]. » Puis, le 23 août 1830, il donnait, le récit suivant de sa participation aux combats : « Dès que j’appris qu’on foulait aux pieds nos lois, j’exhortai tous les braves de ma connaissance à opposer une résistance prompte et énergique. Le 28 dès le matin, accompagné d’une foule de mes camarades, armé comme on l’était dans ces jours de notre seul courage, nous nous dirigeâmes sur le faubourg Poissonnière, où nous entraînâmes dans le parti du peuple trois compagnies du 5e de ligne. Je revins de là sur la place Vendôme, où je courus les plus grands dangers, n’ayant échappé que par miracle au sabre des gendarmes. Je me portai ensuite sur le boulevard des Italiens, où, d’après les conseils du général Gerard, je dirigeai les barricades qui arrêtèrent les troupes qu’on envoya contre nous. Je distribuai, en cette occasion, quatre-vingts francs aux hommes qui m’avaient suivi. Trois lanciers envoyés de la porte Saint-Denis à la place Vendôme et porteurs de dépêches ayant paru sur ce point, nous nous précipitâmes au-devant d’eux et les désarmèrent. J’en renversai moi-même un et me saisis de ses dépêches, que je mis en pièces. Je me rendis ensuite à la porte Saint-Denis, où je combattis avec l’ardeur et le dévouement que m’inspirait la cause sacrée que je défendais. Je distribuai, en cette occasion, cent francs aux braves qui m’accompagnaient. Je combattis encore sur plusieurs autres points. Je formai et commandai le poste de bonne volonté de la rue Saint-Lazare, n° 74. Enfin, je fus les trois jours consécutifs sur pied, sans prendre aucun repos. Je fis ensuite partie de la garde mobile. Partout, j’ai exhorté mes compagnons à montrer autant d’amour de l’ordre, de modération et d’humanité dans la victoire que de bravoure dans les combats. » Peyre, Antoine, Marie (voir ce nom), colonel et aide de camp du général Lafayette, apostilla sa demande pour le recommander et solliciter pour lui « le remboursement des sommes qu’il a avancées pour la subsistance des hommes du poste de Saint-Lazare dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet, mais en date du 22 juillet 1831, dans une lettre adressée au roi, sollicita la croix en remplacement de sa simple médaille. Il fit, sous le nom de Tristant, Jean, Nicolas, rentier et l’adresse, 15, rue Sainte-Croix à la Chaussée-d’Antin, le témoignage en faveur de Sevrain, George (voir ce nom) : « Le 28 juillet dernier, je faisais partie d’un détachement de citoyens qui se réunissaient pour combattre. Nous nous dirigions vers la place Vendôme, pour prendre de force l’état-major de la place. Arrivant rue de la Paix, nous fûmes vivement chargés par la gendarmerie et repoussés sur les boulevards. Il était alors 9 heures du matin. Je me réfugiai du côté de la rue de la Paix, puis sur les boulevards, en me dirigeant vers la Madeleine. Là, un monsieur, que je ne connaissais pas alors, mais que je revis après dans les diverses affaires du jour, me prit mon fusil, sans me le demander et en me disant qu’il me le rendrait sous peu. Je le quittai pour me procurer une autre arme. Vers 10 heures et demie, passant rue du Faubourg-Saint-Honoré, je revis ce même jeune homme, assis ou couché sur le sol et paraissant blessé. Il n’avait plus alors mon fusil. Ce que je peux affirmer c’est que ce jeune homme, que j’ai su se nommer Severin, a été porteur d’un fusil, avec lequel il a dû se battre. » Il signa, en tant que capitaine commandant la compagnie provisoire du poste du Mont-Blanc, et demeurant 59, rue du Mont-Blanc, le certificat suivant en faveur de Martin, Henri : « Je certifie que le nommé Henri Martin et son fils, ont fait partie de la compagnie que j’ai commandée les 27, 28 et 29, ces trois jours mémorables à notre gloire ; qu’ils se sont distingués dans toutes les attaques qui se sont présentées. Le 28, lorsque nous avons fraternisé avec un débris du 5e de ligne sur le boulevard, nous nous rendîmes sur la place Vendôme, à l’intention de faire rendre les armes à la garde de l’état-major. De là, nous nous repliâmes sur les boulevards des Bains chinois, où nous avons arrêté la correspondance de trois lanciers de la garde portant l’ordre de faire marcher du renfort sur le point de la porte Saint-Denis. Après cette opération nous avons formé les barricades du boulevard. Là, le jeune Martin a été blessé à un pied par un clou qui a traversé son soulier. Nous nous sommes rendus à la porte Saint-Denis avec succès. Je n’ai qu’à me louer des braves à qui j’ai inspiré leur confiance, dont je leur ai témoigné la reconnaissance. » Il signa de nouveau, le 1er août 1831 et comme « commandant du poste du 74, rue Saint-Lazare », le certificat suivant, en faveur de Martin, Henri, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Je certifie que le sieur Martin a fait partie des défenseurs de la partie du manuscrit brûlée dans les trois journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 que j’ai conduits et commandés, qu’il était à l’attaque de l’état-major à la place Vendôme, à celle des trois lanciers que nous avons arrêtés et désarmés boulevard des Italiens. Après ces affaires, il a été blessé au pied droit par un clou qui a traversé son soulier, une autre blessure par les pavés ayant écroulé d’une barricade que nous étions à construire. Attestons qu’il s’est montré avec courage jusqu’à ce que ses blessures l’ont rendu incapable de continuer. » Il signa, le 17 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Schmit, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions véritable que le nommé Schemite, Guillaume (sic), a combattu avec nous pendant les trois journées 27, 28, 29 juillet 1830, qu’il s’est toujours distingué dans toutes les attaques qui se sont présentées et qu’il a désarmé un gendarme à l’état-major lorsque nous nous sommes présentés pour en faire la prise, puis qu’il a fait partie de la défaite des trois lanciers sur le boulevard au coin de la rue de Choiseul, de là s’est rendu avec nous à la porte Saint-Denis, ensuite il a fait partie de la garde mobile. » Il demeurait 15, rue Sainte-Croix à la Chaussée-d’Antin en 1830-1831 (mais 59, rue du Mont-Blanc dans la lettre qu’il signe in Archives de Paris VK3 53). Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1 in dossier Sevrain, George ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Martin, Henri ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/77 (c’est là et aussi in Archives de Paris VD6 633 n° 1 que j’ai les prénoms Jean, Nicolas, mais je ne sais pas auquel des deux Tristant je dois les mettre et la référence aussi Archives nationales F/1dIII/77). A mon avis j’ai deux Tristant qui sont confondus, dans Archives de Paris VK3 53 on parle du 2e arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martin, Henri ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schmit, Guillaume.