Trouvé, Charles, Antoine, Théodore
Biographie
Né le 8 février 1785 à Ronssoy (Somme), de Trouvé, Antoine, Théodore, cabaretier et de Cocrelle, Marie, Josèphe, son épouse. Ancien militaire de l’Empire, devenu fabricant de bassines en 1806, boulanger à Hamel (Somme) en 1811, tisserand aux Archives nationales en 1830 et in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé, ou ciseleur en juillet 1830, ou ouvrier à la Glacière sur les listes du Constitutionnel, terrassier sur les listes de la mairie ; tisserand sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/36. Le 29 juillet, à l’attaque du Louvre, son fils Jean-Baptiste, Simon, Théodore, qui se battait à ses côtés, reçut un grand nombre de balles et fut tué sur le coup. Lui-même reçut presqu’au même instant une balle qui lui traversa le bas du genou de la jambe droite (mais dans la hanche in Archives nationales F/1dIII/36, coup de feu au fémur et qui lui traversa la hanche in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé). Il fut transféré à l’hôpital de la Charité puis à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Il reçut un secours de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. En octobre 1830, il devait deux termes de son loyer (soit soixante-six francs). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement (aux A.N.). Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de contusions à la poitrine et au genou du côté droit, dont la dernière a déterminé une inflammation des membranes synoviales et laissé après elle une ankylose incomplète ; circonstances dont la réunion équivaut à la perte d’un membre et doit le faire ranger dans la sixième classe des blessés. » Il fut admis dans la 6e classe des blessés et pensionné de sept cents francs auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut aussi pensionné comme ascendant d’une victime de Juillet et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il cosigna le certificat suivant en faveur de la dame Vieillescazes : « Nous, soussignés, blessés dans les combats du 29 juillet, ayant reçu les premiers soins à la pharmacie du château des Tuileries, certifions que madame Vieillescazes nous a prodigué les soins avec un entier dévouement et que nous l’avons vu affronter le feu le plus meurtrier pour porter ses secours aux blessés et que de plus elle s’est empressée de donner de nos nouvelles à nos familles. Nous formons le vœu sincère que l’autorité puisse reconnaître cette conduite vraiment patriotique. » Il est indiqué sur son dossier pour avoir reçu un total de secours de neuf cent-quatre-vingt-onze francs en 1831. Il signa, le 14 octobre 1830 et avec d’autres blessés depuis la maison de convalescence de Saint-Cloud, où ils séjournaient, le certificat suivant en faveur de Goldstein, Albert : « Nous, soussignés, avons l’honneur de recommander à la bienveillante justice de la Commission des récompenses nationales le sieur Goldstein, Albert, qui non seulement a donné des preuves de son patriotisme pendant la révolution mais encore nous a rendu au Constitutionnel des services pour lesquels nous sommes heureux de pouvoir en cette occasion lui donner un témoignage de notre reconnaissance. » Sa médaille lui fut délivrée le 25 juin 1831 et son brevet le 27 août de la même année. Présent à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il fut cité à comparaître (mais sans qu’on sache si c’était à charge ou à décharge), le 30 novembre 1830, dans le procès intenté contre Buchoz-Hilton, qui se présentait comme colonel du régiment des volontaires de la charte, et qui était accusé d’avoir exciter des troubles et d’avoir revêtu illégalement l’uniforme de colonel. Il signa, le 25 mai 1831, le certificat suivant en faveur de Schoen, Frédéric, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Schoen, Frédéric, Guillaume, natif de Lissa en Pologne, facteur de pianos, demeurant rue de la Coutellerie n° 27, a pris les armes dans les glorieuses journées de Juillet pour le salut de la patrie et la défense de la bonne cause. Nous l’avons vu combattre vaillamment à la prise du Louvre auprès du jeune Trouvé (voir Trouvé, Jean-Baptiste, Simon, Théodore), qui tomba percé et criblé de balles ennemies à ses côtés et à ceux de son père, le sieur Trouvé, qui lui-même presque au même moment fut blessé d’un coup de feu. Ce brave Polonais, en transportant les morts et les blessés fut atteint au pied gauche d’une pierre, qui arrêta son ardeur guerrière ; mais à peine fut-il rétabli qu’il fit le service de garde national, s’étant armé et équipé à ses frais, quoique simple ouvrier, et depuis ce temps il continue son service avec le même zèle et la même activité. Cet intrépide défenseur de nos droits, guidé par son patriotisme et son amour pour les Français n’a jamais rien sollicité et n’a fait aucune réclamation quelconque. Le jugeant digne à tous égards d’être récompensé, nous nous faisons un devoir de solliciter pour lui la glorieuse décoration de juillet, qu’il a si dûment méritée en le recommandant avec instance à la bienveillance et à la justice d’un gouvernement qui apprécie et récompense les hauts faits et les actions d’éclat. » Il avait épousé Delaporte, Marie, Marguerite, (bien Marie, Marguerite sur son acte de baptême ; par erreur Marie, Marguerite, Médardine sur les listes de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830), née le 18 septembre 1786 à Hamelet-Bouzoncourt, fille de Delaporte, Augustin, manouvrier, et de Dacheux, Marie, Marguerite, son épouse, Marie, Marguerite étant fileuse, le 24 décembre 1806 à Hamel ; sur l’acte de mariage, Trouvé, Charles, Antoine, Théodore est indiqué comme le fils de Trouvé, Antoine, Théodore, et de feue Cocrelle, Marie, Josèphe, décédée le 7 mai 1788 ; Delaporte, Marie, Marguerite est indiquée comme de Delaporte, Augustin, brasseur, et de Dacheux, Marie, Marguerite. Il apostilla la demande que fit Delin, Jean-Baptiste, auprès du roi, en septembre 1830, pour obtenir une place de garde forestier. En 1831, il était tambour au collège de Toulouse et demanda qu’on lui fît parvenir la décoration qu’il avait reçue. En 1856, âgé de soixante-douze ans, souffrant depuis deux ans d’un mal de gorge, qui le réduisait « à la dernière extrémité », il sollicita un secours. La police donnait comme renseignement sur son compte qu’il avait quitté son ancien logement du 76, rue de Charonne, sans laisser sa nouvelle adresse et que toutes les recherches effectuées pour la trouver n’avaient pu aboutir. Il demeurait à Ronssoy en 1806 ; à Hamel (Somme) en 1811 ; 16, rue des Arcis en 1830-1831 (mais 38 à la Glacière dans le certificat qu’il signe en faveur de Vieillescazes dame in Archives de Paris VD6 281 n° 1 et 26 à la Glacière en 1830 in Archives de Paris DM13 1, chemise 1830 ; mais bien 16, rue des Arcis in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) ; 76, rue de Charonne puis 88, rue de la Pépinière au Petit-Montrouge à la chaussée du Maine en 1856. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives de Paris DM13 1, chemise 1830 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Vieillescazes dame ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement), n° 4 ; Archives nationales BB 18 1189 (A7 4347) in dossier Buchoz-Hilton ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier De Mauroy ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Schoen ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants et p. 8-9 état des pensionnaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 6e classe ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Delin, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Goldstein, Albert ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schoen, Frédéric, Guillaume.