Trouillard, Claude (orthographié parfois mais par erreur Troulard)
Biographie
Né le 4 mars 1793 à Saint-Jean-de- Losne (Côte-d’Or), de Trouillard Jean, cordonnier, et de Vachet, Louise, son épouse. Journalier à Burtoncourt (Moselle) en 1819 et en 1825, cuisinier chez la dame Lemercier, 19, rue du Faubourg-Montmartre à Paris en juillet 1830. Il fut gravement blessé d’un coup de feu au bas-ventre, le 28 juillet vers 16 heures, dans les combats de la rue du Mail. Transporté d’abord chez Fontaine, pharmacien de la rue du Mail puis à l’Hôtel-Dieu, il mourut des suites de sa blessure le jour même vers 19 heures. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Son dossier contient plusieurs certificats. Le premier : « Je certifie que le nommé Claude Troulard a été blessé le 28 juillet, les armes à la main, et que je l’ai ramassé devant ma porte, dont je j’ai entré chez moi. Un instant après je l’ai transporté chez M. Fontaine, pharmacien, qui l’a pansé. » Signé, le 21 août 1830 : Thollot, boulanger, demeurant 30, rue du Mail. Le second : « Je, soussigné, pharmacien reçu à l’Ecole spéciale de pharmacie de Paris, certifie que le nommé Claude Troulard (sic), atteint d’un coup de feu à la région abdominale, a été déposé chez moi, le 28 juillet à 2 heures après-midi. Cet homme a reçu les soins qu’exigeait son état ; une saignée lui a été pratiquée, le pansement de la plaie a été fait et immédiatement après il a été transporté à l’Hôtel-Dieu. » Signé, le 20 août 1830 : Fontaine, pharmacien, demeurant 8, rue du Mail. Le 8 juillet 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Fontaine, Louis, Côme, André, pharmacien, demeurant 8, rue du Mail ; Thollot, Cathrin, boulanger, demeurant 41, rue du Cadran ; Vidal, Etienne, Antoine, Marius, changeur, demeurant 13, passage Choiseul. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Trouillard, Claude et « savoir qu’il a été atteint d’une balle dans le bas-ventre le mercredi 28 juillet 1830, rue du Mail à 4 heures de relevée, dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque et qu’il en est décédé le même jour à 7 heures du soir à l’Hôtel-Dieu ». Il laissait une mère, la veuve Trouillard, née Vachet, Louise le 6 septembre 1758 à Saint-Jean-de-Losne (Côte-d’Or). Le maire de Montagny-lès-Seurre, en date du 21 juillet 1831, lui délivra le certificat suivant : « Nous, soussigné, maire de Montagny-lès-Seurre, canton de Saint-Jean-de-Losne, département de la Côte-d’Or, certifions sous notre responsabilité personnelle que Louise Vachet, veuve de Jean Trouillard, qui était manouvrier dans cette commune, a élevé par son travail une nombreuse famille, dont trois garçons à l’âge où ils pouvaient lui être utiles lui ont été enlevés pour voler à la défense de la patrie. De ces trois, l’un est mort après avoir payé sa dette à la nation et a laissé à la charge de cette mère le soin d’une orpheline de cinq à six ans, qu’elle a avec elle ; un second de ses fils a resté dans les glaces de la Bérésina, lors de nos désastres de Russie ; et le troisième, après avoir fait son temps à l’armée, vient de verser son sang en combattant pour la liberté dans les trois journées de juillet 1830. Que cette veuve, aujourd’hui seule et privée du secours de tous ses enfants, âgée de soixante-quatorze ans, elle ne peut vivre qu’avec le secours des âmes charitables. Qu’elle mérite en conséquence d’avoir part aux secours que la nation accorde aux parents des enfants qui ont versé leur sang en combattant pour la liberté dans les journées de juillet 1830. » La mère fut pensionnée (elle est où dans les journaux ?), et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 24 février 1784 à Saint-Jean-de-Losne ; sur l’acte de mariage, Trouillard, Jean est indiqué comme fils de feu Trouillard, François, de son vivant laboureur, et de Chamailly, Jeanne ; Vachet, Louise est indiquée commme la fille de feu Vachet, Jean, de son vivant laboureur à Saint-Usage (Côte-d’Or), et de Bonnefoy, Claudine. Trouillard, Jean mourut le 2 avril 1827 à Montagny-lès-Seurre (Côte-d’Or) ; sur l’acte de décès, il est indiqué comme manouvrier et comme demeurant au lieu-dit la Bohême. Il laissait aussi une veuve, Masson, Catherine, née en 1788 à Burtoncourt (Moselle), qu’il avait épousée le 17 février 1819 à Metz (Moselle) ; sur l’acte de mariage, Trouillard, Claude est indiqué comme militaire congédié, logé à Metz, place des Charrons ; Masson, Catherine est indiquée comme la fille de Masson, Jean, tisserand, et de feue Reuter, Marie (mais Renter, Marie sur l’acte de baptême de Masson, Catherine), demeurant aussi place des Charrons à Metz. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants, tous deux nés à Burtoncourt : Nicolas, le 29 octobre 1819, et Marie, le 1er juin 1825. Le conseil de famille des orphelins fut composé le 1er septembre 1831, de, en plus de la mère, tutrice naturelle : Chonez, Didier, Jacques, né vers 1805, huissier, en qualité d’ami du père, demeurant à Burtoncourt, nommé subrogé-tuteur ; Malaisé, Simon, né vers 1800, menuisier, en qualité d’ami du père ; Strémeler, Jean, né vers 1785, tailleur d’habits, en qualité d’ami du père ; Lesaint, Jean-Pierre, né vers 1802, tailleur de pierres, demeurant à Burtoncourt, en qualité d’ami de la veuve ; Masson, Jacques, né vers 1741, propriétaire, demeurant à Burtoncourt, frère de la veuve (sic) ; Didier, François, né vers 1797, instituteur, demeurant à Vigny, en qualité d’ami de la veuve. Nicolas reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1831, Marie la même somme en 1833. En 1832, le bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Nicolas, élève dans la pension Mariette, 60-62, grand-rue à Vaugirard, pour un prix annuel de quatre cents francs : « Cet enfant n’est en pension que depuis un mois ; on ne peut rien dire encore sur ses progrès. Son éducation primaire a été tellement négligée qu’il connaissait à peine les lettres. Cependant il paraît avoir assez de bonne volonté. On le dit docile. » Et un mois plus tard : « Admis dans cette pension depuis deux mois seulement, ce jeune homme n’a point perdu son temps. Je crois m’apercevoir chaque fois de ses progrès. Il est peu avancé mais j’espère qu’il ira bien. Il paraît avoir une grande envie de s’instruire. » En 1836, Nicolas était toujours élève dans la pension Mariette. En 1832, le bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Marie : « Par décision du 30 avril 1832, la commission municipale a arrêté que Marie Troulard serait mise dans une pension à Paris, attendu qu’elle ne peut rester chez sa mère, totalement illettrée et dans l’impossibilité de l’élever convenablement et que le prix des pensions dans son pays excède de beaucoup celui des pensions de Paris. On s’occupe des moyens de la faire transporter à Paris. » La mère avait choisi Masson, Jean-Baptiste, demeurant 20, rue de Seine, comme fondé de pouvoirs pour s’occuper des formalités à remplir auprès de la Commission des récompenses nationales pour faire valoir ses droits. Marie était décédée en 1836. Trouillard demeurait à Burtoncourt en 1819 ; à Burtoncourt en 1825 ; 19, rue du Faubourg-Montmartre en 1830 ; sa veuve à Burtoncourt en 1831 ; sa mère, à Montagny-lès-Seurre (Côte-d’Or). Le nom de Trouillard (C. Trouillard) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 341 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 93 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 94-95 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IXe arrondissement (sous le nom de Troulard, Claude) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 (sous le nom de Troulard, Nicolas et de Troulard, Marie) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, état des pensions liquidées et dont les états n’ont point encore été fournis au ministère ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IIe arrondissement, orphelines du (ancien) IIe arrondissement, orphelins des départements, orphelines des départements, veuves des citoyens tués dans les journées de Juillet (seize veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance (où le nom de Troulard est rectifié en celui de Trouillard), Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (29 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (Etat nominatif des orphelins et orphelines de Juillet, qui, pendant le deuxième trimestre de 1832, ont atteint leur huitième année et dont les pensions doivent être dès lors réinscrites au Trésor au taux de sept cents francs, en conformité de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, IIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés [sous le nom de Troulard, Nicolas et Marie] ; année 1839 IIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2554 orphelins de Juillet, correspondance, dossiers collectifs ; Archives nationales F/15/2555, correspondance avec le deuxième bureau, années 1832-1833 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IIe arrondissement) (sous le nom de Troulard, Marie) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.